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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 08:34

Le17 juin 2010 sous les auspices du Président Russe Dimitri Medvedev, les présidents arménien Serge Sarkissian et azéri Ilham Aliev se sont rencontrés dans la ville russe de Saint-Pétersbourg en marge d'un forum économique international.

 

L’objectif de cette réunion était de permettre aux parties de rapprocher leurs positions et de clarifier leurs approches sur des questions qui n'ont pas été convenues, ainsi que de permettre  de donner un nouveau souffle afin de poursuivre les négociations. A la suite de cette rencontre il a été convenu que la troïka du Groupe de Minsk de l’OSCE se rendra en Arménie et en Azerbaïdjan, au début du mois de Juillet.

 

Le service de presse du président russe a déclaré que les entretiens ont porté sur les «problèmes pivots » qui entravent le règlement du conflit du Karabakh proposés par la Russie, les États-Unis et la France, à savoir les fameux principes de Madrid. « Il a été observé une convergence des positions sur plusieurs dispositions controversées du texte des principes de base du règlement ». Sans donner plus de précisions le communiqué ajoute que « Les présidents de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie ont confirmé leur volonté de poursuivre le dialogue visant à achever le travail sur ce document, sous la médiation de la Russie, les Etats-Unis et la France. » A travers ces déclarations diplomatiques de bon foie, il est certain qu’Aliev et Sarkissian n'ont pas fait état de nouveaux progrès dans les négociations autour du Haut- Karabakh.

 

Avant cette rencontre présidentielle, les autorités de Bakou ont plusieurs fois accusé l’Arménie de rejeter les principes « révisé » de Madrid, alors que pour sa part Erevan soutien qu’il existe d’un seul document sur la table des négociations celui présenté par les Présidents du Groupe de Minsk en novembre 2007.

 

Il faut interpréter cette rencontre à Saint Pétersbourg par le fait que  Moscou veut faire preuve aux yeux de la communauté internationale qu'elle est capable de prendre l'initiative dans le Sud-Caucase. Néanmoins la Russie ne peut pas à elle seul apporter un règlement pacifique, il est certain que la résolution du conflit restera hors de portée tant que les dirigeants de la République du Haut Karabakh seront exclus de négociations directes entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

 

Bakou pour sa part refuse tout contact direct avec les dirigeants du Haut-Karabagh, en prétextant que la région est contrôlée par l'Arménie. Les médiateurs ont assuré à plusieurs reprises aux autorités d'Erevan et de Stepanakert que les Arméniens du Karabakh joueront un rôle majeur à un stade ultérieur du processus de paix.

 

Le lendemain de la rencontre des trois présidents au palais Konstantinov à Saint Petersbourg qui a confirmé la volonté de poursuivre le dialogue, le vendredi 18 Juin, à 23:30 heures, un détachement de reconnaissance azerbaïdjanais a pénétré dans le territoire du Haut-Karabagh, tuant 4 soldats arméniens et en blessant 4 autres. La partie arménienne a pris des mesures de rétorsion, le détachement azéri se retira, laissant un soldat tué sur place et des munitions.

 

A l’annonce de l’accrochage sur le front, le ministre des Affaires Etrangères arménien Edward Nalbandian a réagis vivement « Nous pouvons dire que l'Azerbaïdjan avait à peine quitté la table des négociations, qu’il a organisé un acte de sabotage dans la région de Martakert du Haut-Karabagh, des attaques perfides dans le voile de la nuit sont typiques à l'Azerbaïdjan. Ce n'est pas la première fois qu’ils le font ». Selon Nalbandian, ce fut une action planifiée, de plus il a souligné que préalablement à toute réunion de haut niveau, Bakou tente de faire échouer des pourparlers avec les déclarations provocatrices et des menaces de guerre.

 

Le Président Serge Sarkissian a déclaré suite à cet incident que les provocations azéris sont inacceptables, et que cette provocation récente est encore plus inacceptable car elle survient à quelques heures seulement après la réunion tenue sous la médiation de la Russie. Selon le Président arménien ces provocations ne doivent pas rester impunies et quels représentent un manque de respect pour le Groupe de Minsk de l'OSCE. Serge Sarkissian a également souligné que la partie arménienne n'a pas l'intention de réviser sa position en raison cet incident : «Je suis convaincu que l'indépendance de la République du Haut-Karabagh sera reconnu - c'est notre objectif »

 

La réunion présidentielle est peut être la raison de l'intrusion d'un détachement de reconnaissance armés azéri dans le Haut-Karabagh. En effet, ce type d’actions ne sont pas prises spontanément. La décision a probablement été réalisée à un niveau élevé. L'Azerbaïdjan use d’une stratégie d’exacerbation et de chantage, sous la forme de propagande à travers des déclarations belliqueuses et cela même dans ces déclarations diplomatiques.

 

Le président Aliev a averti plus tôt au cours de ce mois que Bakou se retirera de ses pourparlers de paix avec les Arméniens s'il n’y a pas de percée dans un avenir proche. De plus, Aliev furieux a pris l'avion pour Bakou, vendredi matin, peu après sa rencontre avec Sarkissian et Medvedev, alors que son service de presse avait annoncé plus tôt qu’il resterait à Saint-Pétersbourg pour participer à une conférence économique annuelle internationale.

 

Cette colère s’explique peut-être par le fait que Medvedev à un peu forcer la main d’Aliev pour une rencontre avec Sarkissian, avec lequel il ne s’était pas rencontré depuis six mois, mais aussi sur les déclarations du Premier Ministre Russe Vladimir Poutine au mois de Juin à Ankara.

 

En effet, interrogé sur le conflit du Haut-Karabagh, le Premier Ministre russe a notamment déclaré que la Russie ne mettra pas la pression sur l’Arménie ou l’Azerbaïdjan pour accélérer la résolution du conflit et qu’il attend des autres puissances médiatrices qu’elles soient aussi prudentes. « Seuls les deux Etats, les deux peuples peuvent trouver mutuellement des solutions acceptables et trouver des compromis dans un dialogue pragmatiques l’un avec l’autre. Nous voulons que personne ne pense que nous faisons pression sur l’une ou l’autre des parties et que nous cherchons une solution au problème qui serait défavorable à l’une d’entre elles », a-t-il ajouté. Cette déclaration du Premier Ministre russe est aussi un message à la Turquie qui aspire à « s’ingérer » dans le règlement du conflit du Haut-Karabagh.

 

Ainsi, Bakou cherche à ne pas laisser s’installer un statut quo qui garantirait la sécurité du Haut-Karabagh et de faire échouer les pourparlers du Groupe de Minsk qui cherche une solution basée sur des concessions mutuelles pour aboutir à un statut pour le Haut-Karabagh.

 

Alen Ter-Markossian

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