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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 08:36

Depuis  la fin du mois d’avril, le processus de règlement du conflit du Haut-Karabakh est devenu graduellement plus actif, après que le processus de normalisation arméno turque soit officiellement dans l’impasse.

 

La Secrétaire d'État des États-Unis Hillary Clinton est arrivée à Bakou au début du mois de juillet, avant son voyage à Erevan pour faire avancer la résolution du Haut Karabakh. L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont convenu sur les principes de base, mais « le diable » est dans les détails.

 

Les principes de base, qui sont énoncés par les médiateurs, ne présentent pas les détails. Ils sont tous simplement des principes sur lesquels l'Arménie et l'Azerbaïdjan doivent régler le conflit du Haut-Karabakh. L'essentiel de ces principes sont les suivants. L'Arménie est appelé à retirer ses troupes des 7 régions entourant le Haut-Karabakh. Un autre principe appelle la création d'un couloir terrestre entre l'Arménie et le Haut-Karabakh. Les réfugiés devraient être autorisés à retourner dans leurs lieux d'habitation d'origine. Le statut définitif du Haut-Karabakh sera décidé a travers un referendum.


L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont félicités de ces principes. Il semble que s'il y ait un plan de paix sur la table des négociations et que les parties du conflit ne devraient pas être loin en ce qui concerne la signature d’un plan de paix définitive. Pourtant, les négociations sont coincées, car les parties du conflit tentent de s'entendre sur la chronologie de ces événements.

 

La position de l'Azerbaïdjan, est que les 7 régions environnantes du Haut-Karabakh doivent être libéré dès le début de l’accord (5 ans après la signature en ce qui concerne Latchin et Kelbadjar). Ensuite, les communications seront rétablies. Les réfugiés devraient être autorisés à revenir. En attendant, le Haut-Karabakh conserve un statut spécial provisoire, puis à un moment non spécifié dans le temps il peut y avoir un référendum sur le statut final. Il y a quelques mois le président de l'Azerbaïdjan a déclaré sur la chaîne télévisée russe Vesti que le statut provisoire peut durer aussi longtemps que 100 ans. En outre, la Constitution actuelle de l'Azerbaïdjan ne permet pas un référendum dans une seule partie du pays.

 

La position de l'Arménie, est que cet accord dans ce cadre ne résoudra pas le problème et ne fera que le prolonger. La partie arménienne, qui représente actuellement le Haut Karabakh dans le processus de négociations, met actuellement en avant deux points principaux.

 

Premièrement, le statut du Haut-Karabakh est le problème central et il est au cœur du problème. Erevan insiste de régler ce point avant tout autre.

 

Le second est le retour des réfugiés. L’Arménie admet la nécessité pour le retour des réfugiés, mais ce retour ouvrira une autre série de problèmes lors du retour des réfugiés azéris à un moment où les deux nations en sont encore en état de guerre. Quelles sont les lois qui régiront les deux communautés. Comment faire vivre les Arméniens et les Azéris alors que chaque jour l'Azerbaïdjan appelle à utiliser la force si les négociations échouent ?

 

La dernière question épineuse pour les deux côtés est le détail du référendum. Qui aura le droit de vote ? Est-ce la population actuelle du Haut-Karabakh ? Est-ce que c’est la majorité arménienne et la minorité azérie, ou bien l'ensemble de l'Azerbaïdjan ? Si c’est l'ensemble de l'Azerbaïdjan qui doit voter sur le statut du  Haut-Karabakh cela ne paraît  pas logique. Si c’est la majorité arménienne et la minorité azérie du Haut-Karabakh qui prennent part sur le futur statut de la région alors cela fait sens. Toutefois, l'Azerbaïdjan n'aime pas cette approche car elle estime qu'elle perdra de jure le Haut-Karabakh.

 

A travers les déclarations récentes des ministres des affaires étrangères azéries et arméniennes, ainsi que les médiateurs du Groupe de Minsk, il est clair que lors de la réunion présidentielle à Saint Petersbourg des amendements aux principes ont été apporté par la partie russe. Ces amendements ne sont pas encore connus mais les parties sont d’accord de poursuivre les négociations sur la base de ce que l’on pourrait appelé « les principes de Saint Petersbourg ».

 

Dans ce cadre et à ce stade des négociations il est important d’intégrer les représentants du Haut-Karabakh, et contraindre Bakou à renoncer à la menace et à l’utilisation de la force. Néanmoins, malgré cette dynamique particulière, en ce qui concerne les perspectives rapides de la résolution du conflit il est certain que la préservation du statut quo est sans doute profitable pour Erevan et pour Moscou.

 

Alen Ter-Markossian

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