Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Recherche

13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 09:45

En dépit des communiqués optimistes du Groupe de Minsk, les pourparlers piétinent.


Après les rencontres présidentielles à Munich fin novembre et celle des ministres des affaires étrangères à Athènes début décembre, les négociations autour de la résolution du conflit du Haut-Karabagh sont dans une phase d’accélération.

Néanmoins, malgré la fréquence des rencontres et les déclarations optimistes de la troïka du Groupe de Minsk de l’OSCE, la résolution définitive ne semble pas si proche et cela pour trois raisons importantes.

 

La première raison est celle qu’accepter un accord cadre autour des principes de Madrid qui prévoirait la possibilité de concéder cinq des septs régions autour du Haut-Karabagh à l'Azerbaïdjan serait un suicide politique de la part du gouvernement arménien. En effet, en plus de la pression interne lié à la signature et à la ratification des protocoles arméno-turc, une quelconque signature d’un accord cadre basé sur les principes de Madrid fragiliserait encore plus le gouvernement de Sarkissian. En cas de solution au conflit du Haut-Karabagh, en parallèle à la normalisation des relations arméno-turques, l’échiquier politique interne arménien risque d’être déstabilisé.

Le même risque politique existe pour le gouvernement de Bakou, car si cette concession arménienne s’officialise alors il devrait s’accompagner par la concession azérie de laisser le Haut-Karabagh s’autodéterminer via un référendum. Ce scénario serait une défaite diplomatique et politique pour Bakou qui risquerait de s’accompagner de déstabilisation du clan Aliev. En effet, la société azerbaïdjanaise a été préparée via une propagande étatique minutieusement mise en place à ne faire aucune concession aux Arméniens.

 

Risque d’un scénario militaire

La deuxième raison est que l’Azerbaïdjan continue d’essayer de ruiner le processus de négociations et les menaces du président azerbaïdjanais sont non seulement des messages à l’Arménie mais montrent aussi à la communauté internationale que l’Azerbaïdjan n’est pas sincère dans la recherche d’une solution pacifique. Bakou torpille les négociations car il semblerait que les principes de Madrid permettent à long terme de légitimer la sécession du Haut-Karabagh de la souveraineté de Bakou. En créant une impasse dans les négociations, Bakou tente également de faire entrée la Turquie dans le Groupe de Minsk.

Bien que la préparation militaire de l’Arménie reste encore supérieure à celle de l’Azerbaïdjan selon les experts, la reprise des hostilités est encore une possibilité. La communauté internationale s'oppose à cette option, l'expérience récente avec la guerre russo-géorgienne prouve l’innascibilité de la méthode coercitive dans la résolution des conflits. Toutefois, le scénario militaire reste une menace car un petit incident sur la ligne de cessez-le feu pourrait marquer le début de quelque chose de beaucoup plus grand.

Néanmoins outre les dépenses militaires et les déclarations belliqueuses azéris, le réchauffement des relations entre Bakou et Moscou et le niveau croissant de la coopération russo-azerbaïdjanaise, est la plus grande menace qui pèse sur la Karabagh.

En effet, graduellement Bakou s’est rapproché de Moscou dans les domaines énergétique et économique afin que la Russie puisse influencer de façon notoire les autorités arméniennes à plus de concessions.

 

Moscou face au poid du soft power atlantiste

La troisième raison qui empêche une résolution rapide est que dans cette  phase d’accélération des négociations, la pression est plus forte de la part des Européens et des Américains que de la part des Russes qui détiennent les clés pour le déblocage du problème. En effet, la résolution du statut du Haut-Karabagh, ajouté à cela l’ouverture des frontières arméno-turc et arméno-azeris se ferait en parallèle à  la démocratisation des sociétés du Caucase du Sud. L’objectif est de pacifier la région en faisant des Etats du Sud Caucase des Etats associés à l’UE. Le volet militaire serait une coopération étroite avec l’OTAN. Dans ce contexte la Russie perdrait toute influence politique dans la région. C’est cette menace du « soft power » atalantsite qui pousse Moscou  préserver le statut quo grâce auquel elle se présente comme la seule puissance qui peut défendre les intérêts à la fois de Bakou et d’Erevan.

Pour pouvoir influer sur la région de façon durable et certaine, les Occidentaux ont besoin de cinq à dix ans et avec à la tête de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan des dirigeants légitimes aux yeux de leur population et des sociétés pleinement démocratiques.

 

Alen Ter-Markossian

Partager cet article
Repost0

commentaires

Articles Récents

Liens