Assurer la sécurité du Caucase et en partie du Moyen Orient est inconcevable et inséparable sans la stabilité en Géorgie, en Arménie et en Azerbaïdjan. C’est précisément pourquoi la Russie et les Américains se disputent le rôle de leadership géopolitique dans le Sud Caucase depuis l’effondrement de l’URSS dans cet espace.
Le Sud Caucase ne cessera jamais d'étonner la communauté l'international, restant une zone de tension :
• les dernières tensions économico-politiques entre la Géorgie et la Russie.
• les déclarations régulières azéris au sujet d'employer probablement la force pour régler le problème du Haut-Karabagh.
• l'emphase de l’Arménie à augmenter ses capacités de défense.
Tout ceci indique certainement que la situation militaire-politique dans la région est compliquée et peut être en voie de détérioration. La militarisation du Sud Caucase a atteint un pic critique, les budgets militaires combinés de ces trois pays transcaucasien atteint à plus de 1.5 milliards $ par an !
Selon l'institut de recherche international de paix de Stockholm (SIPRI) et Institue pour la guerre et la paix basé à Londres (IFWP), les budgets des militaires de l'Azerbaïdjan, l'Arménie, et de la Géorgie se développent sans connaître un ralentissement et plus rapidement que les dépenses pour la défense dans la plupart des autres pays, et beaucoup plus rapidement que leurs taux de croissance (jusqu'à 40 fois plus rapidement).
En juin 2007, en Géorgie le budget militaire était de 303 millions de $, pour Arménie 264 millions de $, et pour l'Azerbaïdjan plus de 900 millions de $. Il y a 75 tanks et 85 pièces d'artilleries pour un million d’habitants du Sud Caucase : C’est plus élevé par comparaison que pour la Turquie ou l'Iran. L'actuellement le Sud Caucase est devenu des régions les plus militarisées du monde. Les états indépendants du Sud Caucase possèdent les arsenaux militaires comparables à ceux des pays européens moyens. Les forces armées de l'Azerbaïdjan comptent 70.000 personnes, les forces armées arméniennes 45.000, et les troupes géorgiennes en 2006 comptaient 32.000 personnes.
Hormis les arsenaux militaires de ces trois états reconnus internationalement, il faut également comptabiliser les arsenaux des trois républiques non reconnues (Abkhazie, Ossétie du Sud et Haut-Karabagh) qui sont entièrement comparables à ceux des états reconnus. Les forces armées d'Abkhazie comptent 5.000 personnes, celle d’Ossétie du Sud 3.000 et celle du Haut-Karabagh entre 15.000 à 20.000. En termes de puissance de feu, les forces armées d'Abkhazie et d’Ossétie du Sud sont pratiquement égales à La Géorgie. La Géorgie a de 80 à 100 tanks, l’Abkhazie 100 et l’Ossétie du Sud 87. Les nombres d'artilleries lourds (plus de 122 millimètres) sont 117, 237 et 95 respectivement. Le matériel militaire lourd de l'armée de Karabakh inclut : 316 tanks, 324 véhicules blindés, 322 pièces d'artillerie de calibres plus de 122 millimètres, 44 lanceurs multiples de fusée, et un nouveau système de défense anti-aérien. Ces chiffres sont impressionnants.
Le gouvernement géorgien a presque doublé ses dépenses pour la défense en 2007 : de 303 millions de $ à 566 millions de $. La dépense militaire de Tbilissi s’élèveront à 723 millions de $ pour l'année 2008.
Le budget militaire de l'Azerbaïdjan s'est développé de 146 millions de $ en 2004 à presque 1 milliards de $ cette année, sans oublier les discours belliqueux de ces dirigeants et la politique de propagande anti-arménienne des autorités de Bakou.
Le gouvernement géorgien et azéri note que les raisons de ces dépenses additionnelles avait pour but l’accélération des réformes militaires requises pour rejoindre l'OTAN.
Les dépenses pour la défense de l'Arménie ont augmenté de 350% par rapport à 2000 (l'Arménie a assigné presque 150 millions de $ pour la défense en 2006 et presque 264 millions de $ cette année).
Les dépenses pour la défense de l'Azerbaïdjan ont été multiplié par 8 ; Les dépenses pour la défense de la Géorgie ont augmenté par dix (au début de 2006, il était seulement 77 millions de $). A la vue de ces chiffres les pays de Sud Caucase ont vu une montée subite dépense militaire au cours de 2006 et de 2007.
Ces faits sont inévitablement une source de souci pour la Russie et ses associés dans l'organisation CEI et du Traité de Sécurité Collective (CSTO), particulièrement donné le déséquilibre évident des forces parmi États de Sud Caucase et cela peut devenir une source d’instabilité et de menace. Clairement, la région est témoin d'une augmentation dangereuse d'activité militaire.
Les gouvernements, les ministères de la défense, et les analystes porte une attention particulière à cette région. La raison principale de cela est persistance de la politique de Washington de déstabiliser la situation dans le Moyen-Orient et le Caucase du sud. Avec la crise de l'Iran est sa forte escalade probablement vers un conflit armé, la Transcaucasie
est peut être dans la proximité dangereuse d’une guerre. D'une manière plus importante, les architectes de la politique globale considèrent le problème d’une transformation à long terme de grande envergure du grand Moyen-Orient vers l'Américanisation de cette région et un « Nouveau Moyen-Orient ». En effet, le Caucase du sud ne devrait pas être un obstacle à ces plans (au moins) ; elle pourrait même les faciliter (tout au plus).
Le principal objectif des Etats-Unis et de ses alliés de l'OTAN demeurent inchangé : intégration des trois états de la Transcaucasie dans La communauté Euro-Atlantique, et expulsion de la Russie de la région. De plus, l’adhésion européenne pour les pays du Sud Caucase n'est même pas une possibilité hypothétique ; c’est le principal instrument pour leur intégration Euro-Atlantique et le bloc militaire de l'OTAN. Dans la vue de Washington, le Caucase devrait être la prochaine étape de l’expansion de l’OTAN - et on pense que la meilleure option est l’accession simultanée vers l'OTAN pour l'Azerbaïdjan, l'Arménie, et la Géorgie.
Au sommet d'Istanbul de l'OTAN en 2004, la région du Sud Caucase était incluse parmi les zones prioritaires de l'OTAN. La coopération de l'OTAN avec des pays dans cette région est basée sur Plan d'action individuelle d'association(IPAP). En 2004, le premier ministre arménien a établi une commission interministérielle pour coordination l'exécution de l'IPAP de l'Arménie avec l'OTAN. L'IPAP de la Géorgie a été adopté en 2003, et celui de l'Azerbaïdjan en mai 2005. Les Etats-Unis se sont employés à une aide financière politique pour les pays dans cette région pour limiter le rôle de la Russie et pousser graduellement la Russie hors du Caucase.
Au cours des 12 dernières années, les Américains ont fourni autour 1.3 milliard de $ d'aide vers la Géorgie - comprenant de l'aide militaire. Selon la revue américaine « Jane’s Sentinel », les Américains ont dépensé 64 millions de $ sur l’entrainement et les équipements de 2002-04.
La Géorgie a reçu un total de 98 millions de $ d’aide militaires des USA durant cette période. Cette somme a soulevé la Géorgie à la 20eme place dans les pays associés étrangers de Washington. Dans les trois précédentes années, la Géorgie avaient reçu seulement 18 millions de $ des Etats-Unis, et elle se place à 41eme rang parmi les destinataires d'aide des USA.
Ces chiffres sont prises du rapport « Collatéral Damage » édité par le « Center for Public Integrity » basé sur une année de journalisme d’investigation. Il ne faut donc pas s’étonner de la visite de George Bush à Tbilissi en mai 2005
Un autre programme américain, « Sustainment and Stability Operations » en Géorgie (en cours depuis 2005), a coûté $60 millions. D'ailleurs, les Etats-Unis fournissent également une aide par le financement militaire étranger (FMF) et international et par les Programmes militaires d'éducation et de formation (IMET). En 2005, le FMF et l’IMET a fournie à la Géorgie respectivement 11.9 millions et 1.4 millions de $ (la même somme est censé être maintenu en 2006 et 2007). Washington a fourni à la Géorgie un total d'autour 74 millions de $ d'aide militaire en 2005 : plus que le double qu’en 2004 (30 millions de $).
Le Pentagone arme également intensivement l'Azerbaïdjan. Ceci est indiqué dans un rapport du centre pour l'information de la défense : Bakou a reçu pour une valeur de 14 millions de $ d’armes des Etats-Unis ces dernières années. « Les Etats-Unis emploient les ventes d'armes comme récompense pour ses alliés dans la guerre contre le terrorisme » indique le rapport. Elle note également que l'Azerbaïdjan a reçu plus de 27 millions $ d’aide militaire de Washington dans les cinq années passés. Le budget des USA pour 2007 et 2008 inclut davantage vers l'aide militaire et que les ventes d'armes vers l'Azerbaïdjan. Le projet de budget présenté au congrès par la Maison Blanche propose d'assigner la valeur de 5.3 millions de $ d’aide militaire vers l'Azerbaïdjan.
Washington ne néglige pas l'Arménie non plus. Le 1er août, les Etats Unis ont présenté le bataillon du maintien de la paix du ministère arménien de la défense avec 3 millions de $ en armes et équipements. Ceci a été fourni en partie par le programme de FMF. Le programme prévoit de fournir 8 millions de $ d'ici 2009 afin d'établir des bataillons de maintien de la paix arménien qui coopérera avec l'OTAN. Le projet de budget a présenté au congrès par la Maison Blanche propose d'assigner la somme de 3.3 millions de $ comme aide militaire vers l'Arménie.
Ainsi, la politique des Etats-Unis dans cette région est facilitée par son militarisation. Washington a développé et met en application des projets pour affaiblir l'influence de la Russie dans le Caucase autant que possible - en termes économiques, politiques, et militaires. De plus la GUAM l'alliance entre la Géorgie-Ukraine-Azerbaïdjan-Moldavie est renforcée comme alternative à l'influence russe. Il y a également des projets pour la formation d’une alliance militaire entre l'Azerbaïdjan-Turquie-Géorgie.
Les changements fondamentaux de l'équilibre des forces régional peuvent devenir irréversibles si les pays du Sud Caucase intègrent l'OTAN, comme un système « plus efficace » de sécurité. Le Secrétaire Général de l'OTAN Jaap Hoop Scheffer a visité Tbilissi récemment, rencontrant les ministres géorgiens pour discuter les perspectives pour l'accession de la Géorgie vers l'OTAN (la Géorgie a des espoirs de lancer un programme d'adhésion de l'OTAN au printemps de 2008). De plus, si les USA projettent d’installer des éléments du bouclier anti-missile dans le Caucase. Cela placerait la Transcaucasie deviendra comme une ligne de front - et ainsi une zone à haut risque.
Depuis 1991, la Russie a indiqué que le Sud Caucase est une zone d'intérêts stratégiques prioritaires car celui qui domine la Transcaucasie domine également la mer Caspienne et l’accès vers l'Asie centrale et le Moyen-Orient. De ce point de vue, la région est importante pour les intérêts stratégiques de la Russie.
Un des objectifs les plus importants de Moscou est de retenir les développements de la présence américaine dans le Caucase du sud, même si l’Europe et les Etats-Unis essayent de pousser la Russie hors de cette région.
La dominance russe dans le Caucase du sud n'est pas seulement une question de « rétablissement de l'impérialisme. » de la Russie. En effet, assurer la stabilité des pays de la Transcaucasie est une condition préalable fondamentale pour le développement pacifique et l'intégrité territoriale de la Russie elle-même.
La Russie est également un état de Caucase. Sept régions de la fédération russe (Adygué, Inguchetie, Daghestan, Kabardino-Balkarie, Karachaevo-Tcherkessie, Ossétie du Nord, Tchétchénie) sont situées dans le Caucase du nord. Assurant la sécurité dans le Caucase russe est inconcevable en dehors, et inséparable de la stabilité en Géorgie, Arménie, et en Azerbaïdjan. C'est dans cet objectif que la Russie veut maintenir la conduite géopolitique dans Caucase du Sud depuis la dissolution de l'URSS.
Par conséquent l'intérêt intense de la Russie pour les événements autour de l’Abkhazie, d’Ossétie du Sud et le Haut-Karabagh. La stabilisation de la situation dans ces territoires est alignée avec les intérêts nationaux de la Russie.
Les pays immédiats de la région ont à plusieurs reprises exprimé l'opinion que Moscou n'a aucune politique strict-défini et coordonnée concernant le Sud Caucase. En effet, La Russie à la suite de l’effondrement de l’URSS n'était pas dans une bonne situation dans les années 90 ; Moscou était incapable de poursuivre une politique logique par rapport à l'Arménie, l'Azerbaïdjan, et la Géorgie.
Les résultats de ceci ont été perceptibles : La Géorgie regarde de nos jours vers Bruxelles et Washington, alors que l'Azerbaïdjan regarde vers Bruxelles, Washington, et Ankara. L'Arménie, pour sa part tient compte des intérêts régionaux de la Russie et partage dans une certaine mesure les mêmes intérêts, d’où l’intensité de ces relations avec Moscou. Ainsi, la politique de Moscou dans le Sud Caucase ne devrait nullement être considérée comme un échec complet.
Tandis que la Géorgie considère qu'elle a des raisons indiscutables de joindre l’OTAN, Arménie a des raisons d'hésiter. L'Arménie n'en voit pas d’avantages particuliers pour elle dans la perspective d’intégrer l'OTAN ou que l’alliance atlantique contrôle la région. En fait, elle a des appréhensions justifiables que ceci pourrait avoir un effet nocif pour les intérêts arméniens. L'Arménie reste le vari associé stratégique de la Russie dans le Caucase du sud. Cette association est basée sur une politique étrangère selon le principe du maintien de l'équilibre entre les intérêts de divers blocs militaro-politiques dans lequel la région du Caucase est directement concernée. Cette politique est associable aux meilleurs intérêts de l'Arménie au stade actuel.
Les relations de la Russie avec l'Azerbaïdjan se sont également améliorées.
L'association stratégique entre la Russie et l’Azerbaïdjan se développe : dans les domaines économiques, les questions humanitaires, et beaucoup d'autres domaines de coopération bilatérale. 2006 était l’année de l’Arménie et en 2007 celle de l’Azerbaïdjan en Russie
Le commerce entre les deux pays a connu une croissance de plus de 50% entre 2005 et 2006, et s'élève maintenant à plus 1.6 milliard de $.
Naturellement, l’influence russe dans la région à reculer mais elle se maintient et reste présente et connait une certaine croissance dans certain domaine depuis la présidence de Poutine. Ce dernier à conduit une politique dans le Caucase du sud très pragmatique.
Source: SIPRI, IFWP, International Crisis Group, Armenian News Network/Groong
Alen Ter Markossian