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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 13:59

Le gouvernement arménien a eu un agenda diplomatique chargé pour ce mois d’Octobre 2009. Deux questions d’une importance cruciale ont été à l’ordre du jour, la normalisation des relations bilatérales avec la Turquie et les négociations autour du Haut Karabakh. Depuis la visite en Septembre 2006 du président Abdullah Gül à Erevan, le « tabou arménien » est tombé dans la société turque ainsi q’une barrière psychologique importante dans les deux pays.

La Turquie et l’Arménie préparent depuis le mois d’avril leurs opinions publiques pour normaliser leurs relations bilatérales. Chacun des deux pays doit faire face à son opposition respective et une partie de la diaspora en ce qui concerne Erevan. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont signé le 10 octobre à Zurich (Suisse), dans une atmosphères tendus les protocoles sous le patronage des chefs de la diplomatie américaine, russe, française, européenne et suisse . Le processus sera suivi par la transmission du document aux parlements respectifs pour ratification. 
 Il est sûr que les protocoles, même lorsqu’ils été ont paraphés et signés, peuvent rester de simples morceaux de papiers, s’ils ne sont pas ratifiés par les parlements des deux pays. En ce qui concerne l’Arménie, il existe peu de doute sur la ratification du protocole par l’Assemblée. Toute autre est la position de la Turquie. Des sources fiables affirment que l’Arménie exige des garanties d’Ankara sur la ratification obligatoire des protocoles, mais c’est exactement ce que le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan ne peut pas garantir. Notons que le parlement turc a un certain degré d’indépendance par rapport à l’exécutif qu’il a illustré en 2003 en refusant de permettre le stationnement des troupes américaines sur le sol turc lors du déclenchement de la guerre en Irak.

Les dates des deux rencontres (signatures des protocoles le 10 octobre et rencontre des présidents arménien et azéri le 8 octobre) ont été soigneusement mises au point, car la partie turque ne voulait pas que la signature des protocoles avec l’Arménie aie lieu avant le sommet des présidents, de craintes qu’Erevan ne s’assoit à la table des négociations avec Bakou dans une position plus avantageuse, même si aucune signature de document n’y était prévu.

Mais avant cela, Ahmet Davutoğlu et le président Gül se sont entretenus avec le président et le ministre des affaires étrangères azéri, au Nakhitchevan le 3 octobre, pour examiner les derniers développements. 
 Au sommet du pays turcophones au Nakhitchevan, Gül a de nouveau parlé de la question du Haut-Karabakh comme condition préalable à la normalisation des relations. Erdoğan, pour sa part 24 heures après la signature a rappelé cette même condition pour une éventuelle ratification parlementaire. Ilham Aliev a excité la fibre pan-turquiste avec des déclarations revendicatives sur la région du Zanguezour et après la signature a exprimé son amertume, jetant une ombre sur le concept de « une nation, deux états ».

Selon les principes en vigueurs, la conclusion d’un accord entre deux gouvernements ne crée ni droits ni devoirs aux pays tiers. Néanmoins le processus normalisation des relations arméno-turc, peut être une piste d’accélération au règlement du conflit du Haut-Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Les médiateurs internationaux ont eu des entretiens à Erevan, au début d’une nouvelle tournée du Groupe de Minsk de l’OSCE, et ils se ont également rendus à Stepanakert et à Bakou pour discuter des questions en suspens.

Selon certaines sources turques cité par le journal « Hurriyet », les présidents azerbaïdjanais et arménien ont fait des progrès lors de leurs précédentes réunions, en particulier sur la largeur et l’état du corridor de Latchine. En effet, fin septembre, une délégation de l’OSCE a étudié la situation dans le couloir de Latchine.

Les autorités de Bakou ont réaffirmé qu’elles étaient prêtes à garantir une communication sans entrave entre l’Arménie et le Haut-Karabakh mais souhaitent que le corridor de Latchine demeure une partie reconnue de l’Azerbaïdjan mais donné à l’Arménie « à l’emploie ». Ces déclarations s’inscrivent dans la logique du projet routier « La route de la Paix » proposé par Davutoğlu qui relirait Erzeroum à Bakou en passant par Erevan-Nakhitchevan-Latchine et Stepanakert.
 L’avenir des ex-districts azerbaïdjanais autour du Haut-Karabakh a été l’un des points de blocage. Une divergence existe entre le président Sarkissian, et son prédécesseur Robert Kotcharian. Tout en étant prêt à assurer le retrait de la plupart des ex-districts azerbaïdjanais autour du Haut-Karabakh, Kotcharian avait insisté sur le fait que le couloir des terres restantes soit formellement incorporé dans le Karabakh ou au moins avoir un statut intérimaire. La position de l’administration de Sarkissian sur la question reste floue, elle pencherait pour un couloire large de 25 km.

Les déclarations sont contradictoires en ce qui concerne l’avancement des négociations. Le président azerbaïdjanais a déclaré lors de sa visite au Nakhitchevan que le processus était dans sa phase finale. Pour sa part le président arménien a déclaré qu’il restait beaucoup de travail pour entrevoir une percée importante dans un proche avenir.

Même si la troïka s’est faite plus que discrète sur les modifications apportées à ces propositions en Juillet en Cracovie (Pologne), le statut du Haut-Karabakh semble dans l’impasse, et les espoirs restent néanmoins flous pour un règlement définitif.

On a l’impression que le but de la visite était d’informer l’Arménie, l’Azerbaïdjan et le Haut-Karabakh de l’absence de lien entre le protocole arméno-turc et le processus de paix du Haut-Karabakh, plutôt que la préparation une énième réunion présidentielle arméno - azerbaïdjanaises ou la proposition d’une nouvelle version des principes de Madrid. 
Les co-présidents du Groupe de Minsk ont apparemment cherché à dissiper les rumeurs largement répandues à Erevan, que l’Arménie se serait engagée à faire davantage de concessions à l’Azerbaïdjan dans le cadre de son accord historique avec Ankara. En effet dans une déclaration commune faite à Erevan les co-présidents ont insisté que les négociations du Haut-Karabakh sont un processus distinct, sans conditions préalables avec son propre « timing ».

Lors de sa tournée à la rencontre de la diaspora, Serge Sarkissian a dû faire face à des manifestations d’hostilité de membres de la diaspora qui sont contre la signature des protocoles. Il est indispensable de rappeler que la diaspora est une partie importante de la réalité arménienne. La Diaspora trouve que les relations doivent être rétablies seulement après la reconnaissance du Génocide de la part de la Turquie, et que tout chef de l’État arménien, qui est prêt à reléguer aux oubliettes le génocide arménien ou la mémoire des soldats morts pour la libération de l’Artsakh, devrait, au mieux, donner sa démission, comme se fut le cas de Levon Ter Petrossian en 1996 après ses prises de position défaitiste sur le futur du Haut-Karabakh.

Ces mouvements d’humeurs sont-ils une tentative de « diabolisation » de Sarkissian ? Certains analystes arméniens proches de Levon Ter-Petrossian y voient une « tentative » du tandem Kotcharian-Oskanian de préparer son retour sur la scène politique arménienne. En effet, ce tandem garde un capital sympathie important dans la diaspora à travers le parti Dachnak mais beaucoup moins en Arménie. Notons que Serge Sarkissian est, sur les questions de la normalisation des relations avec la Turquie, en grande partie sur la même ligne que le Congrès National Arménien (CNA) de Ter-Petrossian. 

Cet état de fait appelle quelques remarques. Il apparaît nécessaire de construire des relations avec la Turquie, l’Arménie ne pouvant continuer à vivre en quasi autarcie et prétendre à un développement économique et sociale rapide et durable. De plus ce rapprochement peut faire avancer la cause arménienne dans les cercles diplomatiques. En effet, la normalisation des relations entre l’Arménie et la Turquie est seulement une partie du processus de réconciliation arméno-turc et il ne doit exister aucun malentendu entre l’Arménie et la diaspora.

Il est indispensable de ne pas provoquer une tempête dans un verre d’eau et de ne pas se rabattre sur un patriotisme exacerbé. Il n’est pas question ici d’oublier le sort de près de deux millions d’arméniens exterminés ou chassés de leur foyer historique. Mais il bon de garder à l’esprit, que les arguments sur le « retour des territoires » ou sur le renouvellement des traités internationaux échus peuvent mener à une impasse toutes les démarches diplomatiques et décrédibiliser la diplomatie arménienne sur la scène internationale. L’échec du processus ne ferait qu’amplifier le manque de confiance et l’hostilité dans la région et empêcherait pendant longtemps tout homme politique arménien ou turc de prendre en main le dossier de la normalisation des relations arméno -turques.

Alen Ter-Markossian
Géographe
Collaborateur de Nouvelles d’Arménie Magazine


http://www.armenews.com/article.php3?id_article=55291
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 09:15

Un an après l’élection agité de Serge Sarkissian à la présidence arménienne, la politique étrangère arménienne a connu quelques changements significatifs sous les impulsions du tandem « Sarkissian-Nalbandian » par rapport au duo précèdent « Kotcharian-Oskanian » qui officia de 1998 à 2008. Diplomate du ministère des affaires étrangères de l’URSS sous Andropov de 1983 à 1986, et plus récemment ambassadeur d’Arménie à Paris, Edouard Nalbandian succède à Vartan Oskanian à la tête de la diplomatie arménienne en avril 2008.

 

Le départ des neo-conservateurs de George W. Bush de la Maison Blanches et l’arrivée des démocrates de Barack Obama avec de nouvelles orientations de politiques étrangères est l’un des défis auxquels doit faire face la diplomatie arménienne. L’administration américaine veut renforcer l’influence d’Ankara dans la région et « réinitialiser » ses relations avec Moscou. L’objectif est de se créer un « libre accès » dans le Sud-Caucase pour accéder à l’Asie Centrale afin de sécuriser les sources d’approvisionnement énergétique et les dossiers afghano-pakistanais et plus largement le dossier iranien. Erevan doit intégrer cette nouvelle donne dans sa diplomatie pour ne pas se retrouver isolé et procéder à des concessions.

 

Dans le contexte de la débâcle géorgienne durant la deuxième guerre d’Ossétie du Sud en août 2008 qui a fait de la Géorgie un état « paralysé », la Turquie à proposer le Pacte de paix en vue de maintenir la stabilité dans le Caucase. Néanmoins ce « Pacte » est vide de toute proposition concrète. Ainsi Ankara ambitionne de devenir en quelque sorte le gendarme caucasien et pourrait influer sur le règlement des conflits en fonction de ces intérêts propres ou ceux de ces alliés (Bakou et Tbilissi) et dans une moindre mesure ceux de la Russie dans les volets économiques et énergétiques.

 

Le dossier arménien pèse néanmoins lourd pour pouvoir se présenter telle une blanche colombe aux yeux de la communautés international (génocide arménien, blocus économique) d’où la nécessité de faire des gestes d’apaisement. C’est dans ce cadre que le président turc Abdullah Gül accepta l’invitation de S. Sarkissian d’assister au  match de football Arménie-Turquie le 6 septembre 2008 à Erevan. Un nouveau terme était né chez les diplomates internationaux « la diplomatie du football ».

 

Dans la nuit du 22 avril 2009, à quelques  heures avant la commémoration annuelle du génocide des Arméniens le 24 avril, la Turquie et l’Arménie annoncent qu’elles s’étaient mises d’accord à Genève sur une « feuille de route » visant à la normalisation de leurs relations. C’est dans ce contexte que B. Obama ménagea la Turquie dans son allocution du 24 avril 2009 préférant l’expression arménienne de « Medz Yeghern » (« le Grand mal ») à celui de « Génocide » promis durant sa campagne présidentiel.

 

Il faut en déduire que l’administration américaine à plus qu’encourager Ankara et Erevan à négocier. Les Etats-Unis ont tout intérêt à ce que la Turquie ne prête plus flanc aux critiques car ils comptent sur elle comme intermédiaire entre eux-mêmes et l’Iran comme entre Israël et les Palestiniens. Le nouveau chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu est un artisan de la Turquie comme un « facilitateur de la paix » ou une nouvelle « pax ottomana » aux confins de l’Europe, du Caucase et du Proche-Orient.

 

Le ballet diplomatique et les déclaration contradictoires des différents chefs d’état et des diplomates occidentaux font naître des spéculations quant au contenu de cette « feuille de route » qui est encore secret et nulle ne peut prédire si elle contient des conditions ou pas quant à la normalisation des relations arméno-turque.

Depuis l’arrivée au pouvoir de S.Sarkissian les présidents arménien et azéri Ilham Aliev se sont rencontrés cinq fois en une année. Le rythme soutenu des rencontres est significatif des pressions exercées par le Groupe de Minsk (Etats-Unis, Russie et France) enfin de créer des percées significatives dans le règlement du conflit du Haut-Karabakh. La Russie pour soigner son image diplomatique auprès de la communauté internationale après la guerre en Georgie a fait signer le 2 novembre 2008 à Moscou un document superficiel sur la bonne volonté des présidents Azéri et Arménien pour une solution pacifique. Erevan et Bakou n’avait pas signé de documents conjoints sur le Haut-Karabakh depuis le cessez le feu de mai 1994. Moscou se présente depuis la chute de l’URSS comme la garante de la stabilité dans la région et la seule puissance capable de concilier les intérêts de tous les acteurs de la région, c’est une démonstration de son influence. L’élargissement continue de l’OTAN ou l’admission des républiques sud-caucasiennes au « Partenariat Orientale » de l’UE sont en partie dirigé pour réduire graduellement l’influence russe, c’est le « soft power » atlantiste.

 

Moscou, Washington et l’UE exercent depuis longtemps des pressions importantes sur l’Arménie pour qu’elle se retire au moins de cinq (Agdam, Fizouli, Djebrayil, Koubatly et Zanguelan) des sept régions (excepté Kelbadjar et Latchin) autour du Haut Karabakh en échange d’un referendum sur le statut de la région. Certes, il est impossible de parler de la restitution du Haut-Karabakh à Bakou. Néanmoins, les relations arméno-azéri sont toujours très tendues sur la ligne de cessez le feu. Les arméniens  sont la cible d’un politique étatique xénophobe mise en place par le « Clan du Nakhitchevan » au pouvoir à Bakou et dans une moindre mesure ceux des « Yeraz » (azéris d’Erevan) écarté des cercles dirigeantes depuis l’arrivée au pouvoir d’Ilham Aliev en 2005 succédant au décès de son père Heyder Aliev.

 

La « renaissance » de l’islam avec le Parti pour la justice et le développement (AKP) parti islamo-conservateur, au pouvoir en Turquie depuis 2002 dirigé par le premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le réchauffement armeno-turque est de manière générale contraire aux intérêts de l’Azerbaïdjan. Cependant, l’Azerbaïdjan est en mesure d’avoir une certaine influence sur les décisions d’Ankara. La première forme de pression correspond à un « chantage » économique, en négociant avec Moscou pour le passage du gaz et de ce fait faire capoter le projet européen « Nabucco » ou bien l’augmentation du prix de la fourniture du gaz à la Turquie. La deuxième forme de pression est politique, c’est celle des généraux turcs et de l’armée turque qui peuvent défendre les intérêts de Bakou à Ankara.

 

Une paix « réel » dans le Sud Caucase nécessite deux transformations stratégiques clés. La première est que les intérêts stratégiques de la Russie, ne peuvent pas être ignorés. De croire et de se comporter autrement entraînerait le chaos régional. L'autre clé est que la Turquie et l'Arménie ne peuvent pas rester toujours des adversaires. Il doit y avoir une normalisation de ces relations pour que le Sud Caucase deviennent une région «fonctionnelle». Ironiquement, la Russie et les États-Unis reconnaissent que c'est dans leur intérêt. La Russie voit des relations normales entre la Turquie et l'Arménie en tant que moyen de réduire au minimum la Géorgie de son rôle stratégique dans la région. Le point de vue des États-Unis sur une ouverture à la Turquie comme un moyen de diminution la dépendance de l'Arménie envers Moscou.

 

Ainsi la diplomatie arménienne doit défendre ses intérêts (autodétermination du Haut-Karabakh, reconnaissance du génocide arménien, intégration de l’Arménie dans les corridors de transports d’énergie) malgré les pressions et les influences des acteurs régionaux et internationaux. Sans une diplomatie active, Erevan risque de devenir le maillon faible de la région à long terme. Malgré des marges de manœuvre assez réduite, Erevan dispose néanmoins de quelques possibilités pour résoudre cette équation.

 

Tout d’abord, combler les déficits démocratiques de la politique arménienne. Le manque d’assise populaire du gouvernement arménien depuis les élections présidentielles de 2008 et l’élection municipale d’Erevan en 2009 risque de servir de moyen de pressions enfin de pousser l’Arménie a des concessions sur les sujets du génocide et du Haut Karabakh en contrepartie du lever du blocus.

 

Pour sortir de cet étau une amnistie générale pour les opposants emprisonnés est inévitable. Les autorités doivent également garantir des élections réellement libres et honnets. Cette démocratisation est possible avec la diminution du pouvoir oligarchique qui concentre les richesses et influence les dirigeants politiques. Toutes ces mesures conduiraient à réduire quelques pressions internationales notamment européennes liées aux processus démocratiques en panne.

 

Dans le cadre d’une préservation de l’équilibre des forces dans la région, la diplomatie arménienne à tout intérêt à se rapprocher de l’Europe en tant que facilitateur et moyen de pression sur Ankara pour intensifier le dialogue et que la normalisation aboutisse dans un premier temps par l’ouverture de la frontière arméno-turque. Néanmoins, sans un consensus interne et un soutien populaire profond il serait suicidaire pour les autorités d’Erevan d’accepter des compromis et des conditions sur ce sujet.

 

En parallèle, malgré la crise financière qui a ralenti la croissance économique du « Tigre Caucasien » il est indispensable pour l’Arménie de continuer à prendre part et essayer d’intégrer les projets régionaux pour atténuer son isolement par la construction d’infrastructure de transport (voie ferrée Iran - Arménie) ou d’énergie (oléoduc Tabriz – Yeraskh, raffinerie et central hydroélectrique à la frontière arméno - iranienne) et ainsi renforcer son rôle stratégique.


Nous sommes peut être témoin d’un « Dayton Caucasien » et le tandem « Sarkissian-Nalbandian » doit relever tous ces défis et résoudre toutes ces équations  si elle ne veut pas que la maxime de Thucydide « les forts font comme ils l’entendent, et les faibles souffrent comme il se doit » s’applique aux intérêts arméniens.

 

 

Alen Ter-Markossian

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 13:53

Maintenant que les élections sont passés et que le calme est plus ou moins revenu, la politique étrangère arménienne risque de connaître quelques changement avec la nomination de Edouard (Nalbandian) à la place de Vartan (Oskanian) à la tête de la diplomatie arménienne.

 

Vartan était considéré parfois un peu éloigné des cercles russophiles de l'actuel gouvernement. Aujourd’hui Edouard va s’axer plus sur les « pays amis » comme l’as répéter Serge (Sarkissian) lors de son investiture à savoir Moscou – Téhéran - Paris et dans une moindre mesure le monde arabe.

 

Cette doctrine fut initier par Robert (Kotcharian) mais Vartan, l’homme de Boston était un fervent défenseur de la politique de complémentarité entre Moscou et Washington initié sous LTP et qui a connu aussi son moment de gloire et ses succès  comme le Partenariat Individuel au sein de l’OTAN, les contingents Arménien au Kosovo et en Irak,  mais aussi l’intégration à Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) le bras armé de la CEI pour contrer la GUAM.

 

Avec la nomination d’Edouard,  Paris (où il fut ambassadeur) va jouer le rôle de médiateur dans les relations armeno-turque voir azéri et sera le garant occidental d’Erevan auprès de Washington et de l’UE  et des structures comme l’OSCE et le Conseil de l’Europe. Paris devrait bénéficier de plus en plus d’influence à Erevan.

 

Les relations arméno - azéri sont toujours aussi tendues. Le « Clan du Karabakh » au pouvoir à Erevan est la cible d’un politique étatique xénophobe envers les arméniens mise en place par le « Clan du Nakhitchevan » et ceux des Yeraz (azéris d’Erevan) au pouvoir à Bakou. Washington pousse Bakou a plus de compromis pour le Haut-Karabakh et plus de démocratie à lire les dernières déclarations de Condoleezza Rice.

 

Avec Tbilissi, Erevan a des relations ambiguës car Erevan ne cache pas sa sympathie pour les Abkhazes et les Ossètes du Sud dans leurs luttes pour l’auto-determination et pousse Tbilissi à accorder plus d’autonomie aux Arméniens du Javakheti et de rompre l’isolement socio-économique de la région. Erevan ne cache pas son agacement face aux flirts nourris de Tbilissi avec Bakou mais à très peu de moyen de le contrer. La tension entre Moscou et Tbilissi porte préjudice aux relations arméno – géorgienne.

 

Concernant des relations avec Téhéran, Erevan y ait fortement attaché et joue une rôle de partenaire et d’intermédiaire apprécier par Moscou et Téhéran qui projettent de construire une raffinerie à Meghri (frontière arméno - iranienne) complétant le gazoduc Tabriz – Erevan.

 

Un nouvel acteur fait surface dans la diplomatie arménienne c’est Tel-Aviv. Bailleur de fond de Washington dans le Moyen-Orient. Tel-Aviv consolide les mêmes alliances que Washington à savoir Ankara  - Tbilissi – Bakou pour isoler Téhéran et Damas.

La reconnaissance du génocide arménien à la Knesset et au Congres est utilisée pour rééquilibrer les forces.

 

A suivre

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 13:52

Comme la plus part des observateurs politiques le craignaient le jeu du chat et de la souris entre LTP et Serge a tourné à la violence urbaine et un bain de sang faisant 8 mortes et pas loin d’une centaine de blessé.

Etat d’urgence instauré dans la capitale pour 20 jours, déploiement de l’armée, censure de la presse, arrestations des chefs de file des opposants, de députés accusé de formater un coup d’état et enfin LTP assigné de facto à résidence. L’ordre vaut bien quelques entraves aux principes démocratiques

Une fois les morts enterrée et les prières pour que leurs âmes soient en paix tout les politiques locaux mais surtout la communauté internationale appellent aux dialogues pour sortir le pays de l’impasse politique et qu’au plus vite la vie démocratique retrouve sa place en Arménie.

LTP fidèle à sa stratégie jusqu’au boutiste refuse tout dialogue avec les autorités mais après l’insistance des diplomates de l’OSCE venu renouer le contact. Il envisage même d’organiser des protestations en province là où l’état d’urgence ne s’applique pas. Cela ressemble à une dernière tentative avant qu’il ne demande l’asile politique à l’étranger, car il est dépossédé en grande partie de sa plateforme politique et oligarchique.

Comme en 1996, où LTP et Vano (Siradeghian) avait fait descendre les chars pour mater l’opposition de Vazguen (Manoukian) aujourd’hui c’est Robert et Serge qui ont perdu patience. Il aurait été beaucoup plus judicieux de faire plier au dialogue LTP via l’intermédiaire de la diplomatie européenne par exemple afin d’éviter l’affrontement et les morts. Ainsi l’Arménie serait devenu un exemple de dialogue démocratique dans l’espace post-soviétique.

Laissant le soin à Robert d’avoir fait régner l’ordre, Serge attend patiemment que les esprits se calment pour pouvoir asseoir son autorité de nouveau Président de la République Arménienne et de nommer en avril un premier ministre soit sans étiquette (pour faire un geste de réconciliation) soit Républicain qui regroupera dans son gouvernement quelques membres de l’opposition qui ont accepté sa main tendu durant la période poste électorale (Pays des Lois et FRA).

Ainsi l’état actuel de l’Arménie ne respire pas à pleins poumons le régime démocratique mais une fois l’ordre établi, il incombe à nouveau locataire de la rue du Général Baghramyan (Palais Présidentiel) de réconcilier le peuple avec le pouvoir et les forces de l’ordre mais surtout de démontrer que le pouvoir économique et politique n’est pas aux mains d’une minorité.

A suivre.

Alen Ter Markossian

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 13:50
Le jeu du chat et de la souris continue entre LTP et Serge. Lors de sa dernière intervention à la tribune sur la place de la Liberté LTP invente un nouveau concept de mouvement politique la « révolution bourgeoise démocrate » qui va renverser la société « clanique et féodale » mise en place par Robert et par Serge.
 
Dans ce même discours il fait du pied à l’Europe et à l’Occident dont il attend toujours le soutien pour son mouvement pour ne pas qu’il s’essouffle. Néanmoins le sit-in continue aidé par le charisme d’un ancien fedayin issu de la diaspora et le kotchari.
 
Une tentative de désorganiser les structures de l’état en particulier à travers les medias et une véritable guerre de l’information avec son lot quotidien d’info et d’intox semble aujourd’hui avoir été repoussé par l’équipe de Serge et le SSN (Service de Sécurité Nationale).
 
L’appel de Serge pour une coalition gouvernementale semble avoir trouvé de l’écho chez Arthur (Baghdassarian) et Vahan (Hovanissian) représentant respectivement les partis Pays de Loi et la FRA. Pendant ce temps là, la police lance une mise en garde à l’opposition en ce qui concerne l’autorisation des manifestations. Cela à pour effet de mettre la pression sur LTP enfin qu’il accepte les négociations à travers l’intermédiaire d’Arthur à qui on a confié la une tâche quasi impossible celle de réconcilier LTP et Serge.
 
Le scénario pensé par Serge semble a peu près claire : Proposition d’un gouvernement de coalition, en parallèle mise en garde la police et début des pourparlers pour la cohabitions.
LTP refuse parce qu’il a le dos au mur et qu’accepter la cohabitation cela serait lâcher encore une fois et peut ces partisans, la police anti-émeute rentre en action, l’Occident bronche pas et tout rentre dans l’ordre.
 
Pour LTP cela reste confus malgré ces déclarations « jusqu’au boutiste ». L’objectif principal reste celui de trouver une porte de sortie honorable pour lui et pour le mouvement populaire qui le suit. Une solution consisterait à se structurer dans parti d’opposition qui deviendrait une véritable force de proposition politique.
 
Il est surtout important de ne pas provoquer une répression violente qui serait plus que dommageable à la démocratie arménienne.
 
A suivre.
 
Alen Ter Markossian
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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 10:22
fhsdhfjsdhPendant que les messages de félicitations parviennent des quatre coins du monde et que différentes personnalités félicitent Serge pour sa victoire en partie démocratique les supporters de LTP ne diminuent pas sur la place de la Liberté pour demander d’annuler du dernier scrutin sous les tentes et le son du zourna et du dehol.

Robert protecteur de la victoire de Serge est intervenu dans le jeu pour spécifier que sa patience avait des limites et à appeler la population de ne pas succomber aux manipulations et à la tromperie de certains.

Alors Serge en habile joueur d’échecs propose un gouvernement de coalition à l’opposition en les nommant nos frères et nos soeurs. C’est une solution comme une autre pour que tous les joueurs autour de l’échiquier puissent sortir de cette crise la tête haute.

Néanmoins après une campagne électorale très animée où parfois le vocabulaire s’est rapproché plus de celui de petit caïd que de politicien expérimenté, il sera nécessaire de laver les rancunes passées pour accepter le deal de Serge.

Si l’opposition accepte un gouvernement de coalition alors elle reconnaît l’élection de Serge et tire un trait sur ces tentatives de voir le scrutin annulé comme en Ukraine ou en Géorgie.

Dans ces dernières anciennes républiques soviétiques l’Occident était un soutien fort pour que l’opposition prenne le pouvoir, en Arménie ce n’est pas le cas.

L’Occident a choisit de soutenir Serge et c’est peut être là son plus gros soutien avec l’Union des Volontaires Yerkrapahs.

Dans la situation actuelle les seuls partis de l’opposition qui tireront un profit immédiat de cette coalition seront Pays des Lois d’Arthur (Baghdassarian) et la FRA de Vahan (Hovanissian) et si LTP ne veut pas définitivement prendre sa retraite en politique alors il devra peut-être accepter la proposition de Serge en jouant le jeu de la cohabitation en lui permettant de ne pas être noyé bientôt sous les jets des canons à eau de la police.

Ainsi comme en France et dans d’autres grandes démocraties européennes, l’Arménie jouera à la cohabitation, cela permettra à Erevan de devenir un exemple de démocratie dans une région où elles se font rares.

A suivre.

Alen Ter Markossian

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 15:45

Lorsqu’en 1998, LTP demissiona par rapport à ses positions jugés défaitistes pour la résolution du conflit du Haut Karabakh, l’ensemble des observateurs semblait être d’accord que cette démission était dû au fait que  l’Union des Volontaires Yerkrapahs (les vétérans de la guerre du Karabakh) venait de le lâcher et mettait tout leurs espoirs dans le couple Kotcharian - Sargissian.

LTP alla se réfugier dans sa villa bunker non loin de Tzitsernakaberd son partie le MNA était cliniquement mort et les Yerkrapahs crée en 1993 par Vazguen Sargissian ont effectué une OPA sur le petit partie Républicain en le promettant comme première force politique arménienne.

Après deux mandats présidentiels Kotcharian et les deux gâteaux leglislatifs partagés avec l’Arménie Prospère de Dodi Gago (Gaguik Tsarukian) et la FRA de Vahan (Hovanissian), le Partie Républicain qui entre temps a enterré son leader le libéral Andranik Markarian intronisa Serge comme successeur de Robert.

Il est inconcevable de gouverner l’Arménie et ou de gagner une quelconques élections nationales sans le soutien des Yerkrapahs. C’est cette même force « para politique » qui influence et conduit en partie les choix d’Erevan en matières d’affaires étrangères ou parfois même économique. C’est les Yerkrapahs qui ont poussé Erevan dans les bras de Moscou sans oublier parfois de faire du pied à l’OTAN et l’UE.

Aujourd’hui si l’opposition veut se faire entendre ou avoir du poids l’échiquier politique arménien, elle doit rallier une partie des Yerkrapahs, d’où la guerre d’information que se livre LTP et Serge sur le soutien d’un tel ténor de l’armée ou bien un tel poids lourd des Yerkrapahs.

Tout ceci démontre le clanisme et le clientélisme dont est victime la société arménienne.
Ceux qui n’ont pas profité d’une part du gâteau en veulent et ceux qui ont goûté un certain temps voudraient bien en avoir un bout. Donc nul doute que la clé du succès politique est le soutien de l’Union des Volontaires Yerkrapahs. A suivre

Alen Ter Markossian

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 11:14

Avant même l’annonce des résultats il fallait vraiment être naïf pour croire que l’opposition réunie sous la bannière de LTP allait accepter sans broncher et en silence le résultats des urnes. Nul doute également que ces élections allaient connaître son lot de fraudes électorales.

Premier acte : La mobilisation.

A l’annonce des résultats LTP et ces lieutenants firent descendre au maximum 25.000 personnes dans l’artère centrale d’Erevan et les plus courageux entament un siting pacifique à l’Opéra dans la nuit froide du Caucase. Pendant ce temps Serge se faisait adouber par Sarkozy, Poutine, Gül, l’OSCE, les USA, le Conseil de l’Europe et l’OTAN jugeant les élections en « grande partie » libre et démocratique.

Deuxième acte : La guerre d’information.

Pendant que Serge se faisait adouber, LTP crie haut et fort que certains quittent le navire gouvernemental pour le rejoindre (défection au sein des Républicains, diplomates qui sortent de leur « réserve » diplomatique). Pour gagner cette guerre de l’information la TV publique mentionne partiellement les manifestions pour éviter l’effet boule de neige.

Serge organise des contres manifestions progouvernementales en remplissant des autobus venus de la province. Le SSN (Service de Sécurité Nationale, ex-KGB) profite pour emprisonner quelques dirigeants.

La maturité politique des citoyens arméniens est mise à rude épreuve. LTP fait de la provocation pour que le gouvernement craque et utilise la violence contre les manifestants mais pour le moment on assiste seulement et bien malheureusement qu’à une violence politique et une scission au sein de la population.

Acte finale, la population est divisé en deux camps les progouvernementaux appartenant au « clan du Karabakh » et les opposants qui veulent une revanche de leur débâcle de 1998.

Un des défis du nouveau président sera de réconcilier les deux camps et la population avec le pouvoir et la démocratie. A suivre.

Alen Ter Markossian

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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 22:03

Alors que l’ensemble des medias français et une bonne partie de la presse européenne se penchaient sur l’élection  présidentielle française à l’extrémité du continent européen plus précisément en Arménie se déroulait des élections législatives  pour le renouvellement du Parlement arménien composé de 131 sièges. Quels sont les enjeux, les acteurs et enfin les résultats de ces cinquièmes élections législatives de la République Arménienne  ?

 

Tout d’abord un bref rappel de la composition du parlement sortant  élu en 2003 permet de comprendre les enjeux principaux et l’échiquier politique arménien.

 

 En effet aucun parti ne détenait la  majorité des sièges et cela avait donné naissance à une coalition gouvernementale pro-Kotcharian axé autour du Parti Républicain d’Arménie (HHK) un parti conservateur crée en 1991, et un des plus vieux parti politique arménien de tendance socialiste et nationaliste la Fédération Révolutionnaire Arménien «F.R.A» (HHD).

 

Une grande parti des élus était sans étiquettes et l’opposition avait également crée une coalition enfin de contrer l’action gouvernementale. Néanmoins la grande majorité des parlementaires sans étiquette ont adhérer au fil de l’eau au HHK qui est devenu l’un des grands favoris des élections de 2007.L’opposition anti-gouvernementale n’a pas réussi à s’organiser autour d’un leader et d’un courant idéologique et s’est érodé au cours du temps.

 

Le principale enjeu des élections était de faire sortir des urnes une majorité parlementaire compacte et stable pour poursuivre les reformes économiques, sociales et politiques initiés sous les deux mandats du président Kotcharian. Sans oublier de répondre aux pressions de la communauté internationale qui a insister que ces élections devaient être démocratique et libre,  à défaut elles provoqueraient la suspension de l’aide financière et sous entendu une révolution de « couleur » comme en Ukraine ou en Géorgie pourrait voir le jour dans les rues de Erevan.

 

Quelques jours avant le vote, Washington avait menacé de bloquer une aide promise de 175 millions d’euros si ces élections étaient truquées. Un vice secrétaire d’Etat américain, Daniel Fried avait clairement mis en garde les autorités d’Erevan : « Nous ne nous attendons pas a un scrutin parfait, mais nous voulons voir de réels progrès ». C’est dans cette perspective que 300 observateurs de l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) devaient suivre le déroulement du scrutin

 Durant la campagne législative les différents leaders de l’opposition ont insisté sur les dérives anti-démocratiques du gouvernement, la corruption et le risque de fraudes massives à prévoir lors du scrutin. Le HHK a fait campagne sur les résultats économiques et à présenter un programme pour la poursuite des reformes et a insister via Raffi Petrossian, le président de la commission des lois du parlement que son parti, le HHK est suffisamment populaire pour obtenir la majorité, et donc il n’aura pas besoin de truquer les élections (sic).

En revanche, les petits partis d’opposition qui manquent de soutien populaire, pourraient être tentés d’y avoir recours.

L’élection constitue aussi une forme de répétition générale avant la présidentielle de 2008 où le successeur de M. Kotcharian qui effectue son deuxième et dernier mandat sera élu.

Il semble que les deux partis HHK et BHK répètent leurs rôles à venir dans l’élection présidentielle de 2008.

Leader du HHK, le Premier Ministre Serge Sarkissian qui a succédé début avril à Andranik Markarian mort d’un infarctus, est pressenti pour accéder à la présidence de l’Etat arménien

Longtemps sans étiquette ce « Kharabaghtsi » de 53 ans ancien vétéran de la guerre du Haut Karabakh et homme fort du pays il fut investi président du HHK et ne cacha pas son intention de briguer la présidence de la République.

Compagnon de route de Kotcharian depuis le début de la lutte pour l’indépendance de l’Arménie et du Haut-Karabagh, ils se sont  soutenu mutuellement et ont permis de mettre en place un régime présidentiel stable en étant « l’éminence grise qui dirige le gouvernement dans les coulisses », selon Edvard Antinian.

 

 Les autres acteurs de cette campagne législative sont divers avec des leaders charismatique mais dont les partis souffre de crédibilité au près de la population et cela concerne plus particulièrement l’opposition. Si les sondages montraient un électorat avide de reformes radicales, ils prédisaient aussi une victoire des partis pro-gouvernementaux.

 

Ainsi derrière le  HHK grand favoris, l’« Arménie prospère » (BHK) de Gaguik Tsaroukian, un parti récent de tendance populiste fondé par son leader milliardaire ex-champion d’Europe de bras de fer, président du conglomérat Multi Group qui est présent dans une quarantaine de secteur : station-service, ciment, médicaments…, il est à noter que de fort soupçon de blanchissement et de détournement d’argent pèse sur sa fortune colossale.

 

 Les leaders des deux partis se taillent la part du lion aux journaux télévisés ; ils ne se critiquent pas l’un l’autre, mais les observateurs discernent des tensions sous-jacentes.

 Leurs deux programmes sont similaires. Le leader parlementaire du Parti Républicain Galust Sahakian a déclaré qu’il était possible que les deux partis collaborent dans la future assemblée. La rivalité entre les deux partis est cachée, elle alimente rumeurs et spéculations.

Les communiqués ont demandé de part et d’autre l’un que la campagne soit « civilisée » l’autre qu’on renonce aux provocations. Le commentateur Vahan Vardanian pense qu’en dépit d’un vraisemblable accord au sommet, il n’y pas de consensus chez les « seconds couteaux » sur le partage des rôles après les élections.

 Suren Sureniants, pense que les deux partis servent les intérêts du clan de Sarkissian pour le HHK et le BHK sert les intérêts des oligarques réunis autour de Robert Kotcharian.

 Le troisième parti de la coalition gouvernemental est la F.R .A (HHD) dirigé par Hrant Markarian, qui a fait campagne en se présentant comme un parti indépendant hors de la coalition gouvernementale alors que depuis 2003 elle soutient le président Kotcharian.

 

Dans l’opposition on trouve le  parti « Etat de droit » (OE) avec Arthur Baghdassarian ancien président du Parlement qui depuis sa démission s’est engagé dans l’opposition de façon virulente dans sa critique du gouvernement, son parti et de tendance centriste. Il se présente comme un homme nouveau, intègre et proche des occidentaux. Au cours de la campagne il s’est fait piéger dans une conversation qui aurait eu lieu dans un restaurant d’Erevan entre Baghdassarian et un diplomate anglais. Le président Kotcharian a traité Baghdassarian de traître. « C’est difficile d’imaginer qu’un ancien président du Parlement puisse tomber si bas » a-t-il dit. « Qui a trahi un jour est capable de trahir à nouveau».  Baghdassarian parle de « provocation » en vue de le discréditer avant l’élection présidentielle.

Le parti libéral « Héritage » avec Raffi Hovannessian issu de la diaspora, ex ministre des affaires-étrangères. Très opposé au clan Kotcharian et sa main mise sur les institutions arménienne, il propose une refonte de la société arménienne en éradiquant la corruption et le clientélisme. Le partie conservateur « Unité Nationale » d’Artaches Geghamyan, ancien président du Parlement. Le « Parti Travailliste Uni » (MAK) de Gurgen Arsenian de tendance sociale-démocrate. Le « Parti du Peuple » de tendance socialiste de Stepan Demirchian et Aram Sarksian de « République» parti conservateur opposé au gouvernement.

 

Le président Kotcharian après avoir mis son bulletin dans l’urne a déclaré « J’ai voté pour le futur de l’Arménie et la continuation des reformes dans les domaines économiques sociales et autres ». Il adressa également un message à l’opposition « J’espère qu’une réelle opposition sera présente au Parlement, pas une opposition qui représente les intérêts d’Etat étrangers ».

 

Parti

 

 

Votes

 

 

%

 

 

Sièges

 

 

+/-

 

 

Parti Républicain d’Arménie (HHK)

457.032

32,82

64

+33

Arménie Prospère (BHK)

204.443

14,68

24

+24

Fédération Révolutionnaire Arménien (HHD)

177.192

12.72

16

+5

Etat de Droit (OE)

95.256

6.84

9

–10

Héritage

80.890

5.81

6

+6

Parti Travailliste Uni  (MAK)

59.307

4.26

–6

Unité National (AM)

49.863

3.58

–9

Les Temps Nouveaux

47.018

3.38

0

Autres

204.732

15.91

12

–43

Total (Participation 59.35%)

1.375.733

100.0

131

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 décembre 2005 4 29 /12 /décembre /2005 17:20

par Alen Ter Markossian

L’Arménie accède à l’indépendance en septembre 1991 dans un contexte politico-économique extrêmement  difficile et fragile. En effet, c’est une situation de quasi guerre total contre l’Azerbaïdjan au sujet du Haut Karabakh. Ce conflit fut vécu par la population arménienne comme une « guerre pour la survie » de la nation arménienne. La situation économique est catastrophique, avec l’embargo turco-azeri, les répercussions du tremblement de terre et l’arrivée des réfugiés après les pogroms anti-arménien de 1988-89. La machine économique soviétique est en panne et les réseaux économiques ne sont pas adaptés à l’économie de marché. Les reformes libérales ont des conséquence sociales dévastateurs poussant une grande partie de la population arménienne à tenter leur chance dans la migration à l’étranger.

 

 La victoire arménienne de 1994 dans le conflit du Haut Karabakh consolide les axes d’alliance mise en place par la diplomatie arménienne. L’aide logistique militaire russe aux côtés des arméniens dans le conflit c’est transformé par la mise en place de partenariat militaire entre Moscou et Erevan tellement fort que les analystes occidentaux appel volontiers l’Arménie « l’Israël  de la Russie ». En effet la Russie est la première garante de la stabilité militaire avec la base russe de Gumri véritable avant poste aux portes du Moyen Orient et la présence des gardes frontières russe sur les frontières turques et iranienne de l’Arménie.

 Le choix sur la partie arménienne par Moscou s’est fait après que Bakou est  chassé toute l’intiligenstia russophone (arméniens, slaves et  juifs) peu après les pogroms anti-arménien et quel est choisi de se rapproché de la Turquie et des Etats Unis. Le divorce avec Bakou c’est traduit dans un premier temps par le refus de ce dernier d’intégrer la CEI et le départ des troupes russes de l’Azerbaïdjan.

La  peur des prétentions azerbaïdjanaises sur le nord de l’Iran peuplé en majorité d’Azéris a poussé le régime des mollahs iraniens à privilégier ces relations avec le premier Etat chrétien au monde plutôt que les turcophones chiites d’Azerbaïdjan. Le paradoxe de cette entente est encore plus grande car les initiateurs de la révolution de 1979 qui ont  renversé le Shah d’Iran au profit d’Ayatollah Khomeiny et les garants de ce régime islamique sont en majorité des mollahs d’origine azérie.

Ainsi l’axe Moscou – Erevan – Téhéran est clairement défini dans un but de rompre l’isolement et de stopper la politique d’endiguement mise en place par Washington malgré la fin de la guerre froide. Washington pour sa part exerce sur Erevan une faible pression concernant ces choix militaires.

En effet au milieu des années 90 les Etats-Unis sont incapable de se présenter comme Moscou un garant militaire des frontières arménienne et de bénéficier au sein de la population d’un élan de sympathie lié à l’héritage historique. Néanmoins l’aide financière américaine per capita est la plus importante après celle attribué à Israël. Malgré cet aide financière Washington n’a  pas l’intention de faire de l’Arménie le leader du Sud Caucase.

En effet, en vue des richesses pétrolières de l’Azerbaïdjan et l’accès maritime à la mer Noire de la Géorgie les sympathies américaines se tournent plus vers Bakou et Tbilissi.

Le poids du lobby de la communauté arménien aux Etats Unis contre balance l’alliance Ankara – Tbilissi - Bakou crée par Washington pour Isoler l’Iran et la Russie.

Ce rapprochement à crée une période d’instabilité politique plus au moins orchestré par Moscou. Bakou et de Tbilissi ont fait la demande d’intégration à L’OTAN ainsi que l’évacuation des base russe d’Akhalkalaki et de Batoumi en Géorgie pour définitivement coupé le cordon qui les lies à Moscou.

Les attentats du 11 septembre 2001, la guerre d’Afghanistan et celle de l’Irak ont marqué un tournant dans la politique étrangère arménienne.

Pour Moscou c’était une opportunité pour stopper l’influence des courants islamistes et salafistes en Asie Central (Tadjikistan, Ouzbékistan) et en même temps d’accentuer l’effort militaire contre les  indépendantistes tchétchènes.

Pour Washington, l’occasion de s’établir de façon durable dans la chasse gardé de la Russie à savoir l’Asie Centrale et le Caucase. C’est ainsi que des bases américaines ont vu le jour en Ouzbékistan. Le président azéri Aliev déploya toutes ses forces diplomatiques pour forcer les troupes américaines à s’établir à Bakou mais le refus d’Ankara via le duo Gül – Erdogan du parti AKP (islamiste modéré) de participer à la guerre en Irak stoppa la réponse positive du Pentagone pour une base US en Azerbaïdjan. L’Arménie pour sa part pour éviter l’isolement militaire et diplomatique a profiter de se rapprochement des deux grands dans la lutte anti-terroriste pour mettre en place une politique de complémentarité.

L’espace aérien arménien fut ouvert aux avions américains qui prenaient la direction de l’Afghanistan. Erevan à signer un traité individuel de partenariat avec l’OTAN et a envoyé  44 soldats intégrés dans un contingent Grec de maintien de la paix au Kosovo ou bien l’envoi d’une brigade de génie civile de 46 hommes en Irak au sein d’un contingent Polonais.

En contre partie Washington exerça une pression sur Erevan concernant c’est bon rapport avec Téhéran et dans une moindre mesure avec Damas. Parallèlement Ankara a été  invité par Washington à ouvrir la frontière arménienne et Bakou de trouver une solution seulement pacifique concernant le Haut Karabakh. En effet, Washington et Moscou n’ont aucun intérêt a crée un foyer d’instabilité en Transcaucasie se qui fera stopper les investissements bancaires en Arménie et pétroliers en Azerbaïdjan et en Géorgie pour l’évacuation du brut par l’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Cehyan). Erevan a signer également un traiter de défense collective avec Moscou, maintenant ainsi une coopération très forte dans le domaine des technologies militaires ainsi que dans celle des troupes. C’est dans cette logique de  l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) que l’Arménie a accueillie les contingents russes des bases de Géorgie et organisent régulièrement des échanges de troupes et des manœuvres militaires communes.

 D’après l’agence russe d’information (RIA) Novosti. La population arménienne estime, dans sa majorité, que la Russie est le pays qui exerce sur l'Arménie la plus grande influence. En témoignent les résultats d'un sondage mené par le Centre arménien d'études nationales et stratégiques du 18 au 25 juin auprès de 40 experts et 1 500 habitants, à Erevan et en province. Stepan Safarian, un expert au Centre, note que plus de la moitié des experts interrogés se sont prononcés en faveur de l'adhésion de l'Arménie à l'OTAN : 52,5% des experts arméniens se disent favorables à cette adhésion, 30% se prononcent contre.

Ceci dit, 63,7% des partisans de l'adhésion de l'Arménie à l'OTAN expliquent leur position par la nécessité d'étendre aux trois pays du Caucase du Sud un système unique de sécurité et seulement 31,8% disent que l'OTAN est le plus efficace des systèmes actuels.

 Selon Stepan Safarian, 77,8% des experts qui ne veulent pas que leur pays adhère à l'Alliance de l'Atlantique du Nord estiment que "personne n'attend pas l'Arménie à l'OTAN, il n'y a donc aucun sens d'en parler". 22,2% s'opposent à cette adhésion, prétextant l'absence de relations correctes avec la Turquie.

 Cependant, rappelle l'expert, seulement 34,7% des citoyens du pays approuvent l'idée d'adhésion à l'OTAN et 33,9% se disent opposés à cette éventualité.

 43,3% des partisans de l'adhésion à l'OTAN expliquent leur choix par l'efficacité du système de sécurité au sein de l'Alliance de l'Atlantique Nord, alors que plus de la moitié des adversaires (52,9%) de cette éventualité estiment que l'Arménie doit rester membre de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) et fonder sa sécurité uniquement sur l'alliance avec la Russie.

 « La base militaire russe restera déployée sur le territoire arménien aussi longtemps qu’elle sera nécessaire à l’Arménie et à la Russie » vient d’indiquer Igor Gromyko, le conseiller de l’ambassade russe en Arménie, lors d’une conférence de presse donnée à Erévan vendredi 23 décembre. « L’Arménie est un allié stratégique de la Russie et de son côté la Russie a besoin d’une base en Arménie » a en outre affirmé le diplomate russe. Selon I. Gromyko, la Russie est présente dans la région du Sud Caucase et elle entend bien y rester avec « la promotion de relations de partenariat dans les domaines économique, politique et humanitaire » avec les républiques du Caucase. Revenant sur la présence russe en Arménie, I. Gromyko a affirmé que Moscou et Erévan entretiennent depuis longtemps des relations fortes d’amitié. De son côté, Mikaël Haroutiounian, le chef de l’Etat-major principal des forces armées arméniennes, a souligné que la 102e base militaire russe -stationnée à Gumri, au nord de l’Arménie- est nécessaire pour assurer la sécurité du pays. Cette 102e base militaire russe de Gumri, déployée en 1995 suite aux accords intergouvernementaux arméno-russe dispose d’une système antimissile S-300, quelques dizaines de chasseurs de type « Mig-29 » ainsi que près de 5 000 militaires.

 

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