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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 08:37

Depuis plus d’un an les déclarations belliqueuses du président de l’Azerbaïdjan sur le règlement du conflit Haut-Karabagh se sont faites beaucoup plus agressives et, leurs faisant échos, les accrochages meurtriers sur le terrain se multiplient. Le chef d’Etat azéri le répète jusqu’à plus soif : l’Azerbaïdjan n’acceptera jamais l’indépendance du Haut-Karabakh, ni un quelconque processus qui aboutirait à son indépendance. La seule façon selon Aliev d’aboutir à la paix est le retrait des troupes arméniennes du Haut-Karabakh et des 7 régions environnantes pour restaurer l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan. Le statu quo du Haut-Karabakh ne peut s’expliquer que par l’équilibre des forces dans la région, mais aujourd’hui selon Aliev, l’Azerbaïdjan est beaucoup plus puissant militairement et économiquement que l’Arménie et de ce fait, Bakou disposerait des moyens de changer le statu quo.

Néanmoins, il est opportun de ce poser la question de savoir si l’Azerbaïdjan peut s’aventurer dans une nouvelle guerre.

Il est probable que les négociations du Haut-Karabakh ont atteint leurs limites, et qu’il n’existe pas de solution de compromis susceptible de répondre aux exigences des deux parties du conflit. Compte tenu de cette hypothèse, l’Azerbaïdjan se préparerait donc à des opérations militaires à grande échelle, et Aliev en faisant des déclarations belliqueuses voudrait démontrer à la communauté internationale la justesse du recours à la guerre pour obtenir la restauration de l’intégrité territoriale de son pays, et la préparation de l’Azerbaïdjan à cette éventualité. Néanmoins, ni la Russie, ni les États-Unis et l’Union européenne ne souhaitent, même de façon tacite, que l’Azerbaïdjan se lance dans une aventure guerrière.

Certains experts militaires estiment néanmoins que l’équilibre militaire dans la région a déjà basculé en faveur de l’Azerbaïdjan. Au cours des sept dernières années, ses dépenses militaires de ont augmenté de 13 fois. En 2010, elles ont atteint 2 milliards 150 millions. Ce chiffre dépasse le budget d’Etat de l’Arménie pour la même année qui selon les données officielles, ne s’élève qu’à 350 millions de $. D’autre part, le 8 juin 2010, le Parlement azerbaïdjanais a adopté une doctrine militaire, dans laquelle on peut lire que le problème du Haut- Karabagh est considéré comme le principal défi de l’Azerbaïdjan. La doctrine se compose de 7 sections et 75 chapitres. Le chapitre 50.3 déclare « des formations militaires devraient être mis à un niveau approprié pour augmenter la pression sur l’occupant..., et pour résoudre le problème en peu de temps et avec des pertes minimales, s ‘il est nécessaire de recourir à la force. »

La reprise des activités militaires est cependant loin d’être certaine pour le moment. Bien que l’Azerbaïdjan a récemment acheté une grande quantité de matériel militaire moderne pour son armée auprès de la Turquie, d’Israël et de la Russie, cela ne garantit en rien une victoire sur le terrain. Mais surtout, la Russie et l’Occident ne permettront pas une guerre qui comporterait le risque d’interrompre les flux de pétrole et de gaz. Toute reprise des hostilités aura comme conséquence une mise en danger les pétrodollars azéris et le résultat de la guerre étant incertain, cette éventualité pourrait se solder non seulement par la perte de milliards de dollars, mais également coûter son trône au dictateur azerbaïdjanais. La visite d’Etat de Dmitri Medvedev en Arménie a encore réduit la probabilité d’une reprise de la guerre avec l’accord arméno-russe qui a prolongé de 49 ans la présence russe à la base de Gyumri. D’autant que la base sera alimentée par des équipements militaires modernes et que sa mission s’est vue étendue la sécurité de l’Arménie en collaboration avec les forces armées arméniennes. L’accord ne stipule pas que les forces russes interféreront dans les opérations en cas d’agression de la République du Haut-Karabagh, mais le document permet à l’Arménie de concentrer ses forces principales dans l’Artsakh, ce qui fait que la victoire de l’Azerbaïdjan est encore moins probable.

L’Azerbaïdjan cherche également à favoriser les pressions étrangères sur l’Arménie pour aboutir à des concessions unilatérales de la part d’Erevan. Il travaille dans trois directions - américains, russes et européens. Etant donné le rôle de Bakou dans sa coopération avec les forces de la coalition en Afghanistan et en Irak, en particulier comme pays de transit pour le transport des troupes et des munitions, et en tant que source d’énergie fossile, l’Azerbaïdjan est un facteur important pour l’Europe, les États-Unis et la Russie. Bakou tente de tirer profit de cette situation pour améliorer ses positions dans le processus de négociation du Haut-Karabagh, d’autant que les forces géopolitiques mentionnées ci-dessus sont à la tête d’une mission de médiation pour la résolution du conflit.

C’est ainsi que les organisations internationales sont plus portées à écouter l’opinion de l’Azerbaïdjan. Notamment dans le registre des résolutions de l’ONU, du Conseil de l’Europe, l’OSCE, de la Conférence islamique qui ne sont pas favorables à l’Arménie. Ces résolutions ne sont pas contraignantes, mais chaque année il devient de plus en plus difficile à Erevan de présenter ses arguments à la communauté internationale. Avec ses déclarations explosives, Aliev cherche bien sûr à détourner l’attention de la population azérie de ses nombreux problèmes internes : une situation sociale déplorable dans une société très corrompue dirigée par le clan familial. Une tactique vieille comme le monde et qui devra resservir lors élections législatives prévues pour le mois de novembre 2010.


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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 08:36

Depuis  la fin du mois d’avril, le processus de règlement du conflit du Haut-Karabakh est devenu graduellement plus actif, après que le processus de normalisation arméno turque soit officiellement dans l’impasse.

 

La Secrétaire d'État des États-Unis Hillary Clinton est arrivée à Bakou au début du mois de juillet, avant son voyage à Erevan pour faire avancer la résolution du Haut Karabakh. L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont convenu sur les principes de base, mais « le diable » est dans les détails.

 

Les principes de base, qui sont énoncés par les médiateurs, ne présentent pas les détails. Ils sont tous simplement des principes sur lesquels l'Arménie et l'Azerbaïdjan doivent régler le conflit du Haut-Karabakh. L'essentiel de ces principes sont les suivants. L'Arménie est appelé à retirer ses troupes des 7 régions entourant le Haut-Karabakh. Un autre principe appelle la création d'un couloir terrestre entre l'Arménie et le Haut-Karabakh. Les réfugiés devraient être autorisés à retourner dans leurs lieux d'habitation d'origine. Le statut définitif du Haut-Karabakh sera décidé a travers un referendum.


L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont félicités de ces principes. Il semble que s'il y ait un plan de paix sur la table des négociations et que les parties du conflit ne devraient pas être loin en ce qui concerne la signature d’un plan de paix définitive. Pourtant, les négociations sont coincées, car les parties du conflit tentent de s'entendre sur la chronologie de ces événements.

 

La position de l'Azerbaïdjan, est que les 7 régions environnantes du Haut-Karabakh doivent être libéré dès le début de l’accord (5 ans après la signature en ce qui concerne Latchin et Kelbadjar). Ensuite, les communications seront rétablies. Les réfugiés devraient être autorisés à revenir. En attendant, le Haut-Karabakh conserve un statut spécial provisoire, puis à un moment non spécifié dans le temps il peut y avoir un référendum sur le statut final. Il y a quelques mois le président de l'Azerbaïdjan a déclaré sur la chaîne télévisée russe Vesti que le statut provisoire peut durer aussi longtemps que 100 ans. En outre, la Constitution actuelle de l'Azerbaïdjan ne permet pas un référendum dans une seule partie du pays.

 

La position de l'Arménie, est que cet accord dans ce cadre ne résoudra pas le problème et ne fera que le prolonger. La partie arménienne, qui représente actuellement le Haut Karabakh dans le processus de négociations, met actuellement en avant deux points principaux.

 

Premièrement, le statut du Haut-Karabakh est le problème central et il est au cœur du problème. Erevan insiste de régler ce point avant tout autre.

 

Le second est le retour des réfugiés. L’Arménie admet la nécessité pour le retour des réfugiés, mais ce retour ouvrira une autre série de problèmes lors du retour des réfugiés azéris à un moment où les deux nations en sont encore en état de guerre. Quelles sont les lois qui régiront les deux communautés. Comment faire vivre les Arméniens et les Azéris alors que chaque jour l'Azerbaïdjan appelle à utiliser la force si les négociations échouent ?

 

La dernière question épineuse pour les deux côtés est le détail du référendum. Qui aura le droit de vote ? Est-ce la population actuelle du Haut-Karabakh ? Est-ce que c’est la majorité arménienne et la minorité azérie, ou bien l'ensemble de l'Azerbaïdjan ? Si c’est l'ensemble de l'Azerbaïdjan qui doit voter sur le statut du  Haut-Karabakh cela ne paraît  pas logique. Si c’est la majorité arménienne et la minorité azérie du Haut-Karabakh qui prennent part sur le futur statut de la région alors cela fait sens. Toutefois, l'Azerbaïdjan n'aime pas cette approche car elle estime qu'elle perdra de jure le Haut-Karabakh.

 

A travers les déclarations récentes des ministres des affaires étrangères azéries et arméniennes, ainsi que les médiateurs du Groupe de Minsk, il est clair que lors de la réunion présidentielle à Saint Petersbourg des amendements aux principes ont été apporté par la partie russe. Ces amendements ne sont pas encore connus mais les parties sont d’accord de poursuivre les négociations sur la base de ce que l’on pourrait appelé « les principes de Saint Petersbourg ».

 

Dans ce cadre et à ce stade des négociations il est important d’intégrer les représentants du Haut-Karabakh, et contraindre Bakou à renoncer à la menace et à l’utilisation de la force. Néanmoins, malgré cette dynamique particulière, en ce qui concerne les perspectives rapides de la résolution du conflit il est certain que la préservation du statut quo est sans doute profitable pour Erevan et pour Moscou.

 

Alen Ter-Markossian

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 08:34

Le17 juin 2010 sous les auspices du Président Russe Dimitri Medvedev, les présidents arménien Serge Sarkissian et azéri Ilham Aliev se sont rencontrés dans la ville russe de Saint-Pétersbourg en marge d'un forum économique international.

 

L’objectif de cette réunion était de permettre aux parties de rapprocher leurs positions et de clarifier leurs approches sur des questions qui n'ont pas été convenues, ainsi que de permettre  de donner un nouveau souffle afin de poursuivre les négociations. A la suite de cette rencontre il a été convenu que la troïka du Groupe de Minsk de l’OSCE se rendra en Arménie et en Azerbaïdjan, au début du mois de Juillet.

 

Le service de presse du président russe a déclaré que les entretiens ont porté sur les «problèmes pivots » qui entravent le règlement du conflit du Karabakh proposés par la Russie, les États-Unis et la France, à savoir les fameux principes de Madrid. « Il a été observé une convergence des positions sur plusieurs dispositions controversées du texte des principes de base du règlement ». Sans donner plus de précisions le communiqué ajoute que « Les présidents de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie ont confirmé leur volonté de poursuivre le dialogue visant à achever le travail sur ce document, sous la médiation de la Russie, les Etats-Unis et la France. » A travers ces déclarations diplomatiques de bon foie, il est certain qu’Aliev et Sarkissian n'ont pas fait état de nouveaux progrès dans les négociations autour du Haut- Karabakh.

 

Avant cette rencontre présidentielle, les autorités de Bakou ont plusieurs fois accusé l’Arménie de rejeter les principes « révisé » de Madrid, alors que pour sa part Erevan soutien qu’il existe d’un seul document sur la table des négociations celui présenté par les Présidents du Groupe de Minsk en novembre 2007.

 

Il faut interpréter cette rencontre à Saint Pétersbourg par le fait que  Moscou veut faire preuve aux yeux de la communauté internationale qu'elle est capable de prendre l'initiative dans le Sud-Caucase. Néanmoins la Russie ne peut pas à elle seul apporter un règlement pacifique, il est certain que la résolution du conflit restera hors de portée tant que les dirigeants de la République du Haut Karabakh seront exclus de négociations directes entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

 

Bakou pour sa part refuse tout contact direct avec les dirigeants du Haut-Karabagh, en prétextant que la région est contrôlée par l'Arménie. Les médiateurs ont assuré à plusieurs reprises aux autorités d'Erevan et de Stepanakert que les Arméniens du Karabakh joueront un rôle majeur à un stade ultérieur du processus de paix.

 

Le lendemain de la rencontre des trois présidents au palais Konstantinov à Saint Petersbourg qui a confirmé la volonté de poursuivre le dialogue, le vendredi 18 Juin, à 23:30 heures, un détachement de reconnaissance azerbaïdjanais a pénétré dans le territoire du Haut-Karabagh, tuant 4 soldats arméniens et en blessant 4 autres. La partie arménienne a pris des mesures de rétorsion, le détachement azéri se retira, laissant un soldat tué sur place et des munitions.

 

A l’annonce de l’accrochage sur le front, le ministre des Affaires Etrangères arménien Edward Nalbandian a réagis vivement « Nous pouvons dire que l'Azerbaïdjan avait à peine quitté la table des négociations, qu’il a organisé un acte de sabotage dans la région de Martakert du Haut-Karabagh, des attaques perfides dans le voile de la nuit sont typiques à l'Azerbaïdjan. Ce n'est pas la première fois qu’ils le font ». Selon Nalbandian, ce fut une action planifiée, de plus il a souligné que préalablement à toute réunion de haut niveau, Bakou tente de faire échouer des pourparlers avec les déclarations provocatrices et des menaces de guerre.

 

Le Président Serge Sarkissian a déclaré suite à cet incident que les provocations azéris sont inacceptables, et que cette provocation récente est encore plus inacceptable car elle survient à quelques heures seulement après la réunion tenue sous la médiation de la Russie. Selon le Président arménien ces provocations ne doivent pas rester impunies et quels représentent un manque de respect pour le Groupe de Minsk de l'OSCE. Serge Sarkissian a également souligné que la partie arménienne n'a pas l'intention de réviser sa position en raison cet incident : «Je suis convaincu que l'indépendance de la République du Haut-Karabagh sera reconnu - c'est notre objectif »

 

La réunion présidentielle est peut être la raison de l'intrusion d'un détachement de reconnaissance armés azéri dans le Haut-Karabagh. En effet, ce type d’actions ne sont pas prises spontanément. La décision a probablement été réalisée à un niveau élevé. L'Azerbaïdjan use d’une stratégie d’exacerbation et de chantage, sous la forme de propagande à travers des déclarations belliqueuses et cela même dans ces déclarations diplomatiques.

 

Le président Aliev a averti plus tôt au cours de ce mois que Bakou se retirera de ses pourparlers de paix avec les Arméniens s'il n’y a pas de percée dans un avenir proche. De plus, Aliev furieux a pris l'avion pour Bakou, vendredi matin, peu après sa rencontre avec Sarkissian et Medvedev, alors que son service de presse avait annoncé plus tôt qu’il resterait à Saint-Pétersbourg pour participer à une conférence économique annuelle internationale.

 

Cette colère s’explique peut-être par le fait que Medvedev à un peu forcer la main d’Aliev pour une rencontre avec Sarkissian, avec lequel il ne s’était pas rencontré depuis six mois, mais aussi sur les déclarations du Premier Ministre Russe Vladimir Poutine au mois de Juin à Ankara.

 

En effet, interrogé sur le conflit du Haut-Karabagh, le Premier Ministre russe a notamment déclaré que la Russie ne mettra pas la pression sur l’Arménie ou l’Azerbaïdjan pour accélérer la résolution du conflit et qu’il attend des autres puissances médiatrices qu’elles soient aussi prudentes. « Seuls les deux Etats, les deux peuples peuvent trouver mutuellement des solutions acceptables et trouver des compromis dans un dialogue pragmatiques l’un avec l’autre. Nous voulons que personne ne pense que nous faisons pression sur l’une ou l’autre des parties et que nous cherchons une solution au problème qui serait défavorable à l’une d’entre elles », a-t-il ajouté. Cette déclaration du Premier Ministre russe est aussi un message à la Turquie qui aspire à « s’ingérer » dans le règlement du conflit du Haut-Karabagh.

 

Ainsi, Bakou cherche à ne pas laisser s’installer un statut quo qui garantirait la sécurité du Haut-Karabagh et de faire échouer les pourparlers du Groupe de Minsk qui cherche une solution basée sur des concessions mutuelles pour aboutir à un statut pour le Haut-Karabagh.

 

Alen Ter-Markossian

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 17:01

La Turquie fut l’un des premiers états à reconnaître l’indépendance de la  République d'Arménie après l’effondrement l'Union soviétique en 1991. Toutefois, les relations bilatérales sont rapidement devenues prisonnières à cause de l’escalade du conflit du Haut-Karabagh. En avril 1993, avec la prise de la région de Kelbadjar par les forces arméniennes du Haut-Karabagh, la Turquie a fermé sa frontière avec l'Arménie en signe de protestation contre Erevan et de soutien à Bakou. Dix-sept ans plus tard, la frontière demeure toujours fermée.

 

Pour le gouvernement turc, le principal obstacle pour la normalisation des relations arméno-turque est le dommage que pourrait subir sa relation avec l'Azerbaïdjan. De longues négociations sur la résolution du conflit bloquent en partie sur la question du statut final du Haut-Karabagh. Depuis 2005, les pourparlers, dirigés par la médiation des trois co-présidents du Groupe de Minsk de l’OSCE portent sur un projet de document de base : « les principes de Madrid ». Ce document cherche à résoudre ce problème par la conciliation de deux principes juridiques celui de l’autodétermination (soutenu par Erevan et Stepanakert) et celui de l’intégrité territoriale (soutenu par Bakou). Alors que les pourparlers continuent, l'Azerbaïdjan exprime sa frustration avec le statu quo et menace de recourir à la force pour récupérer le Haut-Karabagh.

 

L’Azerbaïdjan essaye d’influer sur la Turquie via ses ressources énergétiques, car Bakou est l’un des fournisseurs les plus importants de gaz d’Ankara. De plus, la solidarité au niveau populaire entre les deux états turcophones est forte. Plusieurs mois avant la signature des protocoles en Octobre 2009, Erdogan a plusieurs reprises explicitement lié le processus de normalisation arméno-turc avec le conflit du Haut-Karabagh, et appelé Erevan à faire des concessions sur le sujet. Alors, pourquoi la Turquie s'engage-t-elle à normaliser sa relation avec Erevan, et à terme devoir ouvrir  sa frontière avec l'Arménie dans un document qui n'a jamais mentionné explicitement le conflit du Karabagh ?

 

Une partie de la réponse est que Ankara mettait des priorités différentes sur cette question. Il semble que les autorités turques espéraient voir des progrès sur le conflit du Karabagh dans les mois après la signature des protocoles à Zurich, en raison peut-être des assurances excessives des Etats-Unis et dans une moindre mesure de la Russie, et une impression trop optimiste de la façon dont les négociations de paix se déroulaient.

 

Lorsqu’en Décembre 2009, les négociations semblaient être dans l'impasse, la diplomatie turque s’est trouvée clouée, pour reprendre un terme échiquéen décrivant l’immobilisation totale ou partielle d'une pièce. Plus largement, les officiels turcs ont affiché une certaine naïveté sur l’issue du Karabagh car ils ont tiré leurs informations sur le conflit des seules sources azerbaïdjanaises. Ils ont sous-estimé la question fondamentale à savoir que le  Karabagh fait partie du « sanctuaire » national arménien. Ankara estimait qu’Erevan pourrait être persuadée de céder plusieurs des régions occupées autour du Karabagh en échange de la réouverture de la frontière arméno-turque.

 

Ces deux dernier mois le président arménien Serge Sarkissian a accordé plusieurs entretiens à des medias internationaux (Le Figaro, Euronews, Al Watan, Der Spiegel). L’analyse des ces différents entretiens montre qu’Erevan a précisé ses idées et a fait des propositions sur la résolution du conflit du Haut-Karabagh. Le chef d’Etat arménien a affirmé que céder le Haut-Karabakh à l’Azerbaïdjan était hors de question. De plus, en cas de reconnaissance de l’indépendance du Haut-Karabagh par Bakou, Erevan serait éventuellement prête à se retirer de certaines régions environnantes. Et enfin pour renforcer le statut quo et le cessez le feu il propose de signer un accord de non recours à la force. La réponse de Bakou fût qu’un tel accord ne sera possible que lorsque les forces armées arméniennes se seront retirées des territoires occupés.

 

Ni la Turquie ni l'Arménie n'ont ratifié les accords conclus en octobre 2009 pour rétablir les liens diplomatiques entre les deux pays et ouvrir la voie à une réconciliation. Le gouvernement arménien accuse la Turquie de traîner des pieds en exigeant d'abord le règlement du conflit du Haut-Karabakh.

C’est ainsi que, le 22 avril 2010, le président arménien à annoncer le gèle du processus de ratification de l'accord en précisant qu’Erevan n'abandonnait pas le processus de normalisation et que l’Arménie attendait  qu'il existe un environnement approprié en Turquie et qu'il y a un gouvernement à Ankara prêt à s'engager de nouveau dans le processus de normalisation.

Pour ça part l’Azerbaïdjan voit la question de la normalisation arméno-turque à travers ses propres grilles de lectures et ses peurs. Bakou craint que l'ouverture de la frontière arméno-turque lui supprime un levier envers l'Arménie et rendre cette dernière plus intransigeante. Ainsi à court terme Erevan pourraient chercher à consolider le statu quo.

 

Pourtant, la dynamique à plus long terme est presque certaine de travailler dans l'autre sens.

En effet, avec à  l'Ouest sa frontière ouverte, l'Arménie verras son état de siège s’effriter et elle pourra sortir de son isolement, néanmoins elle subira une pression internationale plus forte pour signer un accord au sujet du Karabagh. L’Azerbaïdjan serait également sous pression afin d’assouplir sa position agressive sur cette question et de s'aligner sur la position de la Turquie en cherchant à normaliser ses relations avec Erevan.

 

Le Groupe de Minsk pourrait mettre en place une planification pour le règlement post-conflit comme le déminage, la reconstruction, la relance économique, les mesures de sécurité et qui seront nécessaires afin de faire un travail pour la paix sur le terrain en instaurant un dialogue civil. L'Union européenne est bien placée pour jouer ce dernier rôle, comme dans les Balkans, mais jusqu'à présent elle a été plus ou moins écartée du processus de paix du Karabagh.

 

Alen Ter-Markossian

 

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 17:32

Depuis la guerre russo-géorgienne d’août 2008, le Caucase du Sud est dans un climat de nervosité renforcé par plusieurs conflits gelés ou dormants qui sont susceptibles de se réveiller dont celui du Haut-Karabagh. De ce fait, le conflit du Haut-Karabagh connaît ces derniers mois des accrochages de plus en plus violents sur la ligne de cessez le feu. Bien que la crise ossète ait confirmé le fait que tout règlement militaire d’un conflit gelé est plus que risqué, Bakou multiplie ces déclarations va en t’en guerre et les provocations militaires sur le terrain.

 

En effet, outre les joutes verbales, on y tire à l’arme lourde en plus des tirs réguliers de snipers et incursion de commandos de sabotages. Plus de 200 violations du régime de cessez le feu ont été constatés en moins d’un mois et il y a des victimes dans les deux camps. L’ensemble de ces provocations a tout d’abord pour but  de tester les défenses arméniennes, maintenir un climat de conflit, saper le morale des soldats voire de créer la peur. Mais surtout ces provocations ont pour but de pousser le côté arménien à donner une réponse lourde enfin de trouver un prétexte pour la reprise des hostilités.

Cette situation s’est déjà  présenter dans l’histoire arménienne contemporaine. Ainsi, plusieurs semaines après la signature du traité de Sèvres en 1920, les gardes frontières arméniens sont impliqués dans des escarmouches contre les miliciens turcs du district d’Olti. Du point de vue turc, la pénétration de quelques troupes arméniennes dans le district a servi de prétexte officiel pour la nouvelle guerre turco-arménienne du 24 septembre – 2 décembre 1920 qui entraîna la chute de la premier République et la soviétisation de l’Arménie.

 

Ainsi, les provocations azerbaidjanaises sur la ligne de cessez le feu sont à placer dans un contexte plus diplomatique, celle de faire capoter le processus de négociations dans le cadre de l’OSCE. Les principes de Madrid proposés par le Groupe de Minsk, laissent présager en tout vraisemblance la mise en œuvre du détachement de jure du Haut-Karabagh de l’Azerbaïdjan via certainement un referendum d’autodétermination.

 

Face à cette situation de perte diplomatique et politique plus ou moins «programmée» qui entraînera la chute du clan Aliev du pouvoir, Bakou joue la carte de la provocation afin d’entraîner Erevan dans un conflit dont le sort est plus qu’incertain et surtout en vue de faire échouer les principes de Madrid.

 

La stratégie de sabotage des principes de Madrid amène également Bakou à juger généralement acceptable la nouvelle version des principes pour mettre Erevan dans situation difficile sur la scène internationale en lui faisant porter le chapeau de l’impasse des négociations en cas de refus de ces principes par l’Arménie. Il s'agit de la première fois depuis 1997 que Bakou a jugé que la proposition des médiateurs est acceptable, en insistant sur une large autonomie pour le Haut-Karabagh dans le cadre de l’Azerbaïdjan.

 

Maintenant, c'est au tour de l'Arménie et il sera difficile pour l'Arménie de dire un « Oui » à la version qui a pris la première forme à Cracovie en Juillet 2009, puis à Athènes à la fin de 2009, et ensuite à Sotchi le 25 Janvier 2010, parce que contrairement aux propositions de Madrid 2007, le droit du peuple du Haut-Karabagh à l'autodétermination y est très vague.

 

Aujourd’hui les médiateurs proposent que le Haut-Karabakh ait un statut provisoire en attendant un futur vote sur le statut final. Ces derniers mois, il y a eu un changement marqué dans les annonces faites par la partie arménienne et le discours de Serge Sarkissian à Londres au Chatham House, a été probablement conditionné par cette évolution. Le Président Sarkissian a donné l’impression à Londres, de vouloir dire « Non » à la proposition la plus récemment mise à jour par le Groupe de Minsk puisqu’il a expliqué pourquoi, ce que la communauté internationale voulait imposer était inacceptable pour l’Arménie et le Haut-Karabagh.

 

Il ne fait aucun doute que le Président Sarkissian a raison, s'il rejette la nouvelle proposition pour la résolution du conflit du Karabakh, que le président azerbaïdjanais a jugé acceptable, à Sotchi, en créant une situation extrêmement inconfortable pour le président arménien. En général, toute proposition où il n’est pas clairement mentionné le droit à l'autodétermination pour le peuple du Haut-Karabakh, en contrepartie d’une perspective de retrait des troupes arméniennes des districts avoisinants et la mise en place d’un lien terrestre entre le Haut-Karabagh et l’Arménie doit être rejeté.

 

De ce fait Bakou tente de piéger l’Arménie sur le terrain en multipliant les provocations militaires afin de redémarrer un conflit armé. Sur le plan diplomatique en acceptant « à quelques exceptions » les principes de Madrid révisés, l’Azerbaïdjan cherche à faire porter la responsabilité du blocage des négociations sur l’Arménie et ainsi accentuer les pressions internationales sur Erevan.

 

Alen Ter-Markossian

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 17:26

Alors que la ligne de front la situation  se tend, les discussions entre chefs d’Etat arménien, azéri et russe semblent enregistrer des progrès, notamment sur le principe d’une avancée négociée.

 

La réunion de Sotchi le 25 janvier 2010 entre le président russe et les présidents arménien et azerbaïdjanais a dégagé un accord verbal sur le préambule de la version révisée des principes de Madrid. La phase suivante étant que les deux parties doivent établir des formules et des idées concrètes à insérer dans les points du texte révisés sur lesquels il y a un désaccord.

 

Le fait que Aliev et Sarkissian ont maintenant conclu un accord sur le libellé du préambule de la nouvelle version des principes de Madrid est un petit pas en avant dans la mesure où ce préambule est certain de réaffirmer leur engagement commun en faveur d'un règlement pacifique dans le cadre du droit international. À cet égard, il constitue un recul pour le président Aliev habitué ces derniers mois à faire des  discours menaçant la reprise des hostilités afin de récupérer le Haut-Karabagh.

 

Elections azerbaïdjanaises

 

Néanmoins, pour Bakou, ce n’est pas le moment idéal pour faire preuve de bonne volonté dans ce dossier car les élections législatives azerbaïdjanaises sont prévus cet automne. Personne ne doute du résultat des urnes, à savoir par une majorité absolue pour le parti du Président « Yeni Azerbaycan ». Cependant, les autorités ne veulent pas prendre aucune mesure qui pourrait galvaniser l'opposition à la veille du scrutin.

 

Plus précisément, il est hautement improbable que les Principes de Madrid soient signés avant les élections, car ils risqueraient d'ouvrir la porte à la phase cruciale de négociations sur le détail des principes et la participation des représentants de la République du Haut-Karabagh. Ainsi, l'importance de l'accord des deux présidents sur le libellé du préambule aux principes de Madrid ne devrait pas être surestimé.

 

Il devient de plus en clair qu’il y a un accord tacite entre les trois pays membre du groupe de Minsk. En effet, les Etats-Unis et dans une moindre mesure la France sont chargés de faire avancer le processus de normalisation arméno - turques avec comme but ultime l’ouverture de la frontière entre l’Arménie et la Turquie. Pour sa part la Russie se consacre et intensifie les médiations sur le dossier du Haut-Karabagh.

 

Moscou pour le statu quo

 

Néanmoins, Moscou est pleinement satisfait de l'état actuel du dossier à savoir le contrôle arménien sur le Haut-Karabagh lié à la présence des bases militaires russes en Arménie. Cela est extrêmement important pour le Kremlin, qui craint de perdre cet avantage stratégique dans le Caucase du Sud. Mais, la Russie est également opposée à l'exclusion du Haut-Karabagh de l'Azerbaïdjan, car il peut gêner ses relations avec l'Azerbaïdjan. Dans le même temps, Moscou est parfaitement conscient que dans le scénario de la séparation de jure du Haut-Karabakh de l’Azerbaïdjan déstabiliserait la situation à Bakou, et Moscou en sera accusé. Par conséquent, pour le Kremlin le maintien du statut quo actuel est avantageux pour les intérêts russes dans la région.

 

Dans les principes de Madrid révisés, il est inclus le retrait progressif des troupes arméniennes des cinq territoires azerbaïdjanais limitrophes autour du Haut-Karabagh, avec des dispositions particulières pour les districts de Kelbadjar et de Latchine. Le retrait progressif serait suivi de la démilitarisation de ces territoires et le déploiement d'une force internationale de paix. Dans ce scénario, il n’est pas illogique de faire le lien entre cette feuille de route proposée par l’OSCE et l’intense activité diplomatique de l’Iran avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

 

Les craintes iraniennes

 

En effet, dans le cas d’un déploiement d'une force internationale de paix, ces forces seront limitrophes de l’Iran. Téhéran n’est pas prêt à laisser stationner pendant 5, 10 ou même 15 ans des troupes composés des pays membre essentiellement de l’OTAN ou l’OSCE. Téhéran voudrait gagner du poids en tant que médiateur entre Erevan et Bakou et comme Moscou, la République islamique a tout intérêt que le statut  quo actuel se maintienne.

 

Aujourd’hui la seule avancée qui peut être faite concernant le Haut-Karabakh, ce n’est pas  la  signature d’un accord cadre mais plus vraisemblablement un accord sur la mise en place d’une feuille de route après que les protocoles arméno-turc soient ratifiés et que la frontière soit ouverte. En effet, une fois le dossier des protocoles arméno-turc réglé la pression sur Erevan sera plus importante pour qu’il se retire de la zone de sécurité, il s'agit de la seule chose qui peut être réalisé à cet égard, car le retour du Haut-Karabakh dans le giron de Bakou est hors de question.

 

Néanmoins, même si la libération de ces régions environnantes du Haut-Karabagh paraît de plus en plus sans ambiguïté, il est très probable, qu’ils ne seront pas libérés facilement car cela représente un danger de déstabilisation interne pour le gouvernement arménien et azerbaïdjanais.

 

La situation des états indépendants non reconnus ou largement non reconnus au niveau international fait partie de la nouvelle donne géopolitique dans les relations internationales, qui n’a vu aucune solution définitive à ce jour même s’il existe une certaine dynamique internationale pour promouvoir l’autodétermination (Monténégro, Kosovo, Ossétie du Sud, Abkhazie et prochainement referendum au Sud-Soudan). Une tendance dont le Haut-Karabagh entend bien profiter à son tour. Et à laquelle ne contrevient pas le maintien le statu quo.

 

Alen Ter-Markossian

 

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 09:45

En dépit des communiqués optimistes du Groupe de Minsk, les pourparlers piétinent.


Après les rencontres présidentielles à Munich fin novembre et celle des ministres des affaires étrangères à Athènes début décembre, les négociations autour de la résolution du conflit du Haut-Karabagh sont dans une phase d’accélération.

Néanmoins, malgré la fréquence des rencontres et les déclarations optimistes de la troïka du Groupe de Minsk de l’OSCE, la résolution définitive ne semble pas si proche et cela pour trois raisons importantes.

 

La première raison est celle qu’accepter un accord cadre autour des principes de Madrid qui prévoirait la possibilité de concéder cinq des septs régions autour du Haut-Karabagh à l'Azerbaïdjan serait un suicide politique de la part du gouvernement arménien. En effet, en plus de la pression interne lié à la signature et à la ratification des protocoles arméno-turc, une quelconque signature d’un accord cadre basé sur les principes de Madrid fragiliserait encore plus le gouvernement de Sarkissian. En cas de solution au conflit du Haut-Karabagh, en parallèle à la normalisation des relations arméno-turques, l’échiquier politique interne arménien risque d’être déstabilisé.

Le même risque politique existe pour le gouvernement de Bakou, car si cette concession arménienne s’officialise alors il devrait s’accompagner par la concession azérie de laisser le Haut-Karabagh s’autodéterminer via un référendum. Ce scénario serait une défaite diplomatique et politique pour Bakou qui risquerait de s’accompagner de déstabilisation du clan Aliev. En effet, la société azerbaïdjanaise a été préparée via une propagande étatique minutieusement mise en place à ne faire aucune concession aux Arméniens.

 

Risque d’un scénario militaire

La deuxième raison est que l’Azerbaïdjan continue d’essayer de ruiner le processus de négociations et les menaces du président azerbaïdjanais sont non seulement des messages à l’Arménie mais montrent aussi à la communauté internationale que l’Azerbaïdjan n’est pas sincère dans la recherche d’une solution pacifique. Bakou torpille les négociations car il semblerait que les principes de Madrid permettent à long terme de légitimer la sécession du Haut-Karabagh de la souveraineté de Bakou. En créant une impasse dans les négociations, Bakou tente également de faire entrée la Turquie dans le Groupe de Minsk.

Bien que la préparation militaire de l’Arménie reste encore supérieure à celle de l’Azerbaïdjan selon les experts, la reprise des hostilités est encore une possibilité. La communauté internationale s'oppose à cette option, l'expérience récente avec la guerre russo-géorgienne prouve l’innascibilité de la méthode coercitive dans la résolution des conflits. Toutefois, le scénario militaire reste une menace car un petit incident sur la ligne de cessez-le feu pourrait marquer le début de quelque chose de beaucoup plus grand.

Néanmoins outre les dépenses militaires et les déclarations belliqueuses azéris, le réchauffement des relations entre Bakou et Moscou et le niveau croissant de la coopération russo-azerbaïdjanaise, est la plus grande menace qui pèse sur la Karabagh.

En effet, graduellement Bakou s’est rapproché de Moscou dans les domaines énergétique et économique afin que la Russie puisse influencer de façon notoire les autorités arméniennes à plus de concessions.

 

Moscou face au poid du soft power atlantiste

La troisième raison qui empêche une résolution rapide est que dans cette  phase d’accélération des négociations, la pression est plus forte de la part des Européens et des Américains que de la part des Russes qui détiennent les clés pour le déblocage du problème. En effet, la résolution du statut du Haut-Karabagh, ajouté à cela l’ouverture des frontières arméno-turc et arméno-azeris se ferait en parallèle à  la démocratisation des sociétés du Caucase du Sud. L’objectif est de pacifier la région en faisant des Etats du Sud Caucase des Etats associés à l’UE. Le volet militaire serait une coopération étroite avec l’OTAN. Dans ce contexte la Russie perdrait toute influence politique dans la région. C’est cette menace du « soft power » atalantsite qui pousse Moscou  préserver le statut quo grâce auquel elle se présente comme la seule puissance qui peut défendre les intérêts à la fois de Bakou et d’Erevan.

Pour pouvoir influer sur la région de façon durable et certaine, les Occidentaux ont besoin de cinq à dix ans et avec à la tête de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan des dirigeants légitimes aux yeux de leur population et des sociétés pleinement démocratiques.

 

Alen Ter-Markossian

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 09:50
 

La publication le 10 juillet 2009 des principes de Madrid proposé par le groupe de Minsk (Etats-Unis, France et Russie) de l’OSCE pour la résolution du conflit du Haut Karabakh a suscités beaucoup de réactions de la part de tous les acteurs de ce conflit. En voici les grandes lignes :

 

  1. Retour des territoires adjacent le Haut Karabakh sous contrôle de l’Azerbaïdjan.
  2. Un statut intérimaire pour le Haut Karabakh prévoyant des garanties pour la sécurité et l’auto gouvernance.
  3. Un couloir terrestre reliant l’Arménie et le Haut Karabakh.
  4. La détermination du futur statut juridique définitif par le biais d’une expression juridique contraignante de la volonté.
  5. Le droit de toutes les personnes déplacées et des réfugiés à retourner dans leurs anciens lieux de résidences.
  6. Garanties internationales de sécurité qui inclurait une opération de maintien de la paix.

 

Nul doute que ces principes ne répondent pas totalement au souhait pour le côté arménien et au statut quo actuelle. En effet deux points important posent problème et s’avèrent être dangereux.

 

Le premier point est celui du statut intérimaire du Haut Karabakh. Le côté arménien demande que le statut actuel  qui est celui d’indépendance de « facto » puisse être maintenu et respecter par Bakou jusqu'au futur referendum. Une définition plus distincte du concept « statut intérimaire » est nécessaire ainsi que la concrétisation sur les dates et le format du référendum.

 

Le deuxième point est celui du retour sous le contrôle azéri des territoires adjacent le Haut Karabakh. Erevan et Stepanakert souhaite garder sous leur contrôle les districts de Kelbadjar et de Lachin jusqu’au referendum. L’opinion publique arménienne n’est nullement favorable à la rétrocession de ces territoires qui garantissent la sécurité du Haut Karabakh et même de l’Arménie. Mais il semble bien que les autorités arméniennes sont prêtes à concéder et à négocier sur certain district (en particulier celui d’Agdam, de Fizouli et de Djebrayil).

 

La publication de ces principes est à placer également dans le contexte des relations arméno-turc. En effet la signature d’un accord cadre pourrait justifier pour Ankara l’ouverture de la frontière arménienne en octobre 2009. En effet Ankara cherche une justification tangible auprès de son opinion et de Bakou pour continuer sont rapprochement avec Erevan. Il est indéniable que les deux processus sont liés et évolue de façon parallèle.

 

C’est dans l’objectif de faire accepter un accord cadre par Erevan et Bakou que les médiateurs du groupe de Minsk  ont été mise à jour les principes de Madrid à Cracovie (Pologne) fin juillet et qu’une nouvelle rencontre Sarkissian - Aliev aura lieu début octobre à Chisinau (Moldavie).

 

Néanmoins, ni Aliev mais surtout ni Sarkissian ne sont soutenu sur l’échiquier politique  intérieur et par leur opinion public pour la signature d’un tel accord et cela est à placer dans une dernière variante de cette équation. Cette dernière variante est celui d’aucune signature d’accord cadre et le maintien du statut quo.

 

La situation actuelle ressemble à une période de pessimisme de la part des médiateurs, d’où peut être le changement des médiateurs russe (Yuri Merzlyakov) et américain (Matthew Bryza). Néanmoins, les principes de Madrid mettent en avant le principe de l’autodétermination par rapport à celui de l’intégrité territoriale qui n’est nullement cité.

 

La futur nomination de Matthew Bryza en tant que ambassadeur américain en Azerbaïdjan est peut être d’augure à convaincre Bakou à des concessions sur le principe de l’intégrité territoriale mais surtout à renforcer les liens stratégique entre Washington, et Bakou pour pas que les autorités azéris se tournent plus vers le Kremlin.

 

Dans cette situation, Bakou continuera à chercher à obtenir de la part des pays « décideur » le feu vert pour déclencher une blitzkrieg (guerre éclaire)  avant la mise place du projet Nabucco et ainsi contraindre Erevan à plus de souplesse.

Ce scénario sèmerait un véritable chaos dans la région car la victoire de Bakou n’est nullement assurée sur le plan militaire.

 

Il devient évidant qu’ Erevan est sous pression afin d’obliger ses autorités à faire des concessions. Et dans ce contexte il est indispensable que les autorités du Haut Karabakh intègrent les négociations pour trois raisons majeures. La première est celle que seul Stepanakert peut signer un accord qui la concerne et décider de l’avenir de sa population. La deuxième est celui d’alléger les pressions internationales sur Erevan qui prendrait le rôle de « protecteur » au lieu de « décideur » qui incomberait à Stepanakert. Et enfin la dernière raison, celle de faire perdurer les négociations afin que l’indépendance de « facto » devienne de « jure ». Nul doute que le statut quo actuel permet de maintenir l’équilibre des forces, car « la paix à n'importe quel prix, ce n'est plus la paix » (Eve Curie).

 

Alen Ter Markossian

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 11:17

Depuis la fin des hostilités en Georgie, la Russie veut soigner son image diplomatique auprès de la communauté internationale en essayant de se présenter comme la garante de la stabilité dans la région et la seule puissance capable de concilier les intérêts de tous les acteurs de la région du Sud Caucase. Face au Pacte de Stabilité d’Ankara vide de toute proposition concrète, Moscou à réussi à faire signer un documents aux présidents Azéri et Arménien le 2 novembre 2008 à Moscou.

Erevan et Bakou n’ont pas signé de documents conjoints sur le Haut Karabakh depuis le cessez le feu de mai 1994 toujours sous les auspice de Moscou. En ce sens, il s’agit d’un progrès, mais dans l’ensemble il s’agit d’un document superficiel.

En soulevant la question sur la résolution du conflit du Karabakh, dont la Russie est prête à se porter garante Moscou essaie de prouver aux Etats-Unis qu’elle régit les processus dans le Caucase. Malgré l’agacement de Washington dans les coulisses, en public les États-Unis se sont félicités de l’initiative diplomatique de la Russie d’accueillir à Moscou la réunion entre les présidents d’Azerbaïdjan et d’Arménie, pour tenter d’obtenir un accord au conflit du Haut Karabakh.

Il semble que la signature du document est plus politique que réalisé et signé pour la résolution du conflit. Ainsi, la Russie montre au monde qu’elle joue un rôle important dans le Caucase et prend toutes les décisions, c’est une démonstration de son influence. Le document établit que les parties sont d’accord « à promouvoir l’amélioration de la situation dans le Caucase et assurer la stabilité et la sécurité dans la région par le biais de la résolution politique du conflit du Karabakh en conformité avec les principes et normes du droit international ».

La question du Karabakh est une question plus que complexe et elle ne peut être réglée que par cette signature de bonne volonté. Il est nécessaire de signer des documents supplémentaires. Ce document peut être une étape du processus. Ce document est exclusivement politique néanmoins le processus peut être lancé sur la base de ce document

Sachant que La Russie a fait de la Géorgie un état « paralysé » pour un certain temps après la guerre russo-géorgienne, il est donc important pour le Kremlin d’avoir de bonnes relations avec l’Azerbaïdjan pour gérer et contrôler les questions des sources d’énergie.

Moscou, Washington et Bruxelles exercent depuis longtemps des pressions importantes sur l’Arménie pour qu’elle se retire au moins de cinq des sept régions autour du Haut Karabakh en échange d’un referendum sur le statut de la région. Certes, il est impossible de parler de la restitution du Haut-Karabakh à Bakou,

Peut-être que l’Azerbaïdjan et l’Arménie sont parvenus à cet accord, la Russie en échange obtiendrez la faveur de l’Azerbaïdjan de faire transiter ces sources d’énergie via la Russie. Il reste néanmoins une autre étapes celle de convaincre la viabilité de cet accord aux populations arméniennes et azerbaidjanaises.

Alen Ter Markossian

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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 20:15

Article paru dans l'édition du 18/09/2007 sur www.caucaz.com

Par Haroutiun KHACHATRIAN* à Erévan

Traduit en français par Nicolas LANDRU et Lili DI PUPPO

 

Les récents efforts des protagonistes et des médiateurs du conflit du Haut Karabagh ont échoué a faire progresser la résolution d’un des plus anciens conflits ethniques dans l’espace post-soviétique. La situation politique en Arménie et en Azerbaïdjan pourrait aboutir a une impasse dans le processus de négociation pendant au moins un an.

Les protagonistes du conflit

Les trois derniers mois se sont révélés une des périodes les moins prometteuses dans l’histoire des négociations sur le règlement du conflit du Haut Karabagh. Les premières négociations ont débuté peu de temps après la mise en place d’un cessez-le-feu en mai 1994. Pendant le processus de négociation, dans lequel le groupe de Minsk a servi de médiateur (un organe spécialement créé par l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE)), plusieurs options portant sur les principes de règlement du conflit et les détails du processus on été proposées. Ces options ont été toutefois systématiquement rejetées par une des parties concernées.

Les protagonistes du conflit sont l’Azerbaïdjan, l’Arménie et les autorités du Haut Karabagh, lesquelles ont déclaré un état souverain, la république du Haut Karabagh (cet état n’est formellement reconnu par aucun état au monde, y compris l’Arménie). Les positions des protagonistes sont restées inchangées. L’Azerbaïdjan considère le Haut Karabagh comme étant une « partie inaliénable » de son territoire. Les autorités du Karabakh déclare que la région a été intégrée a l’Azerbaïdjan par une décision illégale de Staline, et présentent le résultat du référendum tenu en 1991 comme la base légale de l’indépendance de l’enclave peuplée par des Arméniens. Quant a l’Arménie, elle soutient de facto la position des autorités du Haut Karabagh, déclarant que le droit de la région à son autodétermination ne peut « lui être refusé ».

La dernière fois que les protagonistes et les médiateurs externes ont pu exprimer leur optimisme sur un progrès dans le règlement du conflit était juin 2006, quand les co-présidents du groupe de Minsk, les Etats-Unis, la Russie et la France, ont annoncé des principes acceptés par les deux camps, l’Arménie et l’Azerbaïdjan (les autorités du Haut Karabagh ne prennent plus part aux discussions depuis 1997). Ces principes envisagent les étapes suivantes : le retour des réfugies azéris du Haut Karabagh et des territoires l’encerclant (pendant la guerre, l’armée du Karabagh soutenue par l’Arménie, a occupé sept régions azéries encerclant la région autonome soviétique du Haut Karabagh) suivi d’un référendum tenu au Haut Karabagh sur le statut de l’enclave, dont les résultats devront être reconnus par toutes les parties prenantes.

Les rencontres suivantes entre les présidents azéri et arménien, Ilham Alyiev et Robert Kotcharian, ont toutefois échoué à produire un accord final. Après la dernière rencontre de ce type, qui a eu lieu a Saint-Petersbourg en Russie le 12 juin dernier, l’apathie semble dominer les esprits des négociateurs. La plupart des experts sont de l’avis qu’aucun sommet azéri-arménien effectif ne pourra être envisagé avant la fin des élections présidentielles en 2008 dans les deux pays. En particulier, dans une récente interview avec l’agence de presse APA, Novruz Mamedov, un officiel de haut rang dans l’équipe du président azéri, a déclaré qu’une rencontre des présidents Alyiev et Kotcharian serait envisageable lors du sommet CEI d’octobre a Duchambé. «Mais je ne peux dire ce que serait l’objectif d’une telle rencontre », a precisé Mamedov.

Cette perspective d’impasse signifie que l’inimitié entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie risque bien de perdurer et même de s’amplifier. Plus alarmant encore, les pertes humaines le long des frontières, aussi bien militaires que civiles, vont continuer (une douzaine de morts sont dénombrés chaque année en dépit du cessez-le-feu officiel).

Les médiateurs

Pendant presque toute la période d’après-guerre, les Etats-Unis, la France et la Russie ont joué le rôle de médiateurs dans la résolution du conflit du Haut-Karabagh. Un fait caractérise ce conflit : il a jusqu’à présent été neutre aux intérêts des « grandes puissances ». Alors qu’ailleurs ces grandes puissances ont eu de nombreux désaccords, elles se sont ici toutes trois montrées solidaires en servant d’arbitre équitable, c’est-à-dire qu’elles adhèreraient à n’importe quelle solution sur laquelle arméniens et azéris seraient d’accord. Cette position est en contraste flagrant avec, par exemple, le cas du Kosovo, où les pays occidentaux appellent à la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo, alors que la Russie s’y oppose. Dans une interview récente avec le quotidien de Moscou Vremia Novestei, le député-secrétaire assistant Matthew Bryza, qui est actuellement le co-président du Goupe de Minsk, déclare :

« Il existe trois principes majeurs qui influenceront les discussions à propos de la résolution du conflit du Haut-Karabagh : le refus d’utiliser la force, la reconnaissance du droit à l’intégrité territoriale et les droits de nations à disposer d’elles mêmes (droit d’autodétermination). Je pense que dans n’importe quel conflit, en Géorgie, en Moldavie ou dans le Caucase, si les peuples cherchent une solution pacifique il est possible de trouver un compromis entre ces principes. En tant que médiateur, je ne peux déterminer quel statut nous obtiendrons au final (…) Peut-être les élus de ces nations décideront qu’il serait mieux pour le Karabagh d’être indépendant ? Ou bien décideront-ils que la région disputée doit être part de l’Azerbaïdjan avec un haut niveau d’indépendance ? Il n’est pas de mon ressort d’en décider…»

Cette déclaration du diplomate américain n’a pour l’heure pas été objet de rejet de la part de la France ou de la Russie, dans la lignée des pratiques antérieures, lorsque les représentations de cette co-présidence ont émis des déclarations au nom des trois pays. Evidemment, l’interview reconnaissant la possibilité de l’indépendance du Karabagh a été plébiscitée côté arménien et critiquée côté azéri.

Une telle position des médiateurs n’est en fait pas surprenante puisque, malgré la compétition existant entre les trois pays (notamment dans le Sud Caucase), ils désirent avant tout préserver la paix dans la région, pour laquelle ils ont différents intérêts (ne serait-ce que le transit pétrolier vers l’occident, un intérêt évident des pays occidentaux). C’est pourquoi ils ont toujours agi conjointement pour réduire le danger de résurgence des hostilités.

L’Azerbaïdjan a été hautement critiqué pour avoir fait d’actives démarches pour augmenter son potentiel militaire. Précisément, le Président Aliyev a déclaré son projet d’avoir un budget militaire égal à l’ensemble du budget d’Etat de l’Arménie (la montée en flèche des revenus des exportations du pétrole peut rendre une telle perspective réaliste dès l’année prochaine). Le secrétaire assistant américain Daniel Fried a été cité par le service azéri de Radio Liberté en août 2007 ayant déclaré « La guerre va devenir une catastrophe pour l’avenir de l’Azerbaïdjan ». En Septembre 2007, le premier ministre arménien Serge Sargsian a exprimé de son côté sa satisfaction face a l’échec de l’Azerbaïdjan d’atteindre son objectif d’un milliard de dollars de budget militaire et a déclaré que son gouvernement visait un budget plus important l’année prochaine et « a fait des efforts additionnels pour préserver l’équilibre militaire. »

Dans la période récente, plus d’organisations internationales se sont dites prêtes à contribuer à la résolution pacifique du conflit (bien que l’OSCE soit reconnue par tous comme l’acteur principal). Parmi elles, l’Union Européenne, dont le représentant spécial, Peter Semneby, a déclaré son projet de visite au Haut-Karabagh cet automne.

Les sociétés

La conséquence la plus alarmante du « gel» persistant du conflit est sans doute le développement toujours plus avant de l’ « image de l’ennemi » dans les sociétés arménienne et azérie. Des deux côtés, les médias (officiels et privés) font la course pour présenter le camp opposé comme le pire peuple du monde. Beaucoup d’argent est dépensé pour informer la « communauté internationale » des meurtres commis par l’adversaire (le mot génocide est largement employé), de la destruction de sites culturels, et même de mélodies volées (pour ne pas mentionner la compétition des scientifiques, chacun essayant de prouver que la nation adverse n’existait pas par le passé sur les territoires qu’elle occupe aujourd’hui).

Les résultats du voyage d’une délégation conjointe le 28 juin dernier sont en ce sens alarmants. Cet évènement réellement sensationnel s’est déroulé peu de temps après l’échec de la rencontre de Saint-Pétersbourg. Une délégation conjointe d’intellectuels arméniens et azéris effectuait un voyage surprise à Stépanakert, Erévan et Bakou. Cet évènement était organisé à l’initiative des ambassadeurs des deux pays à Moscou, et est sans précédent puisque jusqu’alors l’Azerbaïdjan interdisait à ses citoyens tout contact avec l’Arménie, étendant ainsi le blocus économique.

Cependant, les espoirs initiaux qui pensaient que cette visite pourrait ouvrir la voie à au moins une diminution de la méfiance mutuelle, ont pour l’instant été vains. La société arménienne a principalement ignoré cet évènement alors qu’il n’engendrait aucun écho. Et en Azerbaïdjan, la plupart des réactions concernaient la crainte que « des concessions soient faites à l’agresseur arménien ». De plus, il ne semble y avoir aucun signe de préparation d’une pareille rencontre à l’avenir. Ceci montre que les sociétés des deux pays sont malheureusement plus enclines à vivre dans l’inimitié persistante qu’à faire des efforts visant à la réconciliation. Les azéris continueront à marquer le « Jour du Génocide des Azéris » (ce jour férié était établi par le décret présidentiel de mars 1998 qui déclare que les azéris ont été victimes de génocide commis par les arméniens depuis aussi tôt que 1828) ; et les arméniens continueront à marquer le « Jour de Sumgaït ». Lié aux violences de février 1988, cet « anniversaire » n’était pas célébré en Arménie jusqu’au début des années 2000 et est par conséquent le signe d’une atmosphère anti-azérie grimpante de la part des autorités tant que dans la société.

Les experts s’inquiètent de ce que cultiver une « image de l’ennemi » dans les deux sociétés rendra à l’avenir les compromis de la part des leaders politiques encore plus difficiles. De telle sorte que les politiciens risquent fort de devenir otages de leur propre propagande.


* Harountiun Khachatrian est rédacteur en chef de l'agence de presse Noyan Tapan. Il est l'auteur d'un livre portant sur le conflit du Haut-Karabagh écrit en collaboration avec son homologue azéri Ali Abasov, intitulé "Karabakh Conflict. Variants of Settlement: Concepts and Reality", disponible sur le site web www.ca-c.org.

 


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