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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 09:50
 

La publication le 10 juillet 2009 des principes de Madrid proposé par le groupe de Minsk (Etats-Unis, France et Russie) de l’OSCE pour la résolution du conflit du Haut Karabakh a suscités beaucoup de réactions de la part de tous les acteurs de ce conflit. En voici les grandes lignes :

 

  1. Retour des territoires adjacent le Haut Karabakh sous contrôle de l’Azerbaïdjan.
  2. Un statut intérimaire pour le Haut Karabakh prévoyant des garanties pour la sécurité et l’auto gouvernance.
  3. Un couloir terrestre reliant l’Arménie et le Haut Karabakh.
  4. La détermination du futur statut juridique définitif par le biais d’une expression juridique contraignante de la volonté.
  5. Le droit de toutes les personnes déplacées et des réfugiés à retourner dans leurs anciens lieux de résidences.
  6. Garanties internationales de sécurité qui inclurait une opération de maintien de la paix.

 

Nul doute que ces principes ne répondent pas totalement au souhait pour le côté arménien et au statut quo actuelle. En effet deux points important posent problème et s’avèrent être dangereux.

 

Le premier point est celui du statut intérimaire du Haut Karabakh. Le côté arménien demande que le statut actuel  qui est celui d’indépendance de « facto » puisse être maintenu et respecter par Bakou jusqu'au futur referendum. Une définition plus distincte du concept « statut intérimaire » est nécessaire ainsi que la concrétisation sur les dates et le format du référendum.

 

Le deuxième point est celui du retour sous le contrôle azéri des territoires adjacent le Haut Karabakh. Erevan et Stepanakert souhaite garder sous leur contrôle les districts de Kelbadjar et de Lachin jusqu’au referendum. L’opinion publique arménienne n’est nullement favorable à la rétrocession de ces territoires qui garantissent la sécurité du Haut Karabakh et même de l’Arménie. Mais il semble bien que les autorités arméniennes sont prêtes à concéder et à négocier sur certain district (en particulier celui d’Agdam, de Fizouli et de Djebrayil).

 

La publication de ces principes est à placer également dans le contexte des relations arméno-turc. En effet la signature d’un accord cadre pourrait justifier pour Ankara l’ouverture de la frontière arménienne en octobre 2009. En effet Ankara cherche une justification tangible auprès de son opinion et de Bakou pour continuer sont rapprochement avec Erevan. Il est indéniable que les deux processus sont liés et évolue de façon parallèle.

 

C’est dans l’objectif de faire accepter un accord cadre par Erevan et Bakou que les médiateurs du groupe de Minsk  ont été mise à jour les principes de Madrid à Cracovie (Pologne) fin juillet et qu’une nouvelle rencontre Sarkissian - Aliev aura lieu début octobre à Chisinau (Moldavie).

 

Néanmoins, ni Aliev mais surtout ni Sarkissian ne sont soutenu sur l’échiquier politique  intérieur et par leur opinion public pour la signature d’un tel accord et cela est à placer dans une dernière variante de cette équation. Cette dernière variante est celui d’aucune signature d’accord cadre et le maintien du statut quo.

 

La situation actuelle ressemble à une période de pessimisme de la part des médiateurs, d’où peut être le changement des médiateurs russe (Yuri Merzlyakov) et américain (Matthew Bryza). Néanmoins, les principes de Madrid mettent en avant le principe de l’autodétermination par rapport à celui de l’intégrité territoriale qui n’est nullement cité.

 

La futur nomination de Matthew Bryza en tant que ambassadeur américain en Azerbaïdjan est peut être d’augure à convaincre Bakou à des concessions sur le principe de l’intégrité territoriale mais surtout à renforcer les liens stratégique entre Washington, et Bakou pour pas que les autorités azéris se tournent plus vers le Kremlin.

 

Dans cette situation, Bakou continuera à chercher à obtenir de la part des pays « décideur » le feu vert pour déclencher une blitzkrieg (guerre éclaire)  avant la mise place du projet Nabucco et ainsi contraindre Erevan à plus de souplesse.

Ce scénario sèmerait un véritable chaos dans la région car la victoire de Bakou n’est nullement assurée sur le plan militaire.

 

Il devient évidant qu’ Erevan est sous pression afin d’obliger ses autorités à faire des concessions. Et dans ce contexte il est indispensable que les autorités du Haut Karabakh intègrent les négociations pour trois raisons majeures. La première est celle que seul Stepanakert peut signer un accord qui la concerne et décider de l’avenir de sa population. La deuxième est celui d’alléger les pressions internationales sur Erevan qui prendrait le rôle de « protecteur » au lieu de « décideur » qui incomberait à Stepanakert. Et enfin la dernière raison, celle de faire perdurer les négociations afin que l’indépendance de « facto » devienne de « jure ». Nul doute que le statut quo actuel permet de maintenir l’équilibre des forces, car « la paix à n'importe quel prix, ce n'est plus la paix » (Eve Curie).

 

Alen Ter Markossian

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 09:15

Un an après l’élection agité de Serge Sarkissian à la présidence arménienne, la politique étrangère arménienne a connu quelques changements significatifs sous les impulsions du tandem « Sarkissian-Nalbandian » par rapport au duo précèdent « Kotcharian-Oskanian » qui officia de 1998 à 2008. Diplomate du ministère des affaires étrangères de l’URSS sous Andropov de 1983 à 1986, et plus récemment ambassadeur d’Arménie à Paris, Edouard Nalbandian succède à Vartan Oskanian à la tête de la diplomatie arménienne en avril 2008.

 

Le départ des neo-conservateurs de George W. Bush de la Maison Blanches et l’arrivée des démocrates de Barack Obama avec de nouvelles orientations de politiques étrangères est l’un des défis auxquels doit faire face la diplomatie arménienne. L’administration américaine veut renforcer l’influence d’Ankara dans la région et « réinitialiser » ses relations avec Moscou. L’objectif est de se créer un « libre accès » dans le Sud-Caucase pour accéder à l’Asie Centrale afin de sécuriser les sources d’approvisionnement énergétique et les dossiers afghano-pakistanais et plus largement le dossier iranien. Erevan doit intégrer cette nouvelle donne dans sa diplomatie pour ne pas se retrouver isolé et procéder à des concessions.

 

Dans le contexte de la débâcle géorgienne durant la deuxième guerre d’Ossétie du Sud en août 2008 qui a fait de la Géorgie un état « paralysé », la Turquie à proposer le Pacte de paix en vue de maintenir la stabilité dans le Caucase. Néanmoins ce « Pacte » est vide de toute proposition concrète. Ainsi Ankara ambitionne de devenir en quelque sorte le gendarme caucasien et pourrait influer sur le règlement des conflits en fonction de ces intérêts propres ou ceux de ces alliés (Bakou et Tbilissi) et dans une moindre mesure ceux de la Russie dans les volets économiques et énergétiques.

 

Le dossier arménien pèse néanmoins lourd pour pouvoir se présenter telle une blanche colombe aux yeux de la communautés international (génocide arménien, blocus économique) d’où la nécessité de faire des gestes d’apaisement. C’est dans ce cadre que le président turc Abdullah Gül accepta l’invitation de S. Sarkissian d’assister au  match de football Arménie-Turquie le 6 septembre 2008 à Erevan. Un nouveau terme était né chez les diplomates internationaux « la diplomatie du football ».

 

Dans la nuit du 22 avril 2009, à quelques  heures avant la commémoration annuelle du génocide des Arméniens le 24 avril, la Turquie et l’Arménie annoncent qu’elles s’étaient mises d’accord à Genève sur une « feuille de route » visant à la normalisation de leurs relations. C’est dans ce contexte que B. Obama ménagea la Turquie dans son allocution du 24 avril 2009 préférant l’expression arménienne de « Medz Yeghern » (« le Grand mal ») à celui de « Génocide » promis durant sa campagne présidentiel.

 

Il faut en déduire que l’administration américaine à plus qu’encourager Ankara et Erevan à négocier. Les Etats-Unis ont tout intérêt à ce que la Turquie ne prête plus flanc aux critiques car ils comptent sur elle comme intermédiaire entre eux-mêmes et l’Iran comme entre Israël et les Palestiniens. Le nouveau chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu est un artisan de la Turquie comme un « facilitateur de la paix » ou une nouvelle « pax ottomana » aux confins de l’Europe, du Caucase et du Proche-Orient.

 

Le ballet diplomatique et les déclaration contradictoires des différents chefs d’état et des diplomates occidentaux font naître des spéculations quant au contenu de cette « feuille de route » qui est encore secret et nulle ne peut prédire si elle contient des conditions ou pas quant à la normalisation des relations arméno-turque.

Depuis l’arrivée au pouvoir de S.Sarkissian les présidents arménien et azéri Ilham Aliev se sont rencontrés cinq fois en une année. Le rythme soutenu des rencontres est significatif des pressions exercées par le Groupe de Minsk (Etats-Unis, Russie et France) enfin de créer des percées significatives dans le règlement du conflit du Haut-Karabakh. La Russie pour soigner son image diplomatique auprès de la communauté internationale après la guerre en Georgie a fait signer le 2 novembre 2008 à Moscou un document superficiel sur la bonne volonté des présidents Azéri et Arménien pour une solution pacifique. Erevan et Bakou n’avait pas signé de documents conjoints sur le Haut-Karabakh depuis le cessez le feu de mai 1994. Moscou se présente depuis la chute de l’URSS comme la garante de la stabilité dans la région et la seule puissance capable de concilier les intérêts de tous les acteurs de la région, c’est une démonstration de son influence. L’élargissement continue de l’OTAN ou l’admission des républiques sud-caucasiennes au « Partenariat Orientale » de l’UE sont en partie dirigé pour réduire graduellement l’influence russe, c’est le « soft power » atlantiste.

 

Moscou, Washington et l’UE exercent depuis longtemps des pressions importantes sur l’Arménie pour qu’elle se retire au moins de cinq (Agdam, Fizouli, Djebrayil, Koubatly et Zanguelan) des sept régions (excepté Kelbadjar et Latchin) autour du Haut Karabakh en échange d’un referendum sur le statut de la région. Certes, il est impossible de parler de la restitution du Haut-Karabakh à Bakou. Néanmoins, les relations arméno-azéri sont toujours très tendues sur la ligne de cessez le feu. Les arméniens  sont la cible d’un politique étatique xénophobe mise en place par le « Clan du Nakhitchevan » au pouvoir à Bakou et dans une moindre mesure ceux des « Yeraz » (azéris d’Erevan) écarté des cercles dirigeantes depuis l’arrivée au pouvoir d’Ilham Aliev en 2005 succédant au décès de son père Heyder Aliev.

 

La « renaissance » de l’islam avec le Parti pour la justice et le développement (AKP) parti islamo-conservateur, au pouvoir en Turquie depuis 2002 dirigé par le premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le réchauffement armeno-turque est de manière générale contraire aux intérêts de l’Azerbaïdjan. Cependant, l’Azerbaïdjan est en mesure d’avoir une certaine influence sur les décisions d’Ankara. La première forme de pression correspond à un « chantage » économique, en négociant avec Moscou pour le passage du gaz et de ce fait faire capoter le projet européen « Nabucco » ou bien l’augmentation du prix de la fourniture du gaz à la Turquie. La deuxième forme de pression est politique, c’est celle des généraux turcs et de l’armée turque qui peuvent défendre les intérêts de Bakou à Ankara.

 

Une paix « réel » dans le Sud Caucase nécessite deux transformations stratégiques clés. La première est que les intérêts stratégiques de la Russie, ne peuvent pas être ignorés. De croire et de se comporter autrement entraînerait le chaos régional. L'autre clé est que la Turquie et l'Arménie ne peuvent pas rester toujours des adversaires. Il doit y avoir une normalisation de ces relations pour que le Sud Caucase deviennent une région «fonctionnelle». Ironiquement, la Russie et les États-Unis reconnaissent que c'est dans leur intérêt. La Russie voit des relations normales entre la Turquie et l'Arménie en tant que moyen de réduire au minimum la Géorgie de son rôle stratégique dans la région. Le point de vue des États-Unis sur une ouverture à la Turquie comme un moyen de diminution la dépendance de l'Arménie envers Moscou.

 

Ainsi la diplomatie arménienne doit défendre ses intérêts (autodétermination du Haut-Karabakh, reconnaissance du génocide arménien, intégration de l’Arménie dans les corridors de transports d’énergie) malgré les pressions et les influences des acteurs régionaux et internationaux. Sans une diplomatie active, Erevan risque de devenir le maillon faible de la région à long terme. Malgré des marges de manœuvre assez réduite, Erevan dispose néanmoins de quelques possibilités pour résoudre cette équation.

 

Tout d’abord, combler les déficits démocratiques de la politique arménienne. Le manque d’assise populaire du gouvernement arménien depuis les élections présidentielles de 2008 et l’élection municipale d’Erevan en 2009 risque de servir de moyen de pressions enfin de pousser l’Arménie a des concessions sur les sujets du génocide et du Haut Karabakh en contrepartie du lever du blocus.

 

Pour sortir de cet étau une amnistie générale pour les opposants emprisonnés est inévitable. Les autorités doivent également garantir des élections réellement libres et honnets. Cette démocratisation est possible avec la diminution du pouvoir oligarchique qui concentre les richesses et influence les dirigeants politiques. Toutes ces mesures conduiraient à réduire quelques pressions internationales notamment européennes liées aux processus démocratiques en panne.

 

Dans le cadre d’une préservation de l’équilibre des forces dans la région, la diplomatie arménienne à tout intérêt à se rapprocher de l’Europe en tant que facilitateur et moyen de pression sur Ankara pour intensifier le dialogue et que la normalisation aboutisse dans un premier temps par l’ouverture de la frontière arméno-turque. Néanmoins, sans un consensus interne et un soutien populaire profond il serait suicidaire pour les autorités d’Erevan d’accepter des compromis et des conditions sur ce sujet.

 

En parallèle, malgré la crise financière qui a ralenti la croissance économique du « Tigre Caucasien » il est indispensable pour l’Arménie de continuer à prendre part et essayer d’intégrer les projets régionaux pour atténuer son isolement par la construction d’infrastructure de transport (voie ferrée Iran - Arménie) ou d’énergie (oléoduc Tabriz – Yeraskh, raffinerie et central hydroélectrique à la frontière arméno - iranienne) et ainsi renforcer son rôle stratégique.


Nous sommes peut être témoin d’un « Dayton Caucasien » et le tandem « Sarkissian-Nalbandian » doit relever tous ces défis et résoudre toutes ces équations  si elle ne veut pas que la maxime de Thucydide « les forts font comme ils l’entendent, et les faibles souffrent comme il se doit » s’applique aux intérêts arméniens.

 

 

Alen Ter-Markossian

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 11:17

Depuis la fin des hostilités en Georgie, la Russie veut soigner son image diplomatique auprès de la communauté internationale en essayant de se présenter comme la garante de la stabilité dans la région et la seule puissance capable de concilier les intérêts de tous les acteurs de la région du Sud Caucase. Face au Pacte de Stabilité d’Ankara vide de toute proposition concrète, Moscou à réussi à faire signer un documents aux présidents Azéri et Arménien le 2 novembre 2008 à Moscou.

Erevan et Bakou n’ont pas signé de documents conjoints sur le Haut Karabakh depuis le cessez le feu de mai 1994 toujours sous les auspice de Moscou. En ce sens, il s’agit d’un progrès, mais dans l’ensemble il s’agit d’un document superficiel.

En soulevant la question sur la résolution du conflit du Karabakh, dont la Russie est prête à se porter garante Moscou essaie de prouver aux Etats-Unis qu’elle régit les processus dans le Caucase. Malgré l’agacement de Washington dans les coulisses, en public les États-Unis se sont félicités de l’initiative diplomatique de la Russie d’accueillir à Moscou la réunion entre les présidents d’Azerbaïdjan et d’Arménie, pour tenter d’obtenir un accord au conflit du Haut Karabakh.

Il semble que la signature du document est plus politique que réalisé et signé pour la résolution du conflit. Ainsi, la Russie montre au monde qu’elle joue un rôle important dans le Caucase et prend toutes les décisions, c’est une démonstration de son influence. Le document établit que les parties sont d’accord « à promouvoir l’amélioration de la situation dans le Caucase et assurer la stabilité et la sécurité dans la région par le biais de la résolution politique du conflit du Karabakh en conformité avec les principes et normes du droit international ».

La question du Karabakh est une question plus que complexe et elle ne peut être réglée que par cette signature de bonne volonté. Il est nécessaire de signer des documents supplémentaires. Ce document peut être une étape du processus. Ce document est exclusivement politique néanmoins le processus peut être lancé sur la base de ce document

Sachant que La Russie a fait de la Géorgie un état « paralysé » pour un certain temps après la guerre russo-géorgienne, il est donc important pour le Kremlin d’avoir de bonnes relations avec l’Azerbaïdjan pour gérer et contrôler les questions des sources d’énergie.

Moscou, Washington et Bruxelles exercent depuis longtemps des pressions importantes sur l’Arménie pour qu’elle se retire au moins de cinq des sept régions autour du Haut Karabakh en échange d’un referendum sur le statut de la région. Certes, il est impossible de parler de la restitution du Haut-Karabakh à Bakou,

Peut-être que l’Azerbaïdjan et l’Arménie sont parvenus à cet accord, la Russie en échange obtiendrez la faveur de l’Azerbaïdjan de faire transiter ces sources d’énergie via la Russie. Il reste néanmoins une autre étapes celle de convaincre la viabilité de cet accord aux populations arméniennes et azerbaidjanaises.

Alen Ter Markossian

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 12:17

« Saakachvili joue et perd » dans la partie d’échecs qui avait débuté il y a 16 ans contre le géant russe et bien le Mikheil de New York polyglotte a belle et bien perdu contre Dimitri (Medvedev) mais plus précisément contre Vladimir (Putin) de Saint Petersburg.
Dorénavant l’intégrité territoriale de la Géorgie ne fait plus parti des projets russes. Apres la reconnaissance de leur indépendance à moyen ou long terme l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud feront probablement partie de la Russie. C’est la réponse de Moscou à l’indépendance du Kosovo comme à l’élargissement continue de l’OTAN.
C’est dans ce contexte que la Turquie à proposer le Pacte de paix en vue de maintenir la stabilité dans le Caucase. Ce "pacte" se présente comme un analogue de l’OSCE au niveau de la région. Il convient d’ajouter que des tendances à l’amélioration des rapports entre Ankara et l’Arménie sont également observées. C’est probablement l’argument majeur en faveur de la paternité de la Turquie en ce qui concerne la création de ce Pacte de paix dans le Caucase.
En effet dans ce context Ankara se presente pour devenir en quelques sorte le gendarme caucasien et pourrait influer sur le regelement des conflits en fonction de ces intêrets ou ceux de ces allies comme Bakou et Tblissi. Les volets du dossier arménien pese neanmoins lourd pour pouvoir se présenter totalment impartial aux yeux de la communautés international (reconnaissance du genocide de 1915, blocus economique de l’Arménie suite au conflit du Haut Karabakh)d’où la necessité de faire des gestes d’apaisement.
Il ne manque que l’Iran, qu’il est difficile de laisser, qu’on le veuille on non, en dehors de la région caucasienne. D’autant que les intérêts d’Ankara et de Téhéran sont presque semblables sur plusieurs d’entre eux. Par exemple, en ce qui concerne le problème kurde, l’Iran et la Turquie se trouvent sur une même longueur d’ondes, excluant toute forme d’Etat kurde.
Les intérêts économiques des Etats s’avancent plus en plus nettement au premier plan. Le secteur du gaz est, semble-t-il, le plus prometteur pour les deux pays. L’Iran possède d’immenses réserves gazières (deuxième place après la Russie), la Turquie offre la possibilité exceptionnelle de transporter le combustible bleu en Europe. D’autant que l’intéressement mutuel des parties à la coopération dans le domaine du gaz s’accroît, car le projet Nabucco qui a fait tant de bruit piétine.
A propos, du point de vue des Européens ou des Américains, le rôle de leader de ce Pacte de paix dans le Caucase lui conviendrait parfaitement, compte tenu de ses états de service. Le seul point qui donne à réfléchir est son habitude de demander l’avis de la Maison Blanche. C’est pourquoi l’attitude du Caucase envers un potentiel leader turc sera probablement partagée. A suivre...

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 13:53

Maintenant que les élections sont passés et que le calme est plus ou moins revenu, la politique étrangère arménienne risque de connaître quelques changement avec la nomination de Edouard (Nalbandian) à la place de Vartan (Oskanian) à la tête de la diplomatie arménienne.

 

Vartan était considéré parfois un peu éloigné des cercles russophiles de l'actuel gouvernement. Aujourd’hui Edouard va s’axer plus sur les « pays amis » comme l’as répéter Serge (Sarkissian) lors de son investiture à savoir Moscou – Téhéran - Paris et dans une moindre mesure le monde arabe.

 

Cette doctrine fut initier par Robert (Kotcharian) mais Vartan, l’homme de Boston était un fervent défenseur de la politique de complémentarité entre Moscou et Washington initié sous LTP et qui a connu aussi son moment de gloire et ses succès  comme le Partenariat Individuel au sein de l’OTAN, les contingents Arménien au Kosovo et en Irak,  mais aussi l’intégration à Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) le bras armé de la CEI pour contrer la GUAM.

 

Avec la nomination d’Edouard,  Paris (où il fut ambassadeur) va jouer le rôle de médiateur dans les relations armeno-turque voir azéri et sera le garant occidental d’Erevan auprès de Washington et de l’UE  et des structures comme l’OSCE et le Conseil de l’Europe. Paris devrait bénéficier de plus en plus d’influence à Erevan.

 

Les relations arméno - azéri sont toujours aussi tendues. Le « Clan du Karabakh » au pouvoir à Erevan est la cible d’un politique étatique xénophobe envers les arméniens mise en place par le « Clan du Nakhitchevan » et ceux des Yeraz (azéris d’Erevan) au pouvoir à Bakou. Washington pousse Bakou a plus de compromis pour le Haut-Karabakh et plus de démocratie à lire les dernières déclarations de Condoleezza Rice.

 

Avec Tbilissi, Erevan a des relations ambiguës car Erevan ne cache pas sa sympathie pour les Abkhazes et les Ossètes du Sud dans leurs luttes pour l’auto-determination et pousse Tbilissi à accorder plus d’autonomie aux Arméniens du Javakheti et de rompre l’isolement socio-économique de la région. Erevan ne cache pas son agacement face aux flirts nourris de Tbilissi avec Bakou mais à très peu de moyen de le contrer. La tension entre Moscou et Tbilissi porte préjudice aux relations arméno – géorgienne.

 

Concernant des relations avec Téhéran, Erevan y ait fortement attaché et joue une rôle de partenaire et d’intermédiaire apprécier par Moscou et Téhéran qui projettent de construire une raffinerie à Meghri (frontière arméno - iranienne) complétant le gazoduc Tabriz – Erevan.

 

Un nouvel acteur fait surface dans la diplomatie arménienne c’est Tel-Aviv. Bailleur de fond de Washington dans le Moyen-Orient. Tel-Aviv consolide les mêmes alliances que Washington à savoir Ankara  - Tbilissi – Bakou pour isoler Téhéran et Damas.

La reconnaissance du génocide arménien à la Knesset et au Congres est utilisée pour rééquilibrer les forces.

 

A suivre

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 13:52

Comme la plus part des observateurs politiques le craignaient le jeu du chat et de la souris entre LTP et Serge a tourné à la violence urbaine et un bain de sang faisant 8 mortes et pas loin d’une centaine de blessé.

Etat d’urgence instauré dans la capitale pour 20 jours, déploiement de l’armée, censure de la presse, arrestations des chefs de file des opposants, de députés accusé de formater un coup d’état et enfin LTP assigné de facto à résidence. L’ordre vaut bien quelques entraves aux principes démocratiques

Une fois les morts enterrée et les prières pour que leurs âmes soient en paix tout les politiques locaux mais surtout la communauté internationale appellent aux dialogues pour sortir le pays de l’impasse politique et qu’au plus vite la vie démocratique retrouve sa place en Arménie.

LTP fidèle à sa stratégie jusqu’au boutiste refuse tout dialogue avec les autorités mais après l’insistance des diplomates de l’OSCE venu renouer le contact. Il envisage même d’organiser des protestations en province là où l’état d’urgence ne s’applique pas. Cela ressemble à une dernière tentative avant qu’il ne demande l’asile politique à l’étranger, car il est dépossédé en grande partie de sa plateforme politique et oligarchique.

Comme en 1996, où LTP et Vano (Siradeghian) avait fait descendre les chars pour mater l’opposition de Vazguen (Manoukian) aujourd’hui c’est Robert et Serge qui ont perdu patience. Il aurait été beaucoup plus judicieux de faire plier au dialogue LTP via l’intermédiaire de la diplomatie européenne par exemple afin d’éviter l’affrontement et les morts. Ainsi l’Arménie serait devenu un exemple de dialogue démocratique dans l’espace post-soviétique.

Laissant le soin à Robert d’avoir fait régner l’ordre, Serge attend patiemment que les esprits se calment pour pouvoir asseoir son autorité de nouveau Président de la République Arménienne et de nommer en avril un premier ministre soit sans étiquette (pour faire un geste de réconciliation) soit Républicain qui regroupera dans son gouvernement quelques membres de l’opposition qui ont accepté sa main tendu durant la période poste électorale (Pays des Lois et FRA).

Ainsi l’état actuel de l’Arménie ne respire pas à pleins poumons le régime démocratique mais une fois l’ordre établi, il incombe à nouveau locataire de la rue du Général Baghramyan (Palais Présidentiel) de réconcilier le peuple avec le pouvoir et les forces de l’ordre mais surtout de démontrer que le pouvoir économique et politique n’est pas aux mains d’une minorité.

A suivre.

Alen Ter Markossian

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 13:50
Le jeu du chat et de la souris continue entre LTP et Serge. Lors de sa dernière intervention à la tribune sur la place de la Liberté LTP invente un nouveau concept de mouvement politique la « révolution bourgeoise démocrate » qui va renverser la société « clanique et féodale » mise en place par Robert et par Serge.
 
Dans ce même discours il fait du pied à l’Europe et à l’Occident dont il attend toujours le soutien pour son mouvement pour ne pas qu’il s’essouffle. Néanmoins le sit-in continue aidé par le charisme d’un ancien fedayin issu de la diaspora et le kotchari.
 
Une tentative de désorganiser les structures de l’état en particulier à travers les medias et une véritable guerre de l’information avec son lot quotidien d’info et d’intox semble aujourd’hui avoir été repoussé par l’équipe de Serge et le SSN (Service de Sécurité Nationale).
 
L’appel de Serge pour une coalition gouvernementale semble avoir trouvé de l’écho chez Arthur (Baghdassarian) et Vahan (Hovanissian) représentant respectivement les partis Pays de Loi et la FRA. Pendant ce temps là, la police lance une mise en garde à l’opposition en ce qui concerne l’autorisation des manifestations. Cela à pour effet de mettre la pression sur LTP enfin qu’il accepte les négociations à travers l’intermédiaire d’Arthur à qui on a confié la une tâche quasi impossible celle de réconcilier LTP et Serge.
 
Le scénario pensé par Serge semble a peu près claire : Proposition d’un gouvernement de coalition, en parallèle mise en garde la police et début des pourparlers pour la cohabitions.
LTP refuse parce qu’il a le dos au mur et qu’accepter la cohabitation cela serait lâcher encore une fois et peut ces partisans, la police anti-émeute rentre en action, l’Occident bronche pas et tout rentre dans l’ordre.
 
Pour LTP cela reste confus malgré ces déclarations « jusqu’au boutiste ». L’objectif principal reste celui de trouver une porte de sortie honorable pour lui et pour le mouvement populaire qui le suit. Une solution consisterait à se structurer dans parti d’opposition qui deviendrait une véritable force de proposition politique.
 
Il est surtout important de ne pas provoquer une répression violente qui serait plus que dommageable à la démocratie arménienne.
 
A suivre.
 
Alen Ter Markossian
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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 10:22
fhsdhfjsdhPendant que les messages de félicitations parviennent des quatre coins du monde et que différentes personnalités félicitent Serge pour sa victoire en partie démocratique les supporters de LTP ne diminuent pas sur la place de la Liberté pour demander d’annuler du dernier scrutin sous les tentes et le son du zourna et du dehol.

Robert protecteur de la victoire de Serge est intervenu dans le jeu pour spécifier que sa patience avait des limites et à appeler la population de ne pas succomber aux manipulations et à la tromperie de certains.

Alors Serge en habile joueur d’échecs propose un gouvernement de coalition à l’opposition en les nommant nos frères et nos soeurs. C’est une solution comme une autre pour que tous les joueurs autour de l’échiquier puissent sortir de cette crise la tête haute.

Néanmoins après une campagne électorale très animée où parfois le vocabulaire s’est rapproché plus de celui de petit caïd que de politicien expérimenté, il sera nécessaire de laver les rancunes passées pour accepter le deal de Serge.

Si l’opposition accepte un gouvernement de coalition alors elle reconnaît l’élection de Serge et tire un trait sur ces tentatives de voir le scrutin annulé comme en Ukraine ou en Géorgie.

Dans ces dernières anciennes républiques soviétiques l’Occident était un soutien fort pour que l’opposition prenne le pouvoir, en Arménie ce n’est pas le cas.

L’Occident a choisit de soutenir Serge et c’est peut être là son plus gros soutien avec l’Union des Volontaires Yerkrapahs.

Dans la situation actuelle les seuls partis de l’opposition qui tireront un profit immédiat de cette coalition seront Pays des Lois d’Arthur (Baghdassarian) et la FRA de Vahan (Hovanissian) et si LTP ne veut pas définitivement prendre sa retraite en politique alors il devra peut-être accepter la proposition de Serge en jouant le jeu de la cohabitation en lui permettant de ne pas être noyé bientôt sous les jets des canons à eau de la police.

Ainsi comme en France et dans d’autres grandes démocraties européennes, l’Arménie jouera à la cohabitation, cela permettra à Erevan de devenir un exemple de démocratie dans une région où elles se font rares.

A suivre.

Alen Ter Markossian

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 15:45

Lorsqu’en 1998, LTP demissiona par rapport à ses positions jugés défaitistes pour la résolution du conflit du Haut Karabakh, l’ensemble des observateurs semblait être d’accord que cette démission était dû au fait que  l’Union des Volontaires Yerkrapahs (les vétérans de la guerre du Karabakh) venait de le lâcher et mettait tout leurs espoirs dans le couple Kotcharian - Sargissian.

LTP alla se réfugier dans sa villa bunker non loin de Tzitsernakaberd son partie le MNA était cliniquement mort et les Yerkrapahs crée en 1993 par Vazguen Sargissian ont effectué une OPA sur le petit partie Républicain en le promettant comme première force politique arménienne.

Après deux mandats présidentiels Kotcharian et les deux gâteaux leglislatifs partagés avec l’Arménie Prospère de Dodi Gago (Gaguik Tsarukian) et la FRA de Vahan (Hovanissian), le Partie Républicain qui entre temps a enterré son leader le libéral Andranik Markarian intronisa Serge comme successeur de Robert.

Il est inconcevable de gouverner l’Arménie et ou de gagner une quelconques élections nationales sans le soutien des Yerkrapahs. C’est cette même force « para politique » qui influence et conduit en partie les choix d’Erevan en matières d’affaires étrangères ou parfois même économique. C’est les Yerkrapahs qui ont poussé Erevan dans les bras de Moscou sans oublier parfois de faire du pied à l’OTAN et l’UE.

Aujourd’hui si l’opposition veut se faire entendre ou avoir du poids l’échiquier politique arménien, elle doit rallier une partie des Yerkrapahs, d’où la guerre d’information que se livre LTP et Serge sur le soutien d’un tel ténor de l’armée ou bien un tel poids lourd des Yerkrapahs.

Tout ceci démontre le clanisme et le clientélisme dont est victime la société arménienne.
Ceux qui n’ont pas profité d’une part du gâteau en veulent et ceux qui ont goûté un certain temps voudraient bien en avoir un bout. Donc nul doute que la clé du succès politique est le soutien de l’Union des Volontaires Yerkrapahs. A suivre

Alen Ter Markossian

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 11:14

Avant même l’annonce des résultats il fallait vraiment être naïf pour croire que l’opposition réunie sous la bannière de LTP allait accepter sans broncher et en silence le résultats des urnes. Nul doute également que ces élections allaient connaître son lot de fraudes électorales.

Premier acte : La mobilisation.

A l’annonce des résultats LTP et ces lieutenants firent descendre au maximum 25.000 personnes dans l’artère centrale d’Erevan et les plus courageux entament un siting pacifique à l’Opéra dans la nuit froide du Caucase. Pendant ce temps Serge se faisait adouber par Sarkozy, Poutine, Gül, l’OSCE, les USA, le Conseil de l’Europe et l’OTAN jugeant les élections en « grande partie » libre et démocratique.

Deuxième acte : La guerre d’information.

Pendant que Serge se faisait adouber, LTP crie haut et fort que certains quittent le navire gouvernemental pour le rejoindre (défection au sein des Républicains, diplomates qui sortent de leur « réserve » diplomatique). Pour gagner cette guerre de l’information la TV publique mentionne partiellement les manifestions pour éviter l’effet boule de neige.

Serge organise des contres manifestions progouvernementales en remplissant des autobus venus de la province. Le SSN (Service de Sécurité Nationale, ex-KGB) profite pour emprisonner quelques dirigeants.

La maturité politique des citoyens arméniens est mise à rude épreuve. LTP fait de la provocation pour que le gouvernement craque et utilise la violence contre les manifestants mais pour le moment on assiste seulement et bien malheureusement qu’à une violence politique et une scission au sein de la population.

Acte finale, la population est divisé en deux camps les progouvernementaux appartenant au « clan du Karabakh » et les opposants qui veulent une revanche de leur débâcle de 1998.

Un des défis du nouveau président sera de réconcilier les deux camps et la population avec le pouvoir et la démocratie. A suivre.

Alen Ter Markossian

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