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LE CONCEPT DE COMPLEMENTARITE DE LA POLITIQUE ETRANGERE ARMENIENNE

par Alen Ter Markossian

L’Arménie accède à l’indépendance en septembre 1991 dans un contexte politico-économique extrêmement  difficile et fragile. En effet, c’est une situation de quasi guerre total contre l’Azerbaïdjan au sujet du Haut Karabakh. Ce conflit fut vécu par la population arménienne comme une « guerre pour la survie » de la nation arménienne. La situation économique est catastrophique, avec l’embargo turco-azeri, les répercussions du tremblement de terre et l’arrivée des réfugiés après les pogroms anti-arménien de 1988-89. La machine économique soviétique est en panne et les réseaux économiques ne sont pas adaptés à l’économie de marché. Les reformes libérales ont des conséquence sociales dévastateurs poussant une grande partie de la population arménienne à tenter leur chance dans la migration à l’étranger.

 

 La victoire arménienne de 1994 dans le conflit du Haut Karabakh consolide les axes d’alliance mise en place par la diplomatie arménienne. L’aide logistique militaire russe aux côtés des arméniens dans le conflit c’est transformé par la mise en place de partenariat militaire entre Moscou et Erevan tellement fort que les analystes occidentaux appel volontiers l’Arménie « l’Israël  de la Russie ». En effet la Russie est la première garante de la stabilité militaire avec la base russe de Gumri véritable avant poste aux portes du Moyen Orient et la présence des gardes frontières russe sur les frontières turques et iranienne de l’Arménie.

 Le choix sur la partie arménienne par Moscou s’est fait après que Bakou est  chassé toute l’intiligenstia russophone (arméniens, slaves et  juifs) peu après les pogroms anti-arménien et quel est choisi de se rapproché de la Turquie et des Etats Unis. Le divorce avec Bakou c’est traduit dans un premier temps par le refus de ce dernier d’intégrer la CEI et le départ des troupes russes de l’Azerbaïdjan.

La  peur des prétentions azerbaïdjanaises sur le nord de l’Iran peuplé en majorité d’Azéris a poussé le régime des mollahs iraniens à privilégier ces relations avec le premier Etat chrétien au monde plutôt que les turcophones chiites d’Azerbaïdjan. Le paradoxe de cette entente est encore plus grande car les initiateurs de la révolution de 1979 qui ont  renversé le Shah d’Iran au profit d’Ayatollah Khomeiny et les garants de ce régime islamique sont en majorité des mollahs d’origine azérie.

Ainsi l’axe Moscou – Erevan – Téhéran est clairement défini dans un but de rompre l’isolement et de stopper la politique d’endiguement mise en place par Washington malgré la fin de la guerre froide. Washington pour sa part exerce sur Erevan une faible pression concernant ces choix militaires.

En effet au milieu des années 90 les Etats-Unis sont incapable de se présenter comme Moscou un garant militaire des frontières arménienne et de bénéficier au sein de la population d’un élan de sympathie lié à l’héritage historique. Néanmoins l’aide financière américaine per capita est la plus importante après celle attribué à Israël. Malgré cet aide financière Washington n’a  pas l’intention de faire de l’Arménie le leader du Sud Caucase.

En effet, en vue des richesses pétrolières de l’Azerbaïdjan et l’accès maritime à la mer Noire de la Géorgie les sympathies américaines se tournent plus vers Bakou et Tbilissi.

Le poids du lobby de la communauté arménien aux Etats Unis contre balance l’alliance Ankara – Tbilissi - Bakou crée par Washington pour Isoler l’Iran et la Russie.

Ce rapprochement à crée une période d’instabilité politique plus au moins orchestré par Moscou. Bakou et de Tbilissi ont fait la demande d’intégration à L’OTAN ainsi que l’évacuation des base russe d’Akhalkalaki et de Batoumi en Géorgie pour définitivement coupé le cordon qui les lies à Moscou.

Les attentats du 11 septembre 2001, la guerre d’Afghanistan et celle de l’Irak ont marqué un tournant dans la politique étrangère arménienne.

Pour Moscou c’était une opportunité pour stopper l’influence des courants islamistes et salafistes en Asie Central (Tadjikistan, Ouzbékistan) et en même temps d’accentuer l’effort militaire contre les  indépendantistes tchétchènes.

Pour Washington, l’occasion de s’établir de façon durable dans la chasse gardé de la Russie à savoir l’Asie Centrale et le Caucase. C’est ainsi que des bases américaines ont vu le jour en Ouzbékistan. Le président azéri Aliev déploya toutes ses forces diplomatiques pour forcer les troupes américaines à s’établir à Bakou mais le refus d’Ankara via le duo Gül – Erdogan du parti AKP (islamiste modéré) de participer à la guerre en Irak stoppa la réponse positive du Pentagone pour une base US en Azerbaïdjan. L’Arménie pour sa part pour éviter l’isolement militaire et diplomatique a profiter de se rapprochement des deux grands dans la lutte anti-terroriste pour mettre en place une politique de complémentarité.

L’espace aérien arménien fut ouvert aux avions américains qui prenaient la direction de l’Afghanistan. Erevan à signer un traité individuel de partenariat avec l’OTAN et a envoyé  44 soldats intégrés dans un contingent Grec de maintien de la paix au Kosovo ou bien l’envoi d’une brigade de génie civile de 46 hommes en Irak au sein d’un contingent Polonais.

En contre partie Washington exerça une pression sur Erevan concernant c’est bon rapport avec Téhéran et dans une moindre mesure avec Damas. Parallèlement Ankara a été  invité par Washington à ouvrir la frontière arménienne et Bakou de trouver une solution seulement pacifique concernant le Haut Karabakh. En effet, Washington et Moscou n’ont aucun intérêt a crée un foyer d’instabilité en Transcaucasie se qui fera stopper les investissements bancaires en Arménie et pétroliers en Azerbaïdjan et en Géorgie pour l’évacuation du brut par l’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Cehyan). Erevan a signer également un traiter de défense collective avec Moscou, maintenant ainsi une coopération très forte dans le domaine des technologies militaires ainsi que dans celle des troupes. C’est dans cette logique de  l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) que l’Arménie a accueillie les contingents russes des bases de Géorgie et organisent régulièrement des échanges de troupes et des manœuvres militaires communes.

 D’après l’agence russe d’information (RIA) Novosti. La population arménienne estime, dans sa majorité, que la Russie est le pays qui exerce sur l'Arménie la plus grande influence. En témoignent les résultats d'un sondage mené par le Centre arménien d'études nationales et stratégiques du 18 au 25 juin auprès de 40 experts et 1 500 habitants, à Erevan et en province. Stepan Safarian, un expert au Centre, note que plus de la moitié des experts interrogés se sont prononcés en faveur de l'adhésion de l'Arménie à l'OTAN : 52,5% des experts arméniens se disent favorables à cette adhésion, 30% se prononcent contre.

Ceci dit, 63,7% des partisans de l'adhésion de l'Arménie à l'OTAN expliquent leur position par la nécessité d'étendre aux trois pays du Caucase du Sud un système unique de sécurité et seulement 31,8% disent que l'OTAN est le plus efficace des systèmes actuels.

 Selon Stepan Safarian, 77,8% des experts qui ne veulent pas que leur pays adhère à l'Alliance de l'Atlantique du Nord estiment que "personne n'attend pas l'Arménie à l'OTAN, il n'y a donc aucun sens d'en parler". 22,2% s'opposent à cette adhésion, prétextant l'absence de relations correctes avec la Turquie.

 Cependant, rappelle l'expert, seulement 34,7% des citoyens du pays approuvent l'idée d'adhésion à l'OTAN et 33,9% se disent opposés à cette éventualité.

 43,3% des partisans de l'adhésion à l'OTAN expliquent leur choix par l'efficacité du système de sécurité au sein de l'Alliance de l'Atlantique Nord, alors que plus de la moitié des adversaires (52,9%) de cette éventualité estiment que l'Arménie doit rester membre de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) et fonder sa sécurité uniquement sur l'alliance avec la Russie.

 « La base militaire russe restera déployée sur le territoire arménien aussi longtemps qu’elle sera nécessaire à l’Arménie et à la Russie » vient d’indiquer Igor Gromyko, le conseiller de l’ambassade russe en Arménie, lors d’une conférence de presse donnée à Erévan vendredi 23 décembre. « L’Arménie est un allié stratégique de la Russie et de son côté la Russie a besoin d’une base en Arménie » a en outre affirmé le diplomate russe. Selon I. Gromyko, la Russie est présente dans la région du Sud Caucase et elle entend bien y rester avec « la promotion de relations de partenariat dans les domaines économique, politique et humanitaire » avec les républiques du Caucase. Revenant sur la présence russe en Arménie, I. Gromyko a affirmé que Moscou et Erévan entretiennent depuis longtemps des relations fortes d’amitié. De son côté, Mikaël Haroutiounian, le chef de l’Etat-major principal des forces armées arméniennes, a souligné que la 102e base militaire russe -stationnée à Gumri, au nord de l’Arménie- est nécessaire pour assurer la sécurité du pays. Cette 102e base militaire russe de Gumri, déployée en 1995 suite aux accords intergouvernementaux arméno-russe dispose d’une système antimissile S-300, quelques dizaines de chasseurs de type « Mig-29 » ainsi que près de 5 000 militaires.

 

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