« Saakachvili joue et perd » dans la partie d’échecs qui avait débuté il y a 16 ans contre le géant russe et bien le Mikheil de New York polyglotte a belle et bien perdu contre Dimitri (Medvedev) mais plus précisément contre Vladimir (Putin) de Saint Petersburg.
Dorénavant l’intégrité territoriale de la Géorgie ne fait plus parti des projets russes. Apres la reconnaissance de leur indépendance à moyen ou long terme l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud feront probablement partie de la Russie. C’est la réponse de Moscou à l’indépendance du Kosovo comme à l’élargissement continue de l’OTAN.
C’est dans ce contexte que la Turquie à proposer le Pacte de paix en vue de maintenir la stabilité dans le Caucase. Ce "pacte" se présente comme un analogue de l’OSCE au niveau de la région. Il convient d’ajouter que des tendances à l’amélioration des rapports entre Ankara et l’Arménie sont également observées. C’est probablement l’argument majeur en faveur de la paternité de la Turquie en ce qui concerne la création de ce Pacte de paix dans le Caucase.
En effet dans ce context Ankara se presente pour devenir en quelques sorte le gendarme caucasien et pourrait influer sur le regelement des conflits en fonction de ces intêrets ou ceux de ces allies comme Bakou et Tblissi. Les volets du dossier arménien pese neanmoins lourd pour pouvoir se présenter totalment impartial aux yeux de la communautés international (reconnaissance du genocide de 1915, blocus economique de l’Arménie suite au conflit du Haut Karabakh)d’où la necessité de faire des gestes d’apaisement.
Il ne manque que l’Iran, qu’il est difficile de laisser, qu’on le veuille on non, en dehors de la région caucasienne. D’autant que les intérêts d’Ankara et de Téhéran sont presque semblables sur plusieurs d’entre eux. Par exemple, en ce qui concerne le problème kurde, l’Iran et la Turquie se trouvent sur une même longueur d’ondes, excluant toute forme d’Etat kurde.
Les intérêts économiques des Etats s’avancent plus en plus nettement au premier plan. Le secteur du gaz est, semble-t-il, le plus prometteur pour les deux pays. L’Iran possède d’immenses réserves gazières (deuxième place après la Russie), la Turquie offre la possibilité exceptionnelle de transporter le combustible bleu en Europe. D’autant que l’intéressement mutuel des parties à la coopération dans le domaine du gaz s’accroît, car le projet Nabucco qui a fait tant de bruit piétine.
A propos, du point de vue des Européens ou des Américains, le rôle de leader de ce Pacte de paix dans le Caucase lui conviendrait parfaitement, compte tenu de ses états de service. Le seul point qui donne à réfléchir est son habitude de demander l’avis de la Maison Blanche. C’est pourquoi l’attitude du Caucase envers un potentiel leader turc sera probablement partagée. A suivre...