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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 09:43

Depuis la signature des protocoles arméno-turcs le 14 octobre 2009 à Zurich, un certain vent de panique souffle auprès des autorités azerbaïdjanaises. Outre les discours rassurants d’Ankara sur le concept « une nation, deux Etats », certaines voix s’élèvent parmi les experts internationaux, qui nuancent la capacité de l'Azerbaïdjan à influencer la politique étrangère turque, en particulier à travers ses ressources énergétiques.

 

En effet, il semble que Bakou ait épuisé son potentiel de diktat lié à ses réserves d’hydrocarbures. Car il y a bien longtemps qu’il n'a ni les ressources nécessaires, ni les moyens de diversifier les itinéraires d’évacuer le brut, ni le poids politique pour torpiller la vision stratégique de la Turquie de devenir le principal point de transit pour les hydrocarbures en direction de  l'Europe.

 

Ainsi, l’itinéraire de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) ou le gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzeroum (BTE) pour le transit des ressources de la Caspienne ne peut en aucun cas être changé. De plus, les réserves azerbaïdjanaises ne sont pas suffisantes pour répondre aux ambitions de la Turquie et aux exigences de l'Europe. L'Azerbaïdjan est en mesure de fournir seulement 1/3 du volume du gaz nécessaire au gazoduc BTE, et cela peut à peine satisfaire à la consommation interne de la Turquie.

 

Stratégiquement, le gazoduc BTE a été conçu pour le gaz d'Asie Centrale, et non pas pour celui de l'Azerbaïdjan. En effet, il existe le projet du « Trans-Caspian Gas Pipeline » (TCGP), à savoir un pipeline sous-marin entre Türkmenbachy au Turkménistan, et Bakou. Selon certaines propositions, il comprendra également un lien avec le champ de Tengiz au Kazakhstan. L’objectif du projet de gazoduc Trans-Caspienne est le transport du gaz naturel en provenance du Kazakhstan et du Turkménistan vers l'Europe centrale, en contournant la Russie et l'Iran.

 

Concernant le projet Nabucco, qui est un gazoduc en provenance d'Erzurum donc lié au BTE,  et en direction de  Baumgarten an der Mars en Autriche, il a pour objectif la diversification des fournisseurs actuels de gaz et des itinéraires de livraison pour l'Europe. Le pipeline tente de réduire la dépendance européenne au fournisseur russe. Le projet est soutenu par plusieurs Etats de l'Union européenne et les Etats-Unis.

 

La capacité annuelle du gazoduc Nabucco est de 30 milliards de mètres cubes (m3), et, dans ce contexte, les efforts de l'Azerbaïdjan sont «une goutte d’eau dans l'océan ». Selon les estimations, dans les dix prochaines années, l'Azerbaïdjan sera capable de fournir seulement  5 milliards de m3 de gaz pour ce gazoduc, alors qu'au moins 15 milliards de m3 sont nécessaires pour qu'il puisse être mis en service. La principale source azérie pour Nabucco proviendra de la deuxième phase de l’exploitation champ gazier de Shah Deniz, dont la production devrait débuter en 2013.

 

Pour la mise en service de ce gazoduc, il est prévu également d’intégrer l’apport gazier de l’Egypte et le gaz irakien de la région du Kurdistan d'Irak. L'Iran a également proposé l'approvisionnement en gaz de Nabucco et cela a été soutenu par la Turquie, mais en raison des circonstances politiques actuelles, l'UE et les Etats-Unis sont réticents.

 

De plus, Ankara, a finalisé avec Téhéran un accord sur les détails de la participation de la Turquie dans le projet South Pars en Iran. South Pars est un site d'exploitation offshore de gaz naturel situé à la frontière de l'Iran et du Qatar dans le Golf Persique. Il est considéré comme l'un des plus importants au monde. Les ressources en gaz de South Pars pourraient  intégrer le projet Nabucco si les relations entre l’Iran et les Occidentaux s’améliorent.

 

Pour sa part, la Russie met tout en œuvre pour éviter qu’un pipeline ne soit établi à travers le fond de la mer Caspienne pour le TCGP. En effet, Moscou a proposé à Ankara de rejoindre le projet South Stream qui passera sous la mer Noire et ralliera la Bulgarie, via les eaux territoriales turques. Ce gazoduc peut également acheminer le gaz d'Asie Centrale à travers un gazoduc qui s'étendra le long de la côte nord de la mer Caspienne. De plus, le Projet South Stream réduit le nombre de pays de transit entre l'Asie Centrale et la Turquie à savoir seulement la Russie au lieu de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie. Tbilissi, ayant complètement bouleversé ses relations avec Moscou, la Géorgie est devenu dépendante du gaz azéris, tandis que la Turquie a accordé son quota de gaz aux Géorgiens.

 

Trois semaines après la conclusion d'un accord, à Ankara, sur le futur gazoduc Nabucco, soutenu par l'Union européenne et par les Etats-Unis, Moscou riposte en se tournant à son tour vers la Turquie. Les efforts déployés par le Premier ministre russe, Vladimir Poutine et son homologue italien Silvio Berlusconi ont été couronnés de succès. La Turquie a rejoint le projet South Stream le 6 août 2009 concurrent direct du Nabucco. South Stream sera construit par le géant russe Gazprom et par la compagnie italienne ENI.

 

Concernant l’Azerbaïdjan, les 27 et 28 août derniers, des représentants de Gazprom ont visité l'Azerbaïdjan afin d'examiner les aspects techniques des livraisons de gaz azerbaïdjanais à la Russie. Aux termes d'un contrat signé entre GNKAR (Compagnie nationale azerbaïdjanaise de pétrole et de gaz) et Gazprom, ces livraisons doivent débuter en janvier 2010.

 

Il découle de ces différents projets énergétiques les rôles majeurs de la Turquie, de la Russie et à terme de l’Iran. Donc, il faut nuancer le poids de  Bakou qui n’est pas le seul acteur de ces projets et ne peut plus poser à terme d’ultimatum politique avec l’argument de ces ressources énergétiques. Certes, l’Azerbaïdjan garde une certaine marge de manœuvre pour pouvoir influencer  le déroulement de ces différents projets mais son rôle est de plus en plus secondaire.

 

Ainsi, le problème de la sécurité énergétique de l'Europe ne peut être résolus que par les efforts combinés de la Turquie et de la Russie, avec le potentiel énergétique de l'Iran si nécessaire. Dans ce contexte l’Azerbaïdjan devient plus un pays de transit qu’une source d’approvisionnement en énergie fossile. La confirmation de cette tendance tend minimiser la capacité de l'Azerbaïdjan à influencer la politique étrangère de son « grand frère ».

L’Arménie joue un rôle essentiel dans le triangle énergétique Turquie-Iran-Russie. Car au cours des dernières années, la Russie, lentement mais sûrement, a fait de l’Arménie une «place forte de l'énergie électrique». La centrale nucléaire de Metsamor construite pendant les années 1970 à environ 30 km d’Erevan, est équipée de deux réacteurs nucléaires. En raison de son grand intérêt économique pour le pays, elle doit rester en exploitation jusqu'en 2016.

De plus, le Parlement arménien a approuvé, le projet de construction d’un nouveau réacteur nucléaire pour la centrale de Metzamor. Les parlementaires ont voté la construction d’un réacteur de 1.200 mégawatts, dont le coût est estimé entre 4 et 5 milliards de dollars et dont la construction devrait être achevée d’ici à 2017.

 

L’Arménie se trouve a l’intersection de deux réseaux électriques (Nord-Sud post-soviétique et Est-Ouest nouvelle), cette situation géographique fait jouer à l’Arménie le rôle d’un transformateur électrique, d’une électricité exportable vers des pays à larges besoins: Iran, Turquie, et même la  Russie.

 

Aux termes de l'accord irano-arménien, Erevan livrera 3 kWh d'électricité pour chaque mètre cube de gaz naturel iranien. Le gazoduc reliant l'Iran à l'Arménie a été construit en deux étapes en 2005-2006. Selon les estimations approximatives, Erevan devrait exporter 3,3 milliards de kWh vers l'Iran, alors que sa production annuelle d'électricité s'et chiffrée à 6,114 milliards kWh en 2008.

 

La signature des protocoles arméno-turc ouvre la voie également à la mise en œuvre de l’accord d’approvisionnement d’électricité arménienne à la Turquie. Le volume initial des exportations d’électricité vers la Turquie devrait atteindre 1,5 milliards de kw/h par an.

 

Ainsi l’Arménie a  la volonté de devenir un fournisseur d'électricité de la Turquie et de l’Iran, en recevant ainsi un revenu d'exportation. Même si l'Arménie parvient à des projets d'accords avec l'Iran ou la Turquie, c'est au prix d’une co-signature aux côtés de la Russie. Outre l’énergie nucléaire de nombreux projets existent, y compris pour les énergies renouvelables : hydroélectricité puis, plus récemment, dans l’énergie  solaire et éolienne.

 

Il s'agit d'une diplomatie des petits pas où des relations bilatérales et parfois trilatérales se mettent en place en vue de constituer une épine dorsale électrique complémentaire de l’énergie fossile. Dans le rapport de forces établi au Caucase, les choix énergétiques des républiques d’Arménie, d’Azerbaïdjan et de Géorgie sont dépendants des grands pays voisins et les conflits gelés ou non ne doivent pas faire oublier les réalités de coopération, fussent-elles voilées ou empreintes de rivalité, avec la Russie, l'Iran et la Turquie.

 

Alen Ter-Markossian

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 12:17

« Saakachvili joue et perd » dans la partie d’échecs qui avait débuté il y a 16 ans contre le géant russe et bien le Mikheil de New York polyglotte a belle et bien perdu contre Dimitri (Medvedev) mais plus précisément contre Vladimir (Putin) de Saint Petersburg.
Dorénavant l’intégrité territoriale de la Géorgie ne fait plus parti des projets russes. Apres la reconnaissance de leur indépendance à moyen ou long terme l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud feront probablement partie de la Russie. C’est la réponse de Moscou à l’indépendance du Kosovo comme à l’élargissement continue de l’OTAN.
C’est dans ce contexte que la Turquie à proposer le Pacte de paix en vue de maintenir la stabilité dans le Caucase. Ce "pacte" se présente comme un analogue de l’OSCE au niveau de la région. Il convient d’ajouter que des tendances à l’amélioration des rapports entre Ankara et l’Arménie sont également observées. C’est probablement l’argument majeur en faveur de la paternité de la Turquie en ce qui concerne la création de ce Pacte de paix dans le Caucase.
En effet dans ce context Ankara se presente pour devenir en quelques sorte le gendarme caucasien et pourrait influer sur le regelement des conflits en fonction de ces intêrets ou ceux de ces allies comme Bakou et Tblissi. Les volets du dossier arménien pese neanmoins lourd pour pouvoir se présenter totalment impartial aux yeux de la communautés international (reconnaissance du genocide de 1915, blocus economique de l’Arménie suite au conflit du Haut Karabakh)d’où la necessité de faire des gestes d’apaisement.
Il ne manque que l’Iran, qu’il est difficile de laisser, qu’on le veuille on non, en dehors de la région caucasienne. D’autant que les intérêts d’Ankara et de Téhéran sont presque semblables sur plusieurs d’entre eux. Par exemple, en ce qui concerne le problème kurde, l’Iran et la Turquie se trouvent sur une même longueur d’ondes, excluant toute forme d’Etat kurde.
Les intérêts économiques des Etats s’avancent plus en plus nettement au premier plan. Le secteur du gaz est, semble-t-il, le plus prometteur pour les deux pays. L’Iran possède d’immenses réserves gazières (deuxième place après la Russie), la Turquie offre la possibilité exceptionnelle de transporter le combustible bleu en Europe. D’autant que l’intéressement mutuel des parties à la coopération dans le domaine du gaz s’accroît, car le projet Nabucco qui a fait tant de bruit piétine.
A propos, du point de vue des Européens ou des Américains, le rôle de leader de ce Pacte de paix dans le Caucase lui conviendrait parfaitement, compte tenu de ses états de service. Le seul point qui donne à réfléchir est son habitude de demander l’avis de la Maison Blanche. C’est pourquoi l’attitude du Caucase envers un potentiel leader turc sera probablement partagée. A suivre...

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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 10:54

" L'hégémonie est aussi vieille que l'humanité… " 
Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la Sécurité Nationale aux États-Unis

L'expression " Nouveau Moyen-Orient " a été présentée au monde en juin 2006 à Tel Aviv par la Secrétaire d'État étatsunienne Condoleezza Rice (qui a été créditée par les médias occidentaux de l'avoir inventée) en remplacement de l'expression plus ancienne et plus imposante du " Grand Moyen-Orient. "

Ce changement dans la phraséologie de politique étrangère coïncidait avec l'inauguration du terminal pétrolier Bakou-Tbilisi-Ceyhan en Méditerranée Orientale. L'expression et le concept de " Nouveau Moyen-Orient, " ont été plus tard annoncés par la Secrétaire d'État US et par le Premier ministre israélien au sommet du siège israélien du Liban parrainé par les anglo-étatsuniens. Le premier ministre Olmert et la Secrétaire Rice avaient informé les médias internationaux que le projet d'un " Nouveau Moyen-Orient " était lancé depuis le Liban.

Cette annonce confirmaient une " feuille de route militaire " anglo-israélo-étatsunienne au Moyen-Orient. Ce projet, qui était planifié depuis plusieurs années, consiste à créer un champ d'instabilité, de chaos, et de violence, s'étendant du Liban, Palestine et Syrie, à l'Irak, au golfe Persique, à l'Iran et aux frontières de l'Afghanistan tenu par l'OTAN.

Le projet du " Nouveau Moyen-Orient " était présenté publiquement par Washington et Tel Aviv avec l'espoir que le Liban serait le point de tension, pour la réorganisation entière du Moyen-Orient, permettant le déchaînement les forces du " chaos constructeur. " Ce " chaos créateur " -- qui crée l'état de violence et de guerre dans toute la région -- sera pour sa part utilisé de sorte que les USA, la Grande-Bretagne et Israël, puissent redessiner la carte du Moyen-Orient en fonction de leurs besoins et objectifs géostratégiques.

La nouvelle carte du Moyen-Orient

La Secrétaire Condoleezza Rice a déclaré lors d'une conférence de presse : " Ce que nous voyons ici, concernant la destruction du Liban par des attaques israélienne contre lui, est dans un sens la croissance -- les douleurs de l'enfantement -- d'un ' Nouveau Moyen-Orient ', et tout ce que nous (les USA) faisons c'est de nous assurer de pousser en avant pour ne pas revenir à l'ancien. " (1) La Secrétaire Rice était aussitôt critiqué mondialement pour ses déclarations sur le Liban et pour son indifférence à la souffrance d'une nation entière, qui était bombardé sans distinction par l'armée de l'air israélienne.

La feuille de route militaire anglo-US au Moyen-Orient et en Asie Centrale

Le discours de Condoleezza Rice sur le " nouveau Moyen-Orient " déterminait l'étape. Les attaques israéliennes sur le Liban -- qui étaient entièrement approuvées par Washington et Londres -- ont davantage compromis et confirmé l'existence des objectifs géostratégiques des USA, de la Grande-Bretagne, et d'Israël. Selon le professeur Mark Levine les " néolibéraux globalisateurs et les néoconservateurs, et en fin de compte l'administration Bush, s'accrocheraient à la destruction créatrice comme à une manière de tracer le processus par lequel ils espèrent créer leurs nouveaux ordres mondiaux, " et cette " destruction créatrice était aux USA dans les mots du néoconservateur philosophe et conseiller de Bush, Michael Ledeen, ` une considérable force révolutionnaire ' pour (…) la destruction créatrice… " (2)

L'Irak occupé par les Anglo-étatsuniens, en particulier le Kurdistan irakien, semble être un terrain d'entraînement à la balkanisation (fractionnement) et à la finlandisation (pacification) du Moyen-Orient. Déjà le cadre législatif -- sous l'intitulé fédéralisation irakienne du parlement irakien --, pour la partition de l'Irak en trois parties est sorti. (Voir la carte ci-dessous)

De plus, la feuille de route militaire anglo-étatsunienne semble rivaliser avec une entrée en Asie Centrale via le Moyen-Orient. Le Moyen-Orient, l'Afghanistan, et le Pakistan sont des tremplins pour étendre l'influence US dans l'ancienne Union Soviétique et ses anciennes républiques soviétiques d'Asie Centrale. Le Moyen-Orient est dans une certaine mesure la ligne sud de l'Asie Centrale. L'Asie Centrale à son tour est aussi nommée " la ligne sud de la Russie " ou le " Proche Étranger " russe.

De nombreux érudits russes et d'Asie Centrale, planificateurs militaires, stratèges, conseillers de sécurité, économistes, et politiciens, considèrent que l'Asie Centrale (la ligne sud de la Russie) est le " ventre mou " de la Fédération de Russie. (3)

Il convient de noter que dans son livre, Le grand échiquier : La suprématie américaine et ses impératifs géostratégiques, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la Sécurité Nationale US, fait allusion au Moyen-Orient moderne comme à un levier de contrôle d'une région qu'il appelle les Balkans Eurasiens. Les Balkans Eurasiens se composent du Caucase (Géorgie, Azerbaïdjan et Arménie) et de l'Asie Centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan, Afghanistan, et Pakistan) et dans une certaine mesure de l'Iran et de la Turquie. L'Iran et la Turquie formant les lignes les plus au nord du Moyen-Orient (en excluant le Caucase) (4) qui borde l'Europe et l'ancienne Union Soviétique.

La carte du " Nouveau Moyen-Orient "

Une carte du Moyen-Orient, de l'Afghanistan aux mains de l'OTAN, et du Pakistan, passablement ignorée, circule dans les milieux stratégiques, gouvernementaux, de l'OTAN, de la politique et des cercles militaires, depuis mi 2006. Elle a donné l'occasion d'une apparition publique, peut-être pour tenter d'établir un consensus, ou pour préparer lentement le grand public aux possibles, et peut-être même cataclysmiques, changements au Moyen-Orient. C'est la carte d'un Moyen-Orient refondu et restructuré, assimilée au " Nouveau Moyen-Orient. "

CARTE DU NOUVEAU MOYEN-ORIENT



Note : La carte ci-dessus a été préparée par le Lieutenant-colonel Ralph Peters. Elle a été publiée dans le Armed Forces Journal en juin 2006. Peters est colonel retraité de l'Académie Nationale de Guerre US. (Carte sous Copyright 2006 du Lieutenant-colonel Ralph Peters).

Bien que la carte ne reflète pas officiellement la doctrine du Pentagone, elle a servi dans un programme de formation au Defense College de l'OTAN pour les officiers supérieurs militaires. Cette carte, ainsi que d'autres cartes semblables, a servi à la National War Academy aussi bien que dans les cercles de planification militaire.

Cette carte du " Nouveau Moyen-Orient " semble reposer sur plusieurs autres, dont des cartes plus anciennes des frontières potentielles du Moyen-Orient remontant à l'ère du Président US Woodrow Wilson et de la Première Guerre Mondiale. Cette carte est exhibée et présentée comme une invention du Lieutenant-Colonel retraité (de l'armée US) Ralph Peters, qui pense que les frontières remodelées de la carte résoudront totalement les problèmes du Moyen-Orient contemporain.

La carte du " Nouveau Moyen-Orient " était un élément clef du livre du Lieutenant-Colonel retraité, Ne jamais abandonner le combat, qui a été diffusé au public le 10 juillet 2006. Cette carte d'un Moyen-Orient refondu a aussi été publiée, sous le titre Frontières de sang : À quoi ressemblerait un meilleur Moyen-Orient, dans le Armed Forces Journal des militaires étatsuniens avec le commentaire de Ralph Peters. (5)

Il convient de noter que le dernier poste du Lieutenant-colonel Peters fut la charge de Chef d'État-major adjoint pour le Renseignement, au Département de la Défense US, et il fut l'un des auteurs les plus en avant du Pentagone, avec de nombreux essais sur la stratégie pour les journaux militaires et la politique étrangère étatsunienne.

Il a été écrit, sur Ralph Peters, que ses " quatre livres précédents sur la stratégie ont été très influent au gouvernement et dans les cercles militaires ", mais on sera pardonné de demander si vraiment le contraire pourrait en fait arriver. Ce pourrait-il que le Lieutenant-Colonel Peters soit en train de révéler et de proposer ce que Washington et ses planificateurs stratégiques ont prévu pour le Moyen-Orient ?

Le concept d'une refonte du Moyen-Orient a été présenté comme un arrangement " humanitaire " et " juste ", qui bénéficiera aux peuples du Moyen-Orient et de ses régions périphériques. Selon Ralph Peter :

" Les frontières internationales ne sont jamais tout à fait justes. Mais le degré d'injustice qu'elles infligent à ceux qu'elles forcent à se regrouper ou à se séparer fait une énorme différence -- souvent la différence entre la liberté et l'oppression, la tolérance et la barbarie, l'autorité de la loi et le terrorisme, ou même la paix et la guerre.

Les frontières les plus arbitraires et les plus dénaturées du monde sont en Afrique et au Moyen-Orient. Dessinées par des européens intéressés (qui ont eu assez de difficultés à définir leurs propres frontières), les frontières de l'Afrique continuent à provoquer la mort de millions d'autochtones. Mais les injustes frontières du Moyen-Orient -- pour emprunter à Churchill -- génèrent plus de malheurs qu'il ne peut en être consommé sur place.

Alors que le Moyen-Orient a beaucoup moins de dysfonctionnements frontaliers que de problèmes -- de stagnation culturelle à travers l'inégalité scandaleuse du mortel extrémisme religieux -- le plus grand tabou pour tenter de comprendre l'échec complet de la région n'est pas l'Islam, mais les terribles et sacro-saintes frontières internationales adorées par nos propres diplomates.

Naturellement, aucun ajustement frontalier, aussi draconien soit-il, ne pourra rendre heureuse chaque minorité du Moyen-Orient. Parfois, les groupes ethniques et religieux vivent mélangés et mariés entre eux. Ailleurs, les sociétés fondées sur le sang ou la croyance ne sauraient se montrer aussi heureuses que leurs partisans actuels l'attendent. Les frontières projetées dans les cartes accompagnant cet article réparent les maux dont souffrent les groupes de population " trompées " les plus significatives, comme les Kurdes, les Balouchs et les Arabes Chiites (musulmans), mais elles échouent toujours à constituer un Moyen-Orient convenable pour les chrétiens d'orient, les Béhaistes, les Ismaéliens, les Naqshbandis et de nombreuses autres petites minorités. Et un mal obsédant ne peut jamais être réparé par une gratification territoriale : le génocide Arménien commis par l'Empire Ottoman agonisant.

Malgré toutes les injustices des frontières ré-imaginées ici, laissant des sans adresse sans révisions de frontières majeures, nous ne verrons jamais un Moyen-Orient plus paisible. Même pour ceux abhorrant le sujet d'altération des frontières, il serait très utile de se lancer dans l'exercice de tenter de concevoir une plus prometteuse, même si elle est encore imparfaite, modification des frontières nationales entre le Bosphore et l'Indus. En admettant que le savoir de l'homme d'État international n'a jamais développé d'outils efficaces -- rien que la guerre -- pour réajuster les frontières boiteuses, un effort mental pour comprendre les frontières " organiques " du Moyen-Orient nous aide cependant à comprendre l'ampleur des difficultés auxquelles nous faisons, et aurons à faire, face. Nous avons affaire à des difformités colossales créées par l'homme, qui ne cesseront d'engendrer haine et violence tant qu'elles ne seront pas corrigées.
" (6)

" Souffrance nécessaire "

En plus de croire qu'il existe une " stagnation culturelle " au Moyen-Orient, on doit noter que Ralph Peters admet que ses propositions sont " draconiennes " par leur nature, mais il insiste sur le fait que ce sont les souffrances nécessaires des peuples du Moyen-Orient. Cette vue de douleur nécessaire et de souffrance est un parallèle effrayant avec la conviction de Condoleezza Rice pour qui la dévastation du Liban par les militaires israéliens était une souffrance nécessaire ou les " douleurs de l'enfantement " du " Nouveau Moyen-Orient " qu'envisagent de créer Washington, Londres, et Tel Aviv.

De plus, il vaut la peine de noter que le sujet du Génocide arménien est politisé et ravigoté en Europe pour offenser la Turquie. (7)

La révision, le démantèlement, et le remontage des états nations du Moyen-Orient ont été emballés comme la solution aux hostilités du Moyen-Orient, mais c'est carrément trompeur, faux, et fictif. Les avocats d'un " Nouveau Moyen-Orient " et de la refonte des frontières de la région évitent et échouent à décrire sincèrement les racines des problèmes et des conflits au Moyen-Orient contemporain. Ce que les médias ne reconnaissent pas est le fait que presque tous les conflits principaux affligeant le Moyen-Orient sont la conséquence des ordres du jour anglo-israélo-étatsunien.

De nombreux problèmes affectant le Moyen-Orient contemporain résultent de l'aggravation délibérée des tensions régionales préexistantes. La division sectaire, la tension ethnique et la violence interne ont été généralement exploitées par les USA et la Grande-Bretagne dans diverses régions du globe, dont l'Afrique, l'Amérique Latine, les Balkans, et le Moyen-Orient. L'Irak est juste l'un des nombreux exemples de la stratégie anglo-étatsunienne du " diviser et vaincre. " D'autres exemples sont le Rwanda, la Yougoslavie, le Caucase, et l'Afghanistan.

Le manque de véritable démocratie est parmi les problèmes du Moyen-Orient actuel. En fait, elle avait été délibérément entravée par la politique étrangère des USA et des Anglais. La " démocratie " de style occidental a été une exigence seulement pour ces États du Moyen-Orient ne se conformant pas aux demandes politiques de Washington. Invariablement, cela constitue un prétexte de confrontation. L'Arabie Saoudite, l'Égypte, et la Jordanie sont des exemples d'États non démocratiques avec qui les USA n'ont aucun problème parce qu'ils sont solidement alignés dans l'orbite ou la sphère anglo-étatsunienne.

En plus, les USA ont délibérément bloqué ou supplanté les véritables mouvements démocratiques du Moyen-Orient, depuis l'Iran en 1953 (où un coup parrainé par les USA et le Royaume-Uni a été mis en scène contre le gouvernement démocratique du premier ministre Mossadegh), jusqu'à l'Arabie Saoudite, l'Égypte, la Turquie, les Émirats Arabes, et la Jordanie, où l'alliance anglo-étatsunienne soutient le contrôle militaire, les absolutistes, et les dictateurs de toutes sortes. Le dernier exemple en est la Palestine.

La protestation turque au Military College de l'OTAN à Rome

La carte du " Nouveau Moyen-Orient " du Lieutenant-colonel Ralph Peters a déclenché des réactions irritées en Turquie. Selon des communiqués de presse turcs du 15 septembre 2006, la carte du "Nouveau Moyen-Orient " a été montrée au Military College de l'OTAN à Rome en Italie. On a en plus signalé que les dirigeants turcs ont été aussitôt outrés par la présentation d'un partage et d'un morcellement de la Turquie (8). La carte a reçu une certaine forme d'approbation de la National War Academy étatsunienne avant sa divulgation devant les dirigeants de l'OTAN à Rome.

Le Chef d'État-Major turc, le Général Buyukanit, a contacté le président du Chef Adjoint d'État-major étatsunien, le Général Peter Pace, et a protesté contre l'événement et l'exhibition de la carte de refonte du Moyen-Orient, de l'Afghanistan, et du Pakistan (9). De plus, le Pentagone a abandonné sa façon de garantir à la Turquie que la carte ne reflète pas la politique officielle et les objectifs étatsuniens dans la région, mais cela semble être en conflit avec des actions anglo-étatsuniennes au Moyen-Orient et en Afghanistan sous mainmise de l'OTAN.

Y a-t-il un lien entre le projet des " Balkans Eurasiens " de Zbigniew Brzezinski et le " Nouveau Moyen-Orient " ?

Ce qui suit sont des extraits et des passages importants du livre de Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier : La suprématie américaine et ses impératifs géostratégiques. Brzezinski déclare aussi que la Turquie et l'Iran, les deux États les plus puissants des " Balkans Eurasiens, " situés sur la ligne sud, sont " potentiellement vulnérable aux conflits ethniques internes (balkanisation), " et que, " si l'un ou les deux devaient être déstabilisés, les problèmes internes de la région deviendraient incontrôlables. " (10)

Il semble que l'Irak divisé et balkanisé serait le meilleur moyen d'accomplir cela. Prenant ce que nous savons des propres confessions de la Maison Blanche ; il y a une croyance en ce que la " destruction et le chaos créateurs " au Moyen-Orient sont des atouts bénéfiques à son remodelage, pour réorganiser le " Nouveau Moyen-Orient, " et promouvoir la feuille de route anglo-étatsunienne au Moyen-Orient et en Asie centrale :

" En Europe, le mot " Balkans " évoque des images de conflits ethniques et de rivalités régionales de grandes puissances. L'Eurasie a aussi ses " Balkans, " mais les Balkans eurasiens sont beaucoup plus grands, plus peuplés, plus hétérogènes en religions et ethnies. Ils sont situés dans ce grand rectangle géographique qui délimite la zone centrale de l'instabilité mondiale (…) qui embrasse des régions du sud-est de l'Europe, de l'Asie Centrale et des régions du sud de l'Asie (Pakistan, Cachemire, ouest de l'Inde), la région de Golfe Persique, et le Moyen-Orient.

Les Balkans eurasiens forment le noyau intérieur de ce grand rectangle (…) ils diffèrent de leur régions externe d'une manière particulièrement significative : Ce sont un vide hégémonique. Bien que la plupart des États du Golfe Persique et du Moyen-Orient soient aussi instables, la puissance US est l'arbitre suprême de cette région. La région instable dans la zone externe est ainsi une région sous l'hégémonie d'une seule puissance, qui est modérée par cette hégémonie. Par contraste, les Balkans eurasiens évoquent vraiment les plus anciens et plus familiers Balkans du sud-est de l'Europe : Non seulement ce sont des entités politiques instables mais elles tentent et invitent l'intrusion de leurs plus puissants voisins, chacun d'eux étant déterminé à s'opposer à la domination des autres sur la région. C'est cette combinaison familière de vide hégémonique et d'aspiration au pouvoir qui justifie l'appellation " Balkans eurasiens. "

Les Balkans traditionnels représentaient un enjeu géopolitique potentiel dans la lutte pour la suprématie européenne. Les Balkans Eurasiens, à cheval sur le réseau de transport émergeant inévitablement censé relier plus directement les richesses et les travailleurs des extrémités occidentales et orientales d'Eurasie, ont aussi une importance géopolitique. D'ailleurs, ils sont d'importance du point de vue de la sécurité et des ambitions historiques d'au moins trois de leurs voisins les plus proches et plus puissants, à savoir, la Russie, la Turquie, et l'Iran, avec la Chine qui montre aussi un intérêt politique croissant pour la région. Mais les Balkans Eurasiens sont infiniment plus importants comme enjeu économique potentiel : Une énorme concentration de réserves de gaz naturel et de pétrole est localisée dans la région, en plus d'importants minerais, dont de l'or.

La consommation énergétique mondiale augmentera extrêmement, sans doute, dans les deux ou trois décennies suivantes. Les évaluations du Département de l'Énergie US prévoient que la demande mondiale augmentera de plus de 50 pour cent entre 1993 et 2015, avec l'augmentation de consommation la plus importante en Extrême-Orient. L'impulsion du développement économique asiatique produit déjà une énorme pression sur l'exploration et l'exploitation de nouvelles sources d'énergie, et la région de l'Asie Centrale et du bassin de la Mer Caspienne sont connus pour contenir des réserves de gaz naturel et de pétrole qui éclipsent celles du Koweït, du Golfe du Mexique, ou de la Mer du Nord.

L'accès à ces ressources et le partage de sa richesse potentielle représentent les objectifs qui agitent les ambitions nationales, motivent les intérêts des entreprises, ravivent des revendications historiques, raniment des aspirations impériales, et alimentent des rivalités internationales. La situation se fait plus volatile du fait que non seulement la région est un vide hégémonique mais elle est aussi intérieurement instable.

(…)

Les Balkans eurasiens incluent neuf pays, qui d'une façon ou d'une autre s'accordent à la description précédante, plus deux autres candidats potentiels. Les neuf sont le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan, le Turkménistan, l'Azerbaïdjan, l'Arménie, et la Géorgie -- tous faisant partie autrefois de l'ancienne Union Soviétique --, ainsi que l'Afghanistan.

Les ajouts potentiels à la liste sont la Turquie et l'Iran, tous deux beaucoup plus viables politiquement et économiquement, tous deux concurrents actifs pour l'influence régionale dans les Balkans Eurasiens, et aussi les deux acteurs géostratégiques importants de la région. En même temps, tous deux sont potentiellement vulnérables aux conflits ethniques internes. Si l'un, l'autre ou les deux, devaient être déstabilisés, les problèmes internes de la région deviendraient ingérables, pendant que les efforts pour restreindre la domination régionale de la Russie pourraient même devenir vains. " (11)

La refonte du Moyen-Orient

Le Moyen-Orient est à certains égards un parallèle saisissant des Balkans et du centre-sud de l'Europe durant les années menant à la Première Guerre Mondiale. Suite à la Première Guerre Mondiale les frontières des Balkans et du centre-sud de l'Europe ont été refondues. Cette région a expérimenté une période de bouleversements, de violences et de conflits, avant et après la Première Guerre Mondiale, résultant directement d'intérêts et d'interférences économiques étrangers.

Les raisons derrière la Première Guerre Mondiale sont plus sinistres que l'explication standard des livres scolaires, l'assassinat de l'héritier au trône de l'empire austro-hongrois (les Habsbourg), l'archiduc Franz Ferdinand, à Sarajevo. Les facteurs économiques étaient la vraie motivation de la guerre à grande échelle de 1914.

Normand Dodd, ancien banquier de Wall Street et enquêteur pour le Congrès US, qui a examiné les institutions US exemptées d'impôts, a confirmé lors d'une entrevue en 1982 que ces individus puissants, qui contrôlaient en coulisses les finances, les politiques, et le gouvernement US, avaient en fait aussi comploté l'intervention US dans une guerre qui contribuerait à fixer solidement leur mainmise sur le pouvoir.

Le témoignage suivant est la transcription de l'entrevue de Normand Dodd avec G. Edouard Griffin :

Nous sommes maintenant en 1908, l'année où la Fondation Carnegie entra en fonction. Cette année là, les administrateurs se réunissant pour la première fois soulevèrent une question précise dont ils discutèrent d'une manière très savante du début à la fin du bilan de l'année. La question était : Y a-t-il un moyen connu plus efficace que la guerre pour réaliser le souhait de changer la vie d'un peuple entier ? Et ils concluent qu'il n'existe à cette fin aucun moyen connu plus efficaces que la guerre. Ensuite, en 1909, ils soulevèrent la deuxième question, et discutèrent d'elle, à savoir, comment impliquerons-nous les Etats-Unis dans une guerre ?

Hé bien, je doute qu'à cette époque il y avait dans la pensée de la majeure partie des gens de ce pays (États-Unis) un sujet plus éloigné que leur participation à une guerre. Il y avait des émissions irrégulières sur la guerres des Balkans, mais je doute beaucoup qu'un grand nombre de gens savaient même où se trouvaient les Balkans. Et en définitive, ils répondirent ainsi à cette question : nous devons contrôler le Département d'État.

Et puis, cela souleva très naturellement la question : Comment ferons-nous cela ? Ils y répondirent en disant, nous devons prendre la direction et le contrôle de la machine diplomatiques de ce pays et, à la fin, ils décidèrent de s'atteler à cet objectif. Puis, le temps passant, nous avons fini par être dans une guerre qui sera la Première Guerre Mondiale. À ce moment-là, ils ont enregistré dans leurs minutes un rapport choquant selon lequel ils expédient au Président Wilson un télégramme l'avertissant de s'assurer que la guerre ne finisse pas trop vite. Et finalement, naturellement, la guerre se termina.

À ce moment-là, leurs intérêts se déplacèrent pour empêcher ce qu'ils appelaient un retour à la vie d'avant 1914 aux États-Unis, quand éclata la Première Guerre Mondiale.

Refondre et démembrer le Moyen-Orient, depuis les rivages méditerranéens orientaux du Liban et de la Syrie jusqu'à l'Anatolie (Asie Mineur), l'Arabie, le Golfe Persique, et le plateau iranien, répond aux larges objectifs économiques, stratégiques et militaires, qui font partie d'un ordre du jour anglo-israélo-étatsunien de longue date dans la région.

Le Moyen-Orient a été conditionné par des forces extérieures dans un baril de poudre prêt à exploser avec un bon déclencheur, peut-être le lancement de raids aériens anglo-américains et/ou israéliens contre l'Iran et la Syrie. D'une guerre élargie au Moyen-Orient peuvent résulter des frontières redessinées stratégiquement avantageuses pour les intérêts anglo-israélo-US.

L'Afghanistan aux mains de l'OTAN a été divisé avec succès, entièrement sauf son nom. L'animosité a été inséminée au Levant, où une guerre civile palestinienne est nourrie et est menée au Liban une campagne de divisions. La Méditerranée orientale a été militarisée avec succès par l'OTAN. La Syrie et l'Iran continuent à être diabolisés par les médias occidentaux, en vue de justifier une action militaire. Pour leur part, les médias occidentaux nourrissent, quotidiennement, de notions incorrectes et partiales, selon lesquelles les populations irakiennes ne pourraient pas coexister et le conflit ne serait pas une guerre d'occupation mais " une guerre civile " caractérisée par des différends internes entre chiites, sunnite et kurdes.

Les tentatives pour créer intentionnellement de l'animosité entre les différents groupes ethnico-culturels et religieux du Moyen-Orient ont été systématiques. En fait, elles font partie d'un ordre du jour secret soigneusement conçu et réfléchi.

Bien plus inquiétant, de nombreux gouvernements du Moyen-Orient, tels que celui d'Arabie Saoudite, aident Washington à fomenter des divisions entre populations. L'objectif final étant d'affaiblir le mouvement de résistance contre l'occupation étrangère par la " stratégie du diviser et vaincre " qui sert les intérêts anglo-israélo-étatsunien dans la région entière.


Mahdi Darius Nazemroaya est auteur indépendant à Ottawa, spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient et d'Asie Centrale. C'est un Chercheur Associé du Center for Research on Globalization (CRG).

Notes

1 Briefing spécial sur le voyage au Moyen-Orient et en Europe de la Secrétaire d'État Condoleezza Rice, Washington, DC. Le 21 juillet 2006. http://www.state.gov/secretary/rm/2006/69331.htm

2 Professeur Mark LeVine, ``The New Creative Destruction``, Asia Times, le 22 août 2006. http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/HH22Ak01.html

3 Professeurr Andrej Kreutz; The Geopolitics of post-Soviet Russia and the Middle East, Arab Studies Quarterly (ASQ), Association of Arab-American University Graduates, Washington D.C., janvier 2002. http://findarticles.com/p/articles/mi_m2501/is_1_24/ai_93458168/pg_1

4 Le Caucase, ou la Caucasie, peut être considéré comme une région du Moyen-Orient ou comme une région séparée.

5 Lieutenant-Colonel (retraité) Ralph Peters; ``Blood borders: How a better Middle East would look``, Armed Forces Journal (AFJ), juin 2006 http://www.armedforcesjournal.com/2006/06/1833899

6 Ibid

7 Crispian Balmer; French MPs back Armenia genocide bill, Turkey angry, Reuters, 12 octobre 2006.

James McConalogue; French against Turks: Talking about Armenian Genocide, The Brussels Journal, 10 octobre 2006. http://www.brusselsjournal.com/node/1585

8 Suleyman Kurt; Carved-up Map of Turkey at NATO Prompts U.S. Apology, Zaman (Turkey), 29 Septembre 2006. http://www.zaman.com/?bl=international&alt=&hn=36919

9 Ibid

10 Zbigniew Brzezinski; The Grand Chessboard: American Primacy and Its Geo-strategic Imperatives, Basic Books, New York, 1998 http://www.perseusbooksgroup.com/basic/book_detail.jsp?isbn=0465027261

11 Ibid

Original : Global Research, 18 novembre 2006.

Traduction de Pétrus Lombard.


Article de Mahdi Darius Nazemroaya

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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 11:49
Assurer la sécurité du Caucase et en partie du Moyen Orient est inconcevable et inséparable sans la stabilité en Géorgie, en Arménie et en Azerbaïdjan. C’est précisément pourquoi la Russie et les Américains se disputent le rôle de leadership géopolitique dans le Sud Caucase depuis l’effondrement de l’URSS dans cet espace.

Le Sud Caucase ne cessera jamais d'étonner la communauté l'international, restant une zone de tension :
• les dernières tensions économico-politiques entre la Géorgie et la Russie.
• les déclarations régulières azéris au sujet d'employer probablement la force pour régler le problème du Haut-Karabagh.
• l'emphase de l’Arménie à augmenter ses capacités de défense.

Tout ceci indique certainement que la situation militaire-politique dans la région est compliquée et peut être en voie de détérioration. La militarisation du Sud Caucase a atteint un pic critique, les budgets militaires combinés de ces trois pays transcaucasien atteint à plus de 1.5 milliards $ par an !

Selon l'institut de recherche international de paix de Stockholm (SIPRI) et Institue pour la guerre et la paix basé à Londres (IFWP), les budgets des militaires de l'Azerbaïdjan, l'Arménie, et de la Géorgie se développent sans connaître un ralentissement et plus rapidement que les dépenses pour la défense dans la plupart des autres pays, et beaucoup plus rapidement que leurs taux de croissance (jusqu'à 40 fois plus rapidement).

En juin 2007, en Géorgie le budget militaire était de 303 millions de $, pour Arménie 264 millions de $, et pour l'Azerbaïdjan plus de 900 millions de $. Il y a 75 tanks et 85 pièces d'artilleries pour un million d’habitants du Sud Caucase : C’est plus élevé par comparaison que pour la Turquie ou l'Iran. L'actuellement le Sud Caucase est devenu des régions les plus militarisées du monde. Les états indépendants du Sud Caucase possèdent les arsenaux militaires comparables à ceux des pays européens moyens. Les forces armées de l'Azerbaïdjan comptent 70.000 personnes, les forces armées arméniennes 45.000, et les troupes géorgiennes en 2006 comptaient 32.000 personnes.

Hormis les arsenaux militaires de ces trois états reconnus internationalement, il faut également comptabiliser les arsenaux des trois républiques non reconnues (Abkhazie, Ossétie du Sud et Haut-Karabagh) qui sont entièrement comparables à ceux des états reconnus. Les forces armées d'Abkhazie comptent 5.000 personnes, celle d’Ossétie du Sud 3.000 et celle du Haut-Karabagh entre 15.000 à 20.000. En termes de puissance de feu, les forces armées d'Abkhazie et d’Ossétie du Sud sont pratiquement égales à La Géorgie. La Géorgie a de 80 à 100 tanks, l’Abkhazie 100 et l’Ossétie du Sud 87. Les nombres d'artilleries lourds (plus de 122 millimètres) sont 117, 237 et 95 respectivement. Le matériel militaire lourd de l'armée de Karabakh inclut : 316 tanks, 324 véhicules blindés, 322 pièces d'artillerie de calibres plus de 122 millimètres, 44 lanceurs multiples de fusée, et un nouveau système de défense anti-aérien. Ces chiffres sont impressionnants.

Le gouvernement géorgien a presque doublé ses dépenses pour la défense en 2007 : de 303 millions de $ à 566 millions de $. La dépense militaire de Tbilissi s’élèveront à 723 millions de $ pour l'année 2008.
Le budget militaire de l'Azerbaïdjan s'est développé de 146 millions de $ en 2004 à presque 1 milliards de $ cette année, sans oublier les discours belliqueux de ces dirigeants et la politique de propagande anti-arménienne des autorités de Bakou.

Le gouvernement géorgien et azéri note que les raisons de ces dépenses additionnelles avait pour but l’accélération des réformes militaires requises pour rejoindre l'OTAN.

Les dépenses pour la défense de l'Arménie ont augmenté de 350% par rapport à 2000 (l'Arménie a assigné presque 150 millions de $ pour la défense en 2006 et presque 264 millions de $ cette année).

Les dépenses pour la défense de l'Azerbaïdjan ont été multiplié par 8 ; Les dépenses pour la défense de la Géorgie ont augmenté par dix (au début de 2006, il était seulement 77 millions de $). A la vue de ces chiffres les pays de Sud Caucase ont vu une montée subite dépense militaire au cours de 2006 et de 2007.

Ces faits sont inévitablement une source de souci pour la Russie et ses associés dans l'organisation CEI et du Traité de Sécurité Collective (CSTO), particulièrement donné le déséquilibre évident des forces parmi États de Sud Caucase et cela peut devenir une source d’instabilité et de menace. Clairement, la région est témoin d'une augmentation dangereuse d'activité militaire.

Les gouvernements, les ministères de la défense, et les analystes porte une attention particulière à cette région. La raison principale de cela est persistance de la politique de Washington de déstabiliser la situation dans le Moyen-Orient et le Caucase du sud. Avec la crise de l'Iran est sa forte escalade probablement vers un conflit armé, la Transcaucasie
est peut être dans la proximité dangereuse d’une guerre. D'une manière plus importante, les architectes de la politique globale considèrent le problème d’une transformation à long terme de grande envergure du grand Moyen-Orient vers l'Américanisation de cette région et un « Nouveau Moyen-Orient ». En effet, le Caucase du sud ne devrait pas être un obstacle à ces plans (au moins) ; elle pourrait même les faciliter (tout au plus).

Le principal objectif des Etats-Unis et de ses alliés de l'OTAN demeurent inchangé : intégration des trois états de la Transcaucasie dans La communauté Euro-Atlantique, et expulsion de la Russie de la région. De plus, l’adhésion européenne pour les pays du Sud Caucase n'est même pas une possibilité hypothétique ; c’est le principal instrument pour leur intégration Euro-Atlantique et le bloc militaire de l'OTAN. Dans la vue de Washington, le Caucase devrait être la prochaine étape de l’expansion de l’OTAN - et on pense que la meilleure option est l’accession simultanée vers l'OTAN pour l'Azerbaïdjan, l'Arménie, et la Géorgie.

Au sommet d'Istanbul de l'OTAN en 2004, la région du Sud Caucase était incluse parmi les zones prioritaires de l'OTAN. La coopération de l'OTAN avec des pays dans cette région est basée sur Plan d'action individuelle d'association(IPAP). En 2004, le premier ministre arménien a établi une commission interministérielle pour coordination l'exécution de l'IPAP de l'Arménie avec l'OTAN. L'IPAP de la Géorgie a été adopté en 2003, et celui de l'Azerbaïdjan en mai 2005. Les Etats-Unis se sont employés à une aide financière politique pour les pays dans cette région pour limiter le rôle de la Russie et pousser graduellement la Russie hors du Caucase.

Au cours des 12 dernières années, les Américains ont fourni autour 1.3 milliard de $ d'aide vers la Géorgie - comprenant de l'aide militaire. Selon la revue américaine « Jane’s Sentinel », les Américains ont dépensé 64 millions de $ sur l’entrainement et les équipements de 2002-04.
La Géorgie a reçu un total de 98 millions de $ d’aide militaires des USA durant cette période. Cette somme a soulevé la Géorgie à la 20eme place dans les pays associés étrangers de Washington. Dans les trois précédentes années, la Géorgie avaient reçu seulement 18 millions de $ des Etats-Unis, et elle se place à 41eme rang parmi les destinataires d'aide des USA.
Ces chiffres sont prises du rapport « Collatéral Damage » édité par le « Center for Public Integrity » basé sur une année de journalisme d’investigation. Il ne faut donc pas s’étonner de la visite de George Bush à Tbilissi en mai 2005

Un autre programme américain, « Sustainment and Stability Operations » en Géorgie (en cours depuis 2005), a coûté $60 millions. D'ailleurs, les Etats-Unis fournissent également une aide par le financement militaire étranger (FMF) et international et par les Programmes militaires d'éducation et de formation (IMET). En 2005, le FMF et l’IMET a fournie à la Géorgie respectivement 11.9 millions et 1.4 millions de $ (la même somme est censé être maintenu en 2006 et 2007). Washington a fourni à la Géorgie un total d'autour 74 millions de $ d'aide militaire en 2005 : plus que le double qu’en 2004 (30 millions de $).

Le Pentagone arme également intensivement l'Azerbaïdjan. Ceci est indiqué dans un rapport du centre pour l'information de la défense : Bakou a reçu pour une valeur de 14 millions de $ d’armes des Etats-Unis ces dernières années. « Les Etats-Unis emploient les ventes d'armes comme récompense pour ses alliés dans la guerre contre le terrorisme » indique le rapport. Elle note également que l'Azerbaïdjan a reçu plus de 27 millions $ d’aide militaire de Washington dans les cinq années passés. Le budget des USA pour 2007 et 2008 inclut davantage vers l'aide militaire et que les ventes d'armes vers l'Azerbaïdjan. Le projet de budget présenté au congrès par la Maison Blanche propose d'assigner la valeur de 5.3 millions de $ d’aide militaire vers l'Azerbaïdjan.

Washington ne néglige pas l'Arménie non plus. Le 1er août, les Etats Unis ont présenté le bataillon du maintien de la paix du ministère arménien de la défense avec 3 millions de $ en armes et équipements. Ceci a été fourni en partie par le programme de FMF. Le programme prévoit de fournir 8 millions de $ d'ici 2009 afin d'établir des bataillons de maintien de la paix arménien qui coopérera avec l'OTAN. Le projet de budget a présenté au congrès par la Maison Blanche propose d'assigner la somme de 3.3 millions de $ comme aide militaire vers l'Arménie.

Ainsi, la politique des Etats-Unis dans cette région est facilitée par son militarisation. Washington a développé et met en application des projets pour affaiblir l'influence de la Russie dans le Caucase autant que possible - en termes économiques, politiques, et militaires. De plus la GUAM l'alliance entre la Géorgie-Ukraine-Azerbaïdjan-Moldavie est renforcée comme alternative à l'influence russe. Il y a également des projets pour la formation d’une alliance militaire entre l'Azerbaïdjan-Turquie-Géorgie.

Les changements fondamentaux de l'équilibre des forces régional peuvent devenir irréversibles si les pays du Sud Caucase intègrent l'OTAN, comme un système « plus efficace » de sécurité. Le Secrétaire Général de l'OTAN Jaap Hoop Scheffer a visité Tbilissi récemment, rencontrant les ministres géorgiens pour discuter les perspectives pour l'accession de la Géorgie vers l'OTAN (la Géorgie a des espoirs de lancer un programme d'adhésion de l'OTAN au printemps de 2008). De plus, si les USA projettent d’installer des éléments du bouclier anti-missile dans le Caucase. Cela placerait la Transcaucasie deviendra comme une ligne de front - et ainsi une zone à haut risque.



Depuis 1991, la Russie a indiqué que le Sud Caucase est une zone d'intérêts stratégiques prioritaires car celui qui domine la Transcaucasie domine également la mer Caspienne et l’accès vers l'Asie centrale et le Moyen-Orient. De ce point de vue, la région est importante pour les intérêts stratégiques de la Russie.

Un des objectifs les plus importants de Moscou est de retenir les développements de la présence américaine dans le Caucase du sud, même si l’Europe et les Etats-Unis essayent de pousser la Russie hors de cette région.

La dominance russe dans le Caucase du sud n'est pas seulement une question de « rétablissement de l'impérialisme. » de la Russie. En effet, assurer la stabilité des pays de la Transcaucasie est une condition préalable fondamentale pour le développement pacifique et l'intégrité territoriale de la Russie elle-même.

La Russie est également un état de Caucase. Sept régions de la fédération russe (Adygué, Inguchetie, Daghestan, Kabardino-Balkarie, Karachaevo-Tcherkessie, Ossétie du Nord, Tchétchénie) sont situées dans le Caucase du nord. Assurant la sécurité dans le Caucase russe est inconcevable en dehors, et inséparable de la stabilité en Géorgie, Arménie, et en Azerbaïdjan. C'est dans cet objectif que la Russie veut maintenir la conduite géopolitique dans Caucase du Sud depuis la dissolution de l'URSS.

Par conséquent l'intérêt intense de la Russie pour les événements autour de l’Abkhazie, d’Ossétie du Sud et le Haut-Karabagh. La stabilisation de la situation dans ces territoires est alignée avec les intérêts nationaux de la Russie.

Les pays immédiats de la région ont à plusieurs reprises exprimé l'opinion que Moscou n'a aucune politique strict-défini et coordonnée concernant le Sud Caucase. En effet, La Russie à la suite de l’effondrement de l’URSS n'était pas dans une bonne situation dans les années 90 ; Moscou était incapable de poursuivre une politique logique par rapport à l'Arménie, l'Azerbaïdjan, et la Géorgie.

Les résultats de ceci ont été perceptibles : La Géorgie regarde de nos jours vers Bruxelles et Washington, alors que l'Azerbaïdjan regarde vers Bruxelles, Washington, et Ankara. L'Arménie, pour sa part tient compte des intérêts régionaux de la Russie et partage dans une certaine mesure les mêmes intérêts, d’où l’intensité de ces relations avec Moscou. Ainsi, la politique de Moscou dans le Sud Caucase ne devrait nullement être considérée comme un échec complet.

Tandis que la Géorgie considère qu'elle a des raisons indiscutables de joindre l’OTAN, Arménie a des raisons d'hésiter. L'Arménie n'en voit pas d’avantages particuliers pour elle dans la perspective d’intégrer l'OTAN ou que l’alliance atlantique contrôle la région. En fait, elle a des appréhensions justifiables que ceci pourrait avoir un effet nocif pour les intérêts arméniens. L'Arménie reste le vari associé stratégique de la Russie dans le Caucase du sud. Cette association est basée sur une politique étrangère selon le principe du maintien de l'équilibre entre les intérêts de divers blocs militaro-politiques dans lequel la région du Caucase est directement concernée. Cette politique est associable aux meilleurs intérêts de l'Arménie au stade actuel.

Les relations de la Russie avec l'Azerbaïdjan se sont également améliorées.
L'association stratégique entre la Russie et l’Azerbaïdjan se développe : dans les domaines économiques, les questions humanitaires, et beaucoup d'autres domaines de coopération bilatérale. 2006 était l’année de l’Arménie et en 2007 celle de l’Azerbaïdjan en Russie
Le commerce entre les deux pays a connu une croissance de plus de 50% entre 2005 et 2006, et s'élève maintenant à plus 1.6 milliard de $.

Naturellement, l’influence russe dans la région à reculer mais elle se maintient et reste présente et connait une certaine croissance dans certain domaine depuis la présidence de Poutine. Ce dernier à conduit une politique dans le Caucase du sud très pragmatique.

Source: SIPRI, IFWP, International Crisis Group, Armenian News Network/Groong

Alen Ter Markossian
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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 18:25















Cela fait 17 ans que les pays du Sud Caucase (Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie) ont accéder à l’indépendance. Cette indépendance c’est fait dans la douleur.

  1. Conflit Arméno-Azéri dans le Haut Karabakh
  2. Conflit Ossète-Géorgien en Ossétie du Sud
  3. Conflit Abkhaz-Géorgien en Abkhazie

Sans oublier le conflit Tchéchène et la guerre civile en Géorgie. Des conséquences sociales (réfugiés, nettoyage et discrimination ethnique, pogroms…) et économique (blocus turco-azéri, frontières fermés…)

Deux stratégies s’opposent pour restaurer la stabilité.

La « Pax Russia » basé sur le retour de la Russie puissance héritière de l’URSS dans la région pour éviter l’escalade militaire et garantir la stabilité en privilégiant le statut quo acquis après 1994 avec le concours de l’allié iranien.

  1. Indépendance de facto de la République Haut-Karabagh.
  2. Etat-satellite de la Russie avec l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie
  3. Privilégier les partis pro-russes dans le Sud-Caucase.
  4. Utiliser l’arme économique (Gaz) ou ethnique (Arménien du Djavakh en Géorgie, Talychs ou Lezguiens en Azerbaïdjan) pour garder une influence politique dans le Sud-Caucase

La « Pax America» basé sur des considérations plus économiques que politiques à travers un allié de taille dans la région à savoir la Turquie.

  1. Miser sur les richesses énergétiques et leur évacuation pour développer économiquement le Sud Caucase et pousser les 3 républiques à coopérer.
  2. C’est la formule « pétrole contre terre » ou bien « argent contre indépendance ».
  1. Libéraliser et démocratiser les sociétés du Sud-Caucase pour effacer l’héritage des  tensions ethniques.
  2. Favoriser les parties pro-occidentales.
  3. Moderniser les armées du Sud-Caucase en partenariat avec l’OTAN pour réduire leur dépendance face à la Russie.

De plus s’oppose dans cet espace deux notions contradictoires:

L’intégrité  territoriale.

Frontière hérités de l’URSS qui a causé l’éclatement des différents conflits. La stratégie soviétique était simple « diviser pour régner ». Aujourd’hui il parait difficile de revenir aux frontières apres ces ruptures sanguines, pour autant aucune puissance n’est prête à prendre la responsabilité de l’autodétermination    

L’auto-détermination

Arméniens du Haut Karabakh, Ossètes, Abkhazes revendiquent leur droit de l’auto-détermination pour disposer de leur destin. Apres leurs victoires sur le terrain militaire face aux armées azéri et géorgienne, elles doivent se battre également sur le terrain diplomatique.

Aujourd’hui les grandes puissances ont peur du précédant que peut crée l’indépendance du Kosovo.

Il est certain que le statut quo, les souvenirs des morts et l’absence d’échange entre les sociétés a encrée le désire de ces petites républiques (Haut-Karabagh, Ossétie du  Sud, Abkhazie) à être maître de leur destin. Il est temps pour la communauté internationale d’avoir le courage de prendre des responsabilités et d’être imaginatif en trouvant des formules de compromis pour la stabilité de la région, la restauration de la confiance ethniques et de la paix pour que toute la région puisse connaître une croissance économique et sociale.

Alen Ter Markossian

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16 mars 2006 4 16 /03 /mars /2006 09:52

Conféderation du Sud Caucase : l'avis des experts régionaux

www.regnum.ru/english/605466.html

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29 décembre 2005 4 29 /12 /décembre /2005 15:57

Par Eva KOCHKAN
Le 01/03/2000

 

Entretien avec Charles Urjewicz, professeur à l'INALCO.

 

RSE: En quels termes définiriez-vous la présence russe aujourd'hui dans le Caucase ?

Charles Urjewicz : La présence russe est, je dirais, "naturelle" au nord des monts Caucase, dans les limites de l'Etat russe tandis qu'il y a une présence russe beaucoup plus légère, beaucoup plus discutée, dans le sud -Caucase. La présence russe découle tout d'abord de l'histoire: la Russie est présente dans la région depuis le XVIIIe siècle. C'est un vieux rêve. Une partie de cette région en particulier dans le sud-Caucase avait établi des liens avec la Russie dès le XVIe siècle et ces liens sont devenus relativement importants à partir du XVIIe. Donc cette présence russe aujourd'hui va de soi pour qui se coltine un peu l'histoire; évidemment elle devient problématique si on la confronte avec ce qui se passe en Tchétchénie…

Justement comment expliquez-vous la situation exceptionnelle de la Tchétchénie par rapport aux autres républiques du nord-Caucase ?

Il faut s'entendre sur le type de présence russe envisagé. Il y a deux types de présence russe dans le nord-Caucase :une présence militaire comme en Tchétchénie et puis une présence de populations russes . Une grande partie du nord-Caucase est aujourd'hui majoritairement russe : ce sont les populations autochtones qui sont minoritaires, elles ont été chassées au XIXe siècle, ou assimilées, intégrées par la suite. Mis à part les Tchétchènes personne ne s'imagine vivre de manière indépendante.Des arguments sont échangés avec Moscou: à partir de la Loi fédérale russe, on cherche à arracher un peu plus d'autonomie, à obtenir un peu plus de libertés mais que ce soit au Daghestan, en Ossétie ou en Balkarie, on ne remet pas vraiment en cause l'intégration de chacune de ces républiques à la fédération de Russie.

La Russie est également présente en Transcaucasie…

La présence russe est aujourd'hui essentiellement stratégique: une des républiques, l'Azerbaïdjan, n'a pas la moindre base russe, tandis que l'Arménie et la Géorgie abritent des bases russes. Mais tandis que l'Arménie considère que la présence de bases russe est un élément essentiel à sa sécurité, la Géorgie considère la présence russe comme une atteinte à sa souveraineté dans la mesure où la Russie a imposé à la Géorgie la cession de bases en 1993, cession qui a été négociée contre une aide militaire russe à la Géorgie dans la guerre contre les Abkhazes.

Mais à côté de cette présence militaire, la Russie n'exerce-t-elle pas aussi par d'autres moyens une influence sur la vie politique des pays de Transcaucasie ?

Comme toute puissance, la Russie profite des faiblesses des autres Etats. Lorsque ces faiblesses sont aussi flagrantes que celles de l'Azerbaïdjan incapable de se défendre face aux Arméniens au Haut-Karabagh, les Russes ont à ce moment-là un extraordinaire terrain de manœuvre. Les Russes ont tout intérêt à aider les uns ou les autres pour mieux contrôler la situation. Je me souviens par exemple qu'en 1992, lorsque j'étais là-bas, il était ahurissant d'observer que les militaires russes offraient leurs services, tel jour aux Azéris, tel jour aux Arméniens. Ils avaient été facilement corrompus; et cela arrangeait très bien les intérêts du centre…Mais encore faut-il être prudent parce qu'on désigne par le "centre"; ce n'est pas "Moscou", ce n'est pas "la Russie".

En effet, quels sont les intérêts aujourd'hui de la Russie ? Il y a mille intérêts russes depuis l'effondrement de l'URSS. A l'époque soviétique il y avait une politique, déterminée par le bureau politique et distillée à travers tous les organes de pouvoir. Aujourd'hui je crois qu'il y a des politiques russes qui de temps à autres se rejoignent.. Mais je dirais que globalement ce qui me frappe aujourd'hui ce n'est pas la politique russe dans le Caucase mais plutôt l'absence de politique …Il n' y a aucune cohérence, aucune politique, il y a des "coups". Ces coups peuvent être très marquants, très visibles, comme la 1ère guerre de Tchétchénie; l'intervention russe peut s'exercer aussi ponctuellement lorsque l'occasion se présente; j'ai parlé du Karabagh, on peut parler de l'Abkhazie, de l'Ossétie…On observe d'ailleurs que la Russie aurait pu, si elle l'avait voulu, détacher définitivement l'Abkhazie de la Géorgie; la Géorgie n'avait aucun moyen de s'y opposer.

La Russie ne l'a pas fait: elle a en 1993 monnayé son aide, après avoir aidé les Abkhazes, afin de ramener la Géorgie sur le droit chemin et opérer ainsi un retour militaire dans la région. Mais est-ce que cela fait vraiment une politique ? Disons qu'il y a quelques constantes : notamment la difficulté de rompre avec le passé, une sorte de légitimité impériale qui ne repose plus sur une possibilité de peser durablement, lourdement, sur les évènements. Il y a quelques "coups", quelques réussites, quelques situations bloquées qui arrangent peut-être les intérêts de Moscou, mais je crois qu'il est trop simple d'accuser la Russie de tous les maux…

Ne pensez-vous pas justement que les indépendances des pays de Transcaucasie laissent aujourd'hui plus de marge de manœuvre à des acteurs locaux dans le règlement des conflits ?

On a vu effectivement arriver dans la région tout un ensemble d'autres acteurs; américains, turcs, iraniens. La Russie s'est alors sentie agressée en voyant d'autres puissances rêvant de la chasser de la région. Mais les "coups" russes s'intègrent également dans un contexte particulier. En effet, les directions politiques des trois républiques sont notoirement incapables d'arriver à des solutions. La Russie mène certes un jeu dangereux mais la plus grande part de responsabilité est à mon avis à chercher du côté des gouvernements locaux.

Ils sont instables, et confrontés à des situations internes très difficiles, des situations économiques déplorables. Aujourd'hui à Bakou, symbole du pétrole, il y a des coupures permanentes d'électricité…

On a donc des Etats dans lesquels la démocratie s'installe très difficilement. Et il est évident que les problèmes et les conflits territoriaux qui ont pour cadre la Transcaucasie se répercutent très rapidement dans le débat politique, d'une certaine façon le pourrissent et empêchent toute évolution de ces Etats. A chaque fois qu'on s'approche d'un compromis, on bute sur un écueil terrible qui est l'absence de courage politique d'un personnel politique qui découvre la vie politique et pour lequel les mots, les émotions, sont plus importants qu'une analyse politique assumée..

Et le tout s'intègre dans un contexte géopolitique régional dans lequel l'attitude de la Russie est très contradictoire. Ce qui s'est passé pendant le conflit de 1992-93 est tout à fait caractéristique: il a opposé aux Géorgiens les Abkhazes, plusieurs centaines de Tchétchènes dont Bassaiev, des cosaques russes , c'est-à-dire que les ennemis combattaient ensemble. On a là je crois, une extraordinaire photographie, un extraordinaire instantané de ce qu'est le Caucase, c'est-à-dire que les alliances d'aujourd'hui ne sont pas celles d'hier, ni celles de demain. On est sur un terrain extraordinairement mouvant où les intérêts immédiats dictent leur conduite aux uns et aux autres.

En est-il de même en ce qui concerne la Tchétchénie ?

En ce qui concerne la Tchétchénie, mon point de vue est le suivant.Dès 1991, tout était biaisé. Après le putsch d'août, Eltsine et son équipe ont été incapables de gérer tous les problèmes périphériques et notamment la question tchétchène. Ils ont porté sur les fonts baptismaux l'indépendance tchétchène, parce qu'elle leur convenait, parce qu'ils pensaient qu'ils pourraient la contrôler. Or , ils se sont aperçus très vite qu'ils ne contrôlaient absolument rien. Très vite la Tchétchénie est devenue un haut lieu de trafics en tous genres…

Plutôt que de laisser les Tchétchènes régler leurs problèmes eux-mêmes, le Kremlin a, au cours des années 92-94, établi des liens avec des éléments pas toujours recommandables. La Russie s'est retrouvée en 1994 entraînée dans la guerre par ses propres fautes, par son absence totale de capacité d'analyse politique alors que les universitaires russes avaient produit des études utiles qui auraient pu permettre au Kremlin de mieux gérer la question tchétchène. Fin 1994, la décision d'une intervention lourde a provoqué une véritable implosion de la société tchétchène.

Les Tchétchènes sont de plus en plus contraints après 1996 à entrer dans l'illégalité pour s'en sortir. Les jeunes sont confrontés à un chômage massif; les structures traditionnelles qui fonctionnaient jusqu'alors avec une efficacité remarquable vont s'effondrer également sous les coups d'un certain nombre de forces criminelles et de forces intégristes. Pour les wahhabites, détruire un peu plus la société traditionnelle, c'est créer un terrain plus propice parce que la société traditionnelle, les clans, s'opposaient très violemment à leur influence. Le problème de l'intervention russe est qu'elle replace les wahhabites dans la société alors qu'ils en étaient exclus parce qu'ils étaient considérés comme dangereux, excessifs. La Russie elle-même s'est placée dans une situation intenable: elle n'a respecté aucun engagement, elle a donné très peu d'argent et les quelques roubles qui ont été donnés pour la reconstruction du pays ont été détournés, comme d'habitude.

De fait, en 1999, peu importe qui a armé le bras de Bassaïev, était-ce Ben Laden, était-ce les services secrets russes , peu importe, peut-être étaient-ce les deux à la fois d'ailleurs… Si la situation a dégénéré à ce point c'est en grande partie à cause de la Russie qui n'a rien fait au cours des trois dernières années : au moins stabiliser Maskhadov, ce n'est pas évidemment pas un idéal mais la question n'est pas là.

De quoi ont peur aujourd'hui exactement les Géorgiens face au conflit en Tchétchénie ?

Ils ont peur de l'extension de la guerre sur le territoire géorgien, c'est la première peur, une peur physique. Et ils ont peur aussi de retomber sous la domination d'une Russie agressive qui, à travers de la reconquête de la Tchétchénie, verrait son appétit augmenter.

Mais ne croyez-vous pas que la Géorgie joue là également un jeu vis-à-vis de l'Occident ?

Oui, elle joue évidemment ce jeu mais elle se rend compte aussi que l'Occident ne fera pas grand-chose en sa faveur. Elle découvre d'ailleurs que l'Occident n'est pas très fiable de ce point de vue là. La guerre en Tchétchénie lui montre qu'elle doit tenir compte avant tout de la Russie.

A un degré moindre, les Azéris découvrent aussi que les choses sont beaucoup plus complexes qu'ils l'imaginaient, que le pétrole n'est pas aussi abondant, que l'évacuation pose problème, que les promesses américaines valent ce qu'elles valent….. Et que la Russie n'est pas loin. Et cela renvoie ces pays à leur histoire, une histoire dure, tragique, marquée par l'occupation russe. Aujourd'hui, la pugnacité de la Russie en Tchétchénie rend les Azéris et les Géorgiens plus modérés. Cela s'est fait en peu de temps, les Géorgiens ont tenté un moment de jouer au plus malin, de jouer à la fois du côté tchétchène et russe et ont compris que cela était extraordinairement dangereux.

Pensez-vous que l'on peut s'attendre malgré tout, du fait de la volonté de ces pays de se rapprocher de l'Europe et de l'OTAN, à ce qu'ils entrent à l'avenir dans une sphère d'influence occidentale ?

Cela n'est pas parti pour, à mon avis. Je n'y ai jamais cru. Ce n'est certainement pas dans une position d'antagonisme face à la Russie que la Transcaucasie gagnera quoi que ce soit. Je crois qu'elle a tout intérêt à mener une politique très modérée. En effet, l'Occident est ce qu'il est; ses intérêts sont quand même relativement modérés dans la région tandis que la Russie, elle, est présente, elle y a plusieurs siècles d'histoire. Il faut espérer tout simplement que la Russie établira des rapports plus normaux, plus civilisés, avec ses voisins et à ce moment-là on trouvera un modus vivendi.

 

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29 décembre 2005 4 29 /12 /décembre /2005 15:48

Par François GREMY à Paris

 

 

La Transcaucasie devrait disposer prochainement d’une voie ferrée reliant Bakou sur la mer Caspienne à Kars en Turquie orientale. Derrière ce projet régional qui renforce le corridor est-ouest, les diplomaties s’activent et s’affrontent.

 Sur fond d’une tourmente à bout de souffle autour des élections législatives azerbaïdjanaises, le groupe de travail pour la coopération économique entre les Etats-Unis et l’Azerbaïdjan s’est réuni, le 1er décembre, en vue de préparer un plan d’action pour les développements à venir. Parmi les priorités dégagées, la candidature de Bakou à l’Organisation mondiale du commerce soutenue par Washington, les finalisations de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) et du gazoduc BTE, ainsi que le projet très controversé d’une voie de chemin de fer Bakou-Tbilissi-Akhalkalaki-Kars.

Cette nouvelle voie de chemin de fer prévoit la construction d’un tronçon de 90 km entre Akhalkalaki (Géorgie) et Kars (Turquie) pour un coût actuellement estimé à 600 millions de dollars. L’enjeu est double.

Economique d’abord. Près de 3 millions de tonnes de marchandises, essentiellement du pétrole, devraient transiter chaque année par cette voie ferrée. Actuellement, le pétrole en provenance du Turkménistan et du Kazakhstan est acheminé par wagons via l’Azerbaïdjan jusqu’aux ports géorgiens sur la mer Noire , à Poti et Batoumi. A l’instar du BTC, cette voie ferrée vers la Turquie a pour ambition de désengorger le trafic pétrolier dans le Bosphore.

Politique ensuite. Par cette nouvelle artère de transport, la Turquie et l’Azerbaïdjan écartent un peu plus l’Arménie de la stratégie régionale de désenclavement sud-caucasien. Cette démarche politico-économique s’inscrit dans les projets existants de contournement de l’Arménie concernant les grands axes de transports énergétiques (BTC, BTE) comme routiers. Aujourd’hui, Ankara et Bakou font le choix de faire payer à Erevan sa victoire au Haut-Karabakh par un isolement appuyé.

Ignorer Giumri

L’Arménie accuse par ailleurs les autorités azerbaïdjanaises, géorgiennes et turques de ne pas prendre en compte une ligne déjà existante, celle reliant Giumri (Arménie) à Kars, afin de rétablir la ligne Bakou-Tbilissi -Giumri-Kars actuellement fermée pour cause d’embargo turc. Lors d'une conférence de presse tenue le 30 août dernier, le ministre des Affaires étrangères arménien, Vartan Oskanian, s'est prononcé contre ce projet de construction et s'est dit prêt à lutter farouchement contre ce plan de construction. "Une fois les conflits résolus, il s'avérera que ces lourds investissements auront été une grave erreur financière", a-t-il déclaré.

Kaan Soyak, co-président du conseil commercial arméno-turc et défenseur de la coopération arméno-turque, s’était également insurgé contre ce projet alors que la ligne Giumri-Kars serait rapidement utilisable moyennant quelques travaux de remise en état.

Lors d’une récente séance de travail à Ankara, les ministres des Affaires étrangères turc et azéri ont réaffirmé la condition d´une évacuation des territoires azéris par les Arméniens en échange de la levée du blocus. Aujourd’hui, il faut encore définir ce que les autorités turques et azerbaïdjanaises entendent par « territoires azéris ». Est-ce l’intégralité du Haut-Karabakh ou la multitude de zones tampons que les Arméniens occupent aux alentours du Haut-Karabakh ? Un sujet épineux que même les autorités azerbaïdjanaises rechignent à aborder.

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